Home Économie Les entreprises alimentaires demandent à l’Europe de ne pas interdire le terme « saucisses » pour les produits non carnés | Commission européenne

Les entreprises alimentaires demandent à l’Europe de ne pas interdire le terme « saucisses » pour les produits non carnés | Commission européenne

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Publié le 13 février 2024 09:30:00. Plus d’une douzaine d’entreprises agroalimentaires s’opposent à un projet de loi européenne qui pourrait interdire l’utilisation de termes comme « saucisse » ou « burger » pour les produits à base de plantes, craignant une confusion inutile pour les consommateurs et un frein à l’innovation.

  • Une coalition d’entreprises, incluant Linda McCartney Foods et Quorn, a adressé une lettre à la Commission européenne pour plaider contre cette interdiction.
  • Le projet de loi, initialement proposé par une eurodéputée française, a été approuvé en première lecture au Parlement européen en octobre dernier.
  • Un vote décisif est prévu le 5 mars, où les 27 États membres de l’UE devront se prononcer pour que la proposition devienne loi.

Une levée de boucliers s’élève dans le secteur agroalimentaire face à une proposition de réglementation européenne qui pourrait bien changer la façon dont les alternatives végétales à la viande sont commercialisées. Plus d’une douzaine d’entreprises, parmi lesquelles des noms établis comme Linda McCartney Foods, Quorn et THIS, ont conjointement appelé la Commission européenne à reconsidérer cette initiative, qu’elles jugent contre-productive.

Dans une lettre commune, ces acteurs du secteur demandent aux commissaires européens de « faire preuve de bon sens » avant de débattre de l’interdiction envisagée. Ils estiment qu’une telle mesure créerait une « confusion inutile » chez les consommateurs, sans pour autant apporter de bénéfice réel. Concrètement, cette interdiction obligerait par exemple les fabricants de burgers à base de haricots à les rebaptiser « galettes » ou « disques », tandis que les saucisses Glamorgan, spécialité galloise à base de fromage et de poireaux, devraient être renommées « tubes » Glamorgan.

Cette mobilisation, orchestrée par la Société Végétarienne, s’adresse également aux représentants du Parlement européen et du Conseil de l’Union européenne. Elle fait suite à un appel similaire lancé en décembre dernier par Paul McCartney et huit députés européens. Le musicien avait alors estimé que l’appellation « saucisse végétarienne » suffisait à informer les consommateurs éclairés.

L’opposition à ce projet ne se limite pas aux producteurs. Des enseignes de grande distribution comme Aldi et Lidl, dont le siège est en Allemagne – le plus grand marché européen pour les produits à base de plantes – se sont également exprimées contre cette interdiction.

Paul Garner, responsable du secteur commercial chez Suma Wholefoods, un producteur historique d’aliments à base de plantes, souligne l’absurdité de la mesure :

« Nous défendons les aliments végétariens et à base de plantes depuis 1977 et nous avons vu tellement d’innovation – et l’inévitable recul qui s’ensuit. Les consommateurs sont intelligents ! Ils n’ont pas besoin d’étiquettes contrôlant des mots comme « burger » ou « saucisse » pour savoir ce qu’ils achètent. Des listes d’ingrédients claires et un peu de bon sens suffisent. Interdire les termes familiers ne fait que rendre la vie plus difficile aux acheteurs et aux petits producteurs, sans aider personne. »

David Flochel, directeur général de Quorn Foods, regrette que de l’énergie soit encore consacrée à remettre en question une question que les consommateurs ont déjà résolue.

« En 40 ans, pas une seule fois un client ne nous a dit qu’il avait acheté un produit Quorn en pensant qu’il s’agissait de viande. Bien que nous soutenions pleinement les règles qui empêchent les allégations trompeuses, nous craignons que ces nouvelles restrictions risquent de créer une confusion inutile et un fardeau réglementaire pour les fabricants et les consommateurs. »

Les entreprises appellent donc la Commission européenne, le Parlement et le Conseil à privilégier le bon sens et à se concentrer sur des politiques favorisant l’innovation et la transition vers des régimes alimentaires plus durables.

Jenny Canham, responsable des affaires publiques de la Vegetarian Society, insiste sur le caractère superflu de cette interdiction :

« Alors que ce débat en cours touche à sa fin, les entreprises sont le dernier groupe à envoyer un message clair selon lequel l’interdiction des termes végétariens familiers est totalement inutile. Les décideurs européens doivent reconnaître les risques mondiaux liés à l’interdiction d’une terminologie pour résoudre un problème qui n’existe tout simplement pas. Ce dont nous avons vraiment besoin, c’est d’un étiquetage clair, et non de barrières linguistiques inutiles. »

Cette proposition de loi, initialement portée par l’eurodéputée française de centre-droit Céline Imart, avait été adoptée lors d’un vote au Parlement européen l’année dernière, perçue par beaucoup comme une victoire de l’industrie de la viande face à la popularité croissante des alternatives végétales. Le vote initial des députés européens en octobre s’était soldé par 355 voix pour et 247 contre.

Cependant, pour devenir loi, cette proposition doit encore être approuvée à la majorité des 27 États membres de l’UE, lors d’un vote prévu le 5 mars.

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