Publié le 2025-10-12 14:13:00. Les suites de couches négligent la santé sexuelle des jeunes mères, entraînant douleur et inconfort. Des solutions existent et sont compatibles avec l’allaitement.
- 60 % des femmes déclarent des douleurs lors des rapports sexuels trois mois après l’accouchement.
- Près de trois femmes sur quatre souffrent d’un dysfonctionnement sexuel post-partum.
- Des traitements, y compris non hormonaux et compatibles avec l’allaitement, sont disponibles.
La période post-partum est souvent axée sur le bien-être du nouveau-né, abordant l’allaitement, les vaccinations ou encore la dépression post-partum. Cependant, la santé sexuelle de la mère est rarement abordée. « Il n’y a pas de dépistage systématique de ces symptômes. En général, ils n’apparaissent que lorsque la femme se plaint spontanément ou lorsqu’ils sont étudiés dans le cadre d’une recherche. Si la patiente ne s’exprime pas, cela passe souvent inaperçu », déplore le Dr Rômulo Negrini, gynécologue et obstétricien, coordinateur médical maternel et infantile à l’hôpital Einstein Israelita.
L’impact de ces symptômes – tels que la douleur, la sécheresse vaginale et l’atrophie – va au-delà de la sphère intime. Ils affectent le bien-être émotionnel et le quotidien des femmes. Selon le Dr Negrini, ces manifestations diminuent le désir sexuel, la fréquence des rapports et la satisfaction générale. « Bien que l’étude ne se concentre pas principalement sur les impacts émotionnels qualitatifs, il est raisonnable d’en déduire que la douleur et l’inconfort peuvent générer de la frustration, de la honte, une diminution de l’estime de soi, des difficultés dans la relation conjugale et même un sentiment d’isolement. La douleur est un limiteur important dans la vie quotidienne et peut même interférer dans les soins au bébé », précise le spécialiste.
Les chiffres issus d’une enquête révèlent l’ampleur du problème : trois mois après leur accouchement, 60 % des femmes rapportent des douleurs lors des rapports sexuels. Ce pourcentage diminue à 40 % après six mois et 28 % au bout d’un an. De plus, près de trois femmes sur quatre présentent un certain degré de dysfonctionnement sexuel. Ce constat est établi grâce à l’indice de la fonction sexuelle féminine (Female Sexual Function Index – FSFI), un questionnaire évaluant le désir, l’excitation, la lubrification, l’orgasme, la satisfaction et la douleur. Un score élevé à cet indice reflète une meilleure fonction sexuelle.
Des traitements sûrs et efficaces pour les jeunes mères allaitantes
Malgré l’absence de lignes directrices spécifiques pour la gestion de ce syndrome, le Dr Negrini insiste sur l’existence d’alternatives thérapeutiques sans risque pour les mères qui allaitent. « Le traitement peut commencer par des mesures non hormonales, comme des lubrifiants pendant les rapports sexuels, des hydratants vaginaux à usage continu, des ajustements comportementaux et même de la physiothérapie pelvienne. Dans des cas sélectionnés, nous pouvons recourir à des traitements hormonaux locaux, toujours avec prudence et surveillance médicale », explique-t-il. « Il est essentiel de montrer aux femmes qu’elles n’ont pas besoin de souffrir, car des ressources sont disponibles. »