Publié le 21 février 2026 06:22:00. Washington intensifie la pression sur le régime de Nicolás Maduro au Venezuela en demandant la collaboration de hauts responsables dans des enquêtes judiciaires liées à des accusations de blanchiment d’argent et de trafic de drogue, tout en explorant une coopération discrète avec Caracas.
- Les États-Unis réclament l’accès à des documents, le suivi financier d’opérations suspectes et des entretiens avec neuf responsables vénézuéliens.
- Washington propose une approche progressive, allant de l’accès à l’information à la supervision du processus de vérification, sans pour l’instant évoquer d’extradition.
- Une rencontre récente entre le chef du Commandement Sud des États-Unis et la ministre vénézuélienne Delcy Rodríguez suggère une volonté de coopération, notamment dans la lutte contre le trafic de drogue.
Le gouvernement américain a lancé une nouvelle offensive diplomatique et judiciaire contre la direction du chavisme au Venezuela. Une demande formelle a été adressée aux autorités vénézuéliennes, dirigées par le président Nicolás Maduro, visant à obtenir leur coopération dans des enquêtes impliquant neuf hauts responsables du régime. Cette initiative, confirmée par une source proche des discussions, va au-delà de simples demandes d’informations et inclut l’accès à des documents et le traçage des flux financiers.
Selon les informations disponibles, Washington mise sur une approche graduelle. La première étape consisterait à permettre aux enquêteurs américains de mener des entretiens, d’examiner des dossiers administratifs et d’accéder à des documents confidentiels à Caracas. Ensuite, les États-Unis souhaiteraient que leurs équipes puissent participer, voire superviser, une partie du processus de vérification, à condition que cette coopération ne soit pas rendue publique par le gouvernement vénézuélien.
Bien que l’extradition soit exclue en vertu de la Constitution et du Code pénal vénézuélien (article 6), qui stipulent qu’aucun Vénézuélien ne peut être extradé, les États-Unis envisagent des mécanismes permettant de poursuivre les personnes visées par la justice vénézuélienne si elles ont commis des crimes à l’étranger. Alex Saab, un ancien ministre, et Raoul Gorrin, un homme d’affaires, seraient chargés d’identifier et de poursuivre les sept autres personnes considérées comme clés dans ces affaires, principalement liées à des accusations de blanchiment d’argent et de trafic de drogue.
Les personnalités visées par Washington incluent Nicolás Maduro Guerra (fils du président), Alex Saab, Raoul Gorrin, Samark López Bello, Tareck El Aïssami (ancien président de la compagnie pétrolière PDVSA), Walter Jacob Gavidia Flores (le beau-fils aîné de Maduro) et Pedro Luis Martín-Olivares (ancien chef du Service national bolivarien de renseignement). Des figures influentes comme Diosdado Cabello et Vladimir Padrino López ne figurent pas actuellement sur la liste, mais pourraient être exclues d’une éventuelle transition si elles ne répondent pas aux exigences américaines, selon le secrétaire d’État américain Marco Rubio.
Dans un contexte de rapprochement diplomatique, le chef du Commandement Sud des forces armées des États-Unis (Southcom), le général Francis L. Donovan, s’est rendu au Venezuela le mercredi 14 février pour rencontrer Delcy Rodríguez. Les deux parties ont convenu de renforcer la coopération bilatérale, en particulier dans la lutte contre le trafic de drogue. Le Palais de Miraflores a annoncé sur les réseaux sociaux que la réunion avait permis de définir un programme de travail commun pour lutter contre le trafic de drogue, le terrorisme et gérer les flux migratoires, considérés comme des « défis transnationaux ».
Par ailleurs, Nicolás Maduro et son épouse, Cilia Flores, ont bénéficié d’une visite consulaire d’un représentant vénézuélien à la prison de New York le 30 janvier, où ils attendent leur prochaine audience, reportée au 26 mars. Cette visite a permis de leur fournir une assistance consulaire, conformément à une ordonnance du juge Alvin Hellerstein, qui a garanti l’accès consulaire et demandé à être informé de chaque visite.
Maduro et Flores ont plaidé non coupables lors de leur première comparution le 5 janvier, se qualifiant de « prisonniers de guerre » et réaffirmant que Maduro restait « le président constitutionnel du Venezuela ». Ils sont accusés de complot de narcoterrorisme, de complot visant à importer de la cocaïne aux États-Unis, de possession d’armes de guerre et de complot visant à en posséder. L’acte d’accusation allègue qu’ils ont collaboré avec des trafiquants de drogue et des groupes narcoterroristes pour envoyer « des milliers de tonnes de cocaïne » vers les États-Unis via les Caraïbes et l’Amérique centrale, dans le cadre du Cartel des Soleils, aux côtés de hauts responsables militaires vénézuéliens depuis plus de 25 ans.
Le report de l’audience, initialement prévue le 17 mars, a été demandé par le parquet et accepté par le juge Hellerstein « dans l’intérêt de la justice », afin de permettre de rassembler davantage de preuves, d’examiner les arguments de la défense et de statuer sur les requêtes préalables au procès.