Publié le 2024-02-29 10:30:00. La présence d’arbres en ville pourrait être un allié inattendu pour notre cœur, selon une vaste étude américaine. Les espaces verts ne se valent pas : les zones boisées semblent offrir une protection cardiovasculaire bien supérieure aux pelouses.
- Une étude de 18 ans portant sur près de 90 000 infirmières révèle une corrélation entre la proximité des arbres et une diminution des maladies cardiaques et des accidents vasculaires cérébraux (AVC).
- À l’inverse, vivre à proximité de grandes surfaces herbeuses est associé à une augmentation des problèmes cardiovasculaires.
- Les chercheurs recommandent de privilégier la plantation d’arbres dans les villes, une stratégie simple et peu coûteuse pour améliorer la santé publique.
Les villes sont de plus en plus conscientes de l’importance des espaces verts pour le bien-être de leurs habitants. Mais une nouvelle étude, publiée par le portail StudyFinds, nuance cette idée en montrant que tous les espaces verts ne se valent pas. L’analyse, menée par Peter James de l’Université de Californie à Davis, a révélé que les arbres offrent une protection spécifique pour le système cardiovasculaire, contrairement à l’herbe.
Pendant 18 ans, l’équipe de recherche a suivi 88 788 infirmières, vivant dans des zones urbaines et rurales à travers les États-Unis. Les résultats sont frappants : les zones où les arbres étaient visibles présentaient une diminution de 4 % des maladies cardiovasculaires. En revanche, les zones dominées par l’herbe affichaient une augmentation de 6 % de ces mêmes cas.
Pour obtenir ces données, les chercheurs ont utilisé l’intelligence artificielle pour analyser 350 millions d’images de Google Street View. Cette méthode leur a permis de cartographier précisément la quantité d’arbres et d’herbe autour des domiciles des participantes, offrant ainsi une évaluation précise de leur environnement quotidien.
L’étude a pris en compte de nombreux facteurs de risque cardiovasculaire, tels que le tabagisme, l’alimentation, l’activité physique, le niveau de revenu et la pollution atmosphérique. Même en tenant compte de ces éléments, la corrélation entre la présence d’arbres et la santé cardiaque est restée significative.
Les mécanismes expliquant cette différence sont multiples. Les arbres offrent de l’ombre, réduisant ainsi les effets des vagues de chaleur, et filtrent les particules polluantes présentes dans l’air. Ils atténuent également le bruit de la circulation, un facteur de stress connu pour impacter la santé cardiovasculaire. De plus, les rues bordées d’arbres encouragent l’activité physique et les interactions sociales, tandis que les pelouses sont souvent associées à une utilisation plus fréquente de la voiture et à un mode de vie plus sédentaire.
L’entretien régulier des pelouses, avec ses tondeuses et autres équipements, génère également du bruit et de la pollution, des nuisances absentes dans les zones abritant des arbres matures. Les auteurs de l’étude soulignent qu’il est crucial de ne pas regrouper tous les espaces verts dans une seule catégorie, car cela pourrait limiter la recherche et les interventions visant à améliorer la santé urbaine.
Face aux budgets limités et aux défis posés par le changement climatique, les chercheurs recommandent de donner la priorité à la plantation et à la conservation des arbres plutôt qu’à l’entretien des pelouses. L’augmentation du couvert forestier en milieu urbain pourrait avoir un impact significatif sur la santé des populations.
Il est important de noter que l’échantillon de l’étude était composé principalement de femmes blanches. Bien que les résultats ne démontrent pas une relation de cause à effet directe, ils suggèrent que planter des arbres en ville est une action simple, peu coûteuse et potentiellement très bénéfique pour la santé cardiovasculaire, au-delà de l’amélioration de l’esthétique des paysages.