Publié le 2025-10-10 20:03:00. Des médicaments de la classe des agonistes des récepteurs GLP-1, de plus en plus prescrits pour le diabète et la perte de poids, pourraient fausser les résultats des examens d’imagerie médicale. Une étude présentée à un congrès européen met en garde contre des interprétations erronées qui pourraient mener à des diagnostics incorrects.
Des chercheurs britanniques ont alerté sur la possibilité que les agonistes des récepteurs du GLP-1 (Glucagon-Like Peptide-1) interfèrent avec l’interprétation des tomographies par émission de positons au fluorodésoxyglucose (TEP-TDM). Ces examens, essentiels en oncologie et pour détecter des inflammations, reposent sur l’injection d’un traceur radioactif imitant la consommation de glucose par les cellules.
- Une analyse rétrospective a révélé une absorption atypique du traceur chez des patients traités par GLP-1.
- Ce phénomène pourrait imiter des schémas métaboliques caractéristiques de cancers ou d’inflammations.
- Les chercheurs soulignent le risque d’erreurs diagnostiques, de stadification imprécise ou de traitements inadaptés.
Les médicaments de type GLP-1, tels que le sémaglutide (Ozempic, Wegovy) et le tirzépatide (Zepbound, Mounjaro), ont connu une augmentation spectaculaire de leur utilisation. Aux États-Unis, elle a grimpé de 700 % entre 2019 et 2023, selon une étude du BMJ. Ces molécules, qui miment l’action d’hormones naturelles, sont devenues des traitements de référence pour le diabète de type 2 et l’aide à la perte de poids.
L’étude, présentée au 38e congrès annuel de l’Association européenne de médecine nucléaire, suggère que les médicaments GLP-1 pourraient modifier l’absorption du glucose dans certains tissus comme les muscles, le cœur ou la graisse brune. Cette modification pourrait alors apparaître comme une activité métabolique accrue, similaire à celle observée dans les cellules cancéreuses ou inflammatoires.
« Reconnaître l’absorption caractéristique associée aux agonistes du GLP-1 permet d’éviter une anxiété et des interventions inutiles, garantissant ainsi que les patients reçoivent les bons soins, au bon moment, sans détours ni doutes », a déclaré le Dr Peter Strouhal, directeur médical chez Alliance Medical et auteur principal de l’étude.
Bien que des cas isolés aient déjà été documentés, cette étude rétrospective constitue l’une des premières analyses exhaustives menées à travers un large réseau d’imagerie diagnostique. Les chercheurs ne recommandent pas l’arrêt du traitement par GLP-1 avant une TEP-TDM, mais insistent sur la nécessité pour les équipes d’imagerie de documenter systématiquement les antécédents médicamenteux des patients pour prévenir les erreurs.
Actuellement, il n’existe pas de directives nationales ou internationales au Royaume-Uni pour gérer cette situation émergente. Les directives australiennes préconisent, quant à elles, de poursuivre le traitement par GLP-1, d’observer un jeûne à partir de minuit, de programmer les examens le matin et de maintenir un bon contrôle de la glycémie.
Il est rappelé que, comme tout médicament, les GLP-1 comportent des risques et effets secondaires potentiels. Des études récentes ont mis en évidence un risque légèrement accru de pathologies oculaires chez les patients diabétiques de type 2 sous ces traitements, ainsi que des associations avec des problèmes rénaux, pancréatiques et gastro-intestinaux.