Les États-Unis ont imposé de nouvelles sanctions pétrolières à l’Iran, tandis que des négociations indirectes entre les deux pays se déroulent à Oman dans l’espoir de désamorcer les tensions, notamment concernant le programme nucléaire iranien. Téhéran appelle au respect mutuel avant ces discussions cruciales, tandis que Washington maintient une forte pression militaire dans la région.
Les nouvelles sanctions américaines, annoncées vendredi, visent 15 entités, deux individus et 14 navires impliqués dans le commerce illicite de pétrole, de produits pétroliers et de produits pétrochimiques iraniens, selon le département d’État américain. Ces mesures interviennent quelques heures après le début des pourparlers à Oman, décrits par Téhéran comme se déroulant dans une « atmosphère positive ».
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que les discussions se concentrent « exclusivement sur la question nucléaire » et a exprimé l’espoir que les États-Unis s’abstiennent de « menaces et de pressions » afin que les négociations puissent progresser. « La marche à suivre dépendra de nos consultations avec nos capitales », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, un incendie s’est déclaré vendredi soir dans une caserne de l’armée à Téhéran, mais a été rapidement maîtrisé sans faire de victimes, selon l’armée iranienne. Un court-circuit est évoqué comme cause probable du sinistre, survenu dans un atelier de menuiserie de la caserne numéro 2.
La France, par la voix de son chef de la diplomatie Jean-Noël Barrot, exhorte l’Iran à renoncer « à être une puissance déstabilisatrice », en raison de son programme nucléaire et de son soutien à des groupes considérés comme « terroristes » qui menacent les pays du Proche et du Moyen-Orient, ainsi que les pays européens. M. Barrot a également appelé les groupes soutenus par l’Iran, dont le Hezbollah libanais, à faire preuve de « la plus grande retenue » en cas d’escalade militaire.
La Chine a exprimé son soutien à l’Iran dans la défense de ses « intérêts » et s’oppose à toute « intimidation », selon un communiqué de la diplomatie chinoise. Pékin « soutient l’Iran dans la défense de sa souveraineté, de sa sécurité et de sa dignité nationale ainsi que de ses droits et intérêts légitimes », a déclaré un vice-ministre chinois des Affaires étrangères.
Téhéran a prévenu qu’il était « prêt à défendre la souveraineté et la sécurité nationale du pays contre toute exigence excessive ou toute tentative d’aventurisme » des États-Unis. Le chef de la diplomatie iranienne a également appelé au « respect mutuel » avant les pourparlers d’Oman, soulignant que « l’égalité, le respect mutuel et l’intérêt réciproque ne sont pas de vaines paroles, mais des conditions indispensables et les piliers d’un accord durable ».
Selon l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux États-Unis, au moins 6 941 personnes sont mortes lors des manifestations de janvier en Iran, dont une majorité de manifestants, et près de 51 000 arrestations ont été recensées.
Les négociations à Oman se déroulent indirectement, via un médiateur omanais, entre le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi et l’émissaire du président américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, accompagné de Jared Kushner, le gendre de Donald Trump. Le gouvernement iranien a annoncé que les discussions étaient entrées dans leur « deuxième phase », estimant que les deux parties avaient « plus ou moins compris ce que chacune veut ».