Home Santé Les preuves derrière le jeûne intermittent pour perdre du poids ne correspondent pas au battage médiatique

Les preuves derrière le jeûne intermittent pour perdre du poids ne correspondent pas au battage médiatique

0 comments 22 views

Publié le 16 février 2026. Une nouvelle revue exhaustive remet en question l’efficacité du jeûne intermittent comme méthode de perte de poids supérieure aux régimes traditionnels, alors que cette pratique connaît un essor considérable sur les réseaux sociaux.

  • Le jeûne intermittent ne présente pas de différence significative en termes de perte de poids par rapport à une alimentation équilibrée ou à l’absence d’intervention.
  • L’étude, basée sur l’analyse de 22 essais cliniques impliquant près de 2 000 adultes, souligne le manque de preuves solides soutenant les allégations de bénéfices métaboliques importants.
  • Les chercheurs mettent en garde contre le battage médiatique entourant le jeûne intermittent et soulignent la nécessité de recherches plus approfondies, notamment sur des populations diverses.

L’obésité représente un enjeu majeur de santé publique à l’échelle mondiale. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le nombre d’adultes en surpoids ou obèses a plus que triplé depuis 1975, atteignant 2,5 milliards de personnes en 2022, dont 890 millions souffrant d’obésité. Face à cette crise sanitaire, de nombreuses approches diététiques émergent, dont le jeûne intermittent, popularisé par les médias sociaux et les influenceurs.

L’étude, publiée dans la base de données Cochrane d’examens systématiques, a analysé les données de 22 essais cliniques randomisés menés en Amérique du Nord, en Europe, en Chine, en Australie et en Amérique du Sud, et portant sur un total de 1 995 adultes. Différentes formes de jeûne intermittent ont été étudiées, notamment le jeûne un jour sur deux, le jeûne périodique et la restriction temporelle de l’alimentation. La plupart des participants ont été suivis pendant une période maximale de 12 mois.

Les résultats de la revue indiquent que le jeûne intermittent n’offre pas d’avantage significatif en termes de perte de poids par rapport à des conseils diététiques classiques ou à l’absence d’intervention. Les données concernant les effets secondaires étaient variables d’une étude à l’autre, rendant difficile l’établissement de conclusions définitives. La base de données probante demeure limitée, avec un nombre restreint d’essais, dont beaucoup présentent des échantillons de petite taille et des rapports incohérents.

« Le jeûne intermittent ne semble tout simplement pas fonctionner pour les adultes en surpoids ou obèses qui tentent de perdre du poids »,

Luis Garegnani, auteur principal de l’étude, Centre associé Cochrane de l’hôpital universitaire italien de Buenos Aires.

M. Garegnani met en garde contre l’engouement excessif pour le jeûne intermittent, alimenté par les plateformes en ligne. Il souligne que cette pratique peut être appropriée pour certaines personnes, mais que les preuves actuelles ne justifient pas l’enthousiasme observé sur les réseaux sociaux.

Les chercheurs soulignent également le manque d’études portant sur les effets à long terme du jeûne intermittent.

« L’obésité est une maladie chronique. Les essais à court terme rendent difficile l’orientation des décisions à long terme pour les patients et les cliniciens »,

Luis Garegnani, auteur principal de l’étude, Centre associé Cochrane de l’hôpital universitaire italien de Buenos Aires.

La majorité des études incluses dans la revue ont été menées sur des populations majoritairement blanches issues de pays à revenu élevé. Les auteurs insistent sur la nécessité de mener des recherches supplémentaires auprès des populations des pays à revenu faible ou intermédiaire, où l’obésité est en forte progression.

Ils précisent que les résultats de cette étude ne peuvent être généralisés à l’ensemble de la population, car les effets du jeûne intermittent peuvent varier en fonction du sexe, de l’âge, de l’origine ethnique, de l’état de santé général ou de la présence de troubles alimentaires sous-jacents.

« Avec les preuves actuellement disponibles, il est difficile de formuler une recommandation générale »,

Eva Madrid, auteure principale de l’unité Cochrane de synthèse des preuves Iberoamerica.

Elle ajoute que les médecins devront adopter une approche individualisée lorsqu’ils conseilleront un adulte en surpoids sur la perte de poids.

Clause de non-responsabilité: AAAS et EurekAlert! ne sont pas responsables de l’exactitude des communiqués de presse publiés sur EurekAlert! par les institutions contributrices ou pour l’utilisation de toute information via le système EurekAlert.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.