Home International Les documents Epstein : le contenu le plus important du témoignage du procureur américain devant le Congrès

Les documents Epstein : le contenu le plus important du témoignage du procureur américain devant le Congrès

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Publié le 12 février 2024 15:04:00. Lors d’une audition parlementaire houleuse, l’ancienne procureure générale de Floride, Pam Bondi, a défendu les actions du ministère de la Justice dans les dossiers Epstein, tout en étant confrontée à des critiques virulentes concernant la gestion des informations et d’autres affaires sensibles.

  • L’audience a été marquée par des échanges tendus entre Bondi et les élus, notamment une altercation verbale où Bondi a qualifié un représentant démocrate de « perdant ».
  • Des victimes d’Epstein étaient présentes et ont exprimé leur frustration face à la publication de documents contenant des informations potentiellement identifiantes.
  • Des questions ont également été soulevées concernant la suppression de certains noms dans les dossiers Epstein et une fusillade impliquant des agents fédéraux à Minneapolis.

L’ancienne procureure générale de Floride, Pam Bondi, a été au centre d’une audition parlementaire mercredi, où elle a défendu la manière dont le ministère de la Justice a géré les dossiers liés à Jeffrey Epstein, le financier condamné pour exploitation sexuelle de mineures. La séance, devant le comité judiciaire de la Chambre des représentants, a rapidement dégénéré en échanges animés et en accusations croisées.

Plusieurs victimes d’Epstein étaient présentes dans la salle et ont été régulièrement pointées du doigt par les élus lors de leurs interventions. L’audience faisait suite à la publication, par le ministère de la Justice, de millions de documents supplémentaires issus de son enquête sur Epstein.

Dans sa déclaration liminaire, Bondi a qualifié Epstein de « monstre » et a présenté ses excuses aux victimes pour les souffrances qu’elles ont endurées. Cependant, les élus n’ont pas tardé à la critiquer sur la manière dont les documents ont été publiés, l’accusant de ne pas avoir suffisamment protégé l’identité des victimes, comme l’exige la loi.

La représentante démocrate Pramila Jayapal a affirmé que certains documents contenaient des photographies nues de victimes dont l’identité était censée rester confidentielle. Elle a ensuite demandé aux survivants présents qui n’avaient pas pu rencontrer les responsables du ministère de la Justice de se lever et de lever la main. Tous se sont levés, suscitant l’émoi dans la salle.

Jayapal a demandé à Bondi de s’excuser auprès des victimes pour cette gestion jugée inappropriée, mais Bondi a répondu sèchement, qualifiant ses questions de « spectacle ». Elle a ajouté : « Je ne me rabaisserai pas à ce niveau de discussion avec elle. » Bondi a par la suite affirmé que les fonctionnaires travaillaient dans les délais impartis par la loi et que tout nom publié « par erreur » avait été « immédiatement expurgé ».

Au-delà de la question des documents Epstein, l’audience a également été marquée par des critiques concernant les noms qui n’avaient pas été divulgués. Un groupe de législateurs des deux partis a accusé le ministère de la Justice d’avoir supprimé des noms de manière injustifiée, alors que les personnes concernées ne bénéficiaient d’aucune protection légale.

Le représentant républicain Thomas Massie a demandé à Bondi qui était responsable de ces expurgations et si des sanctions seraient prises. Il a ajouté que le problème était « plus important que le Watergate » (un scandale politique qui a éclaté en 1972 et qui a conduit à la démission du président Richard Nixon en 1974). Bondi a qualifié ces accusations de « farce politique ».

Massie a continué à interroger Bondi sur les raisons pour lesquelles certains noms, notamment celui du milliardaire Les Wexner, avaient été initialement retenus. Le directeur du FBI, Kash Patel, présent lors de l’audience, a affirmé qu’il n’y avait « aucune preuve » qu’Epstein ait trafiqué des femmes pour le compte de Wexner. Wexner avait précédemment déclaré qu’Epstein lui avait volé des millions de dollars alors qu’il travaillait comme conseiller financier. Un représentant légal de Wexner a déclaré à la BBC que le procureur adjoint des États-Unis avait informé les avocats de M. Wexner en 2019 que son client était considéré comme une source d’informations sur Epstein et n’était en aucun cas la cible de l’enquête.

L’audience a également été l’occasion d’aborder la question de l’ancien prince Andrew Mountbatten-Windsor. Le représentant démocrate de Californie, Ted Lieu, a mentionné la pression croissante exercée par les autorités américaines et la famille de Virginia Giuffre sur l’ancien prince pour qu’il témoigne aux États-Unis. Lieu a montré une photographie de Mountbatten-Windsor, tirée des dossiers Epstein, sans fournir de contexte sur les circonstances de la prise de vue.

Lieu a demandé pourquoi cette photographie n’avait pas été utilisée pour engager des poursuites contre Mountbatten-Windsor. Bondi a rétorqué en demandant pourquoi Lieu n’avait pas posé cette question à l’ancien procureur général Merrick Garland. Lieu a répondu qu’il était d’accord et que Garland avait « échoué dans son rôle ».

Enfin, les élus démocrates ont également soulevé la question d’une fusillade impliquant des agents fédéraux à Minneapolis, qui avait fait deux morts et provoqué de vastes manifestations. Le représentant du Tennessee, Steve Cohen, a accusé le ministère de la Justice de ne pas avoir enquêté sur ces événements, les qualifiant d’« exécutions ». Bondi a défendu les actions du gouvernement fédéral, affirmant que les manifestations et les affrontements étaient alimentés par des élus qui, selon elle, faisaient obstacle à l’application de la loi.

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