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les principaux symptômes pour le détecter et les différences avec les adultes

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Publié le 2024-05-16 10:00:00. Bien que souvent associé aux personnes âgées, l’accident vasculaire cérébral (AVC) touche aussi les plus jeunes, des nourrissons aux adolescents, avec des spécificités propres. Une meilleure sensibilisation et une prise en charge rapide sont cruciales pour minimiser les conséquences.

  • Les AVC pédiatriques, bien que moins fréquents que chez les adultes, nécessitent une reconnaissance urgente des symptômes, qui peuvent différer selon l’âge.
  • Les causes des AVC chez les enfants divergent de celles des adultes et sont souvent liées à des malformations ou des maladies non modifiables par le mode de vie.
  • Une prise en charge médicale et une rééducation rapides sont indispensables pour limiter les séquelles potentiellement graves à long terme.

Le 29 octobre marque la Journée mondiale de l’AVC, une occasion de rappeler que cette pathologie, survenant lorsque le flux sanguin vers le cerveau est interrompu, peut affecter toutes les tranches d’âge. Il existe deux types principaux : l’AVC ischémique, causé par un caillot sanguin bloquant une artère, et l’AVC hémorragique, résultant de la rupture d’une artère.

Si chez les adultes, les AVC ischémiques représentent environ 85 % des cas, la répartition est plus équilibrée chez les enfants. Une étude analysée par la Bibliothèque nationale de médecine des États-Unis révèle que 59 % des AVC pédiatriques sont ischémiques, contre 41 % d’hémorragiques, bien que ces chiffres puissent varier géographiquement.

L’Hôpital Garrahan, en Argentine, estime que l’incidence des AVC en enfance se situe entre 3 et 6 cas pour 100 000 enfants, et grimpe à 27-29 pour 100 000 durant la période néonatale. Le Royal Children’s Hospital de Melbourne indique un taux de mortalité chez l’enfant allant de 5 à 10 %.

Le Dr Gabriel Orzuz, neurologue à l’Hôpital San Bernardo de Salta, souligne que la perception de l’AVC pédiatrique est encore rare dans l’esprit des soignants :

« Ce n’est pas courant. En fait, il est souvent difficile pour les équipes de santé de penser à un accident vasculaire cérébral lorsqu’un enfant présente des symptômes neurologiques. »

Dr Gabriel Orzuz, neurologue

Il précise que les nouveau-nés prématurés ou présentant des malformations ont un risque accru de maladies cérébrovasculaires, une probabilité qui diminue après cette période initiale.

L’Organisation internationale de l’AVC pédiatrique met en garde contre les conséquences potentiellement lourdes de cette affection chez l’enfant, notamment :

  • Entre 60 % et 70 % de handicaps de longue durée.
  • Une épilepsie chez 15 à 20 % des cas d’AVC ischémique et plus de 17 % des AVC hémorragiques.
  • Le développement d’un trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) chez environ 46 % des enfants touchés.
  • Des troubles du langage affectant environ 41 % des cas.
  • Des troubles psychiatriques chez 59 % des enfants.

Des symptômes variés, de la convulsion à l’épilepsie

Les signes d’alerte d’un AVC chez les plus jeunes peuvent différer notablement de ceux observés chez les adultes. Le Dr Maria Celeste Boumpadre, neurologue à l’Hôpital Garrahan, explique :

« Chez les nouveau-nés, les convulsions après 24 heures de vie sont un symptôme cardinal. Ils ne présentent pas de déficits moteurs ni d’hémiparésie. De plus, une encéphalopathie peut survenir, ce qui implique que la conscience est compromise. »

Dr Maria Celeste Boumpadre, neurologue à l’Hôpital Garrahan

Des modifications du tonus musculaire ou un refus de s’alimenter peuvent également survenir. Pour les enfants plus âgés et les adolescents, certains symptômes peuvent ressembler davantage à ceux des adultes : difficulté à parler, paralysie d’une partie du corps, problèmes d’équilibre, ou maux de tête très intenses. Les adolescents peuvent également signaler des altérations de leur champ visuel.


Un mal de tête intense chez un enfant peut être un signe d’AVC.

Un mal de tête intense chez un enfant peut être un signe d’AVC.

D’autres symptômes comme les vomissements, les nausées, les difficultés à avaler, une raideur de la nuque, une somnolence excessive ou des vertiges doivent également alerter. Le Dr Orzuz rappelle que l’absence de certaines capacités, comme la marche ou la parole chez les plus jeunes, rend la détection de certains symptômes plus complexe :

« S’il ne marche pas, les troubles de la mobilité ne peuvent pas être détectés et s’il ne parle pas, les problèmes de ce type ne peuvent pas non plus être détectés. »

Dr Gabriel Orzuz

Il insiste sur l’importance d’observer attentivement le comportement des enfants, notamment tout signe de confusion ou de détresse.

Des causes distinctes de celles des adultes

À la différence des adultes, dont les AVC sont souvent liés à des facteurs de risque modifiables comme l’hypertension, l’obésité ou le tabagisme, les causes des AVC pédiatriques sont généralement différentes. Le Dr Boumpadre explique :

« Chez les enfants, les problèmes artériels sont la cause la plus fréquente d’accident vasculaire cérébral. De plus, on demande toujours s’il y a eu des antécédents d’accident vasculaire cérébral chez les proches, notamment au premier degré, chez les moins de 50 ans. »

Dr Maria Celeste Boumpadre

Les origines peuvent inclure des malformations congénitales, des maladies génétiques, des troubles de la coagulation favorisant la formation de caillots, des infections ou des vascularites. Par conséquent, la prévention se concentre davantage sur le traitement de ces conditions sous-jacentes que sur des modifications du mode de vie.

L’urgence vitale de la prise en charge

En cas d’AVC chez l’enfant, une intervention rapide est primordiale. Des traitements hyperaigus, comme la revascularisation ou la reperfusion, peuvent être administrés dans les premières heures suivant l’apparition des symptômes, tout comme chez l’adulte. La neuroprotection vise à limiter les dommages cérébraux supplémentaires. Le Dr Orzuz souligne :

« Le temps est vital car plus tôt la reperfusion artérielle est effectuée, moins les neurones mourront. »

Dr Gabriel Orzuz

Les options thérapeutiques incluent la thrombolyse (médicament pour dissoudre le caillot) ou la thrombectomie mécanique (retrait du caillot à l’aide d’un cathéter) dans les premières heures. Si l’imagerie médicale, comme l’IRM, peut parfois étendre cette fenêtre à 24 heures, l’objectif reste une intervention aussi précoce que possible. En cas d’AVC hémorragique, la neurochirurgie peut être envisagée.


La rapidité des soins médicaux est essentielle en cas d’AVC.

La rapidité des soins médicaux est essentielle en cas d’AVC.

Une fois le patient stabilisé, la recherche de la cause est fondamentale pour prévenir une récidive. Cela peut impliquer des examens cardiaques pour identifier des malformations, des arythmies ou des troubles de la coagulation, nécessitant alors un traitement anticoagulant ou antiplaquettaire. Des dissections artérielles peuvent également être en cause, requérant un traitement médicamenteux adapté.

La rééducation : un pilier essentiel

La rééducation après un AVC pédiatrique doit débuter le plus tôt possible, idéalement dès l’hospitalisation. Elle ne se limite pas à la rééducation motrice ; l’orthophonie et le soutien psychologique sont également cruciaux, notamment en cas de troubles du langage ou de difficultés d’apprentissage. Le Dr Boumpadre souligne :

« L’une des conséquences les plus importantes ou limitantes est la perte de l’usage de la motricité fine de la main. Bien que la mobilité et la force puissent être beaucoup récupérées, la main peut être plus difficile et cela ajoute beaucoup de handicap aux enfants. »

Dr Maria Celeste Boumpadre

Le Dr Orzuz insiste sur l’impact durable des séquelles :

« Chez les enfants, c’est dévastateur car si la reperfusion de l’artère n’est pas effectuée, il n’y a pas de traitement suraigu et il y a des séquelles, souvent la rééducation est à vie et est handicapé de façon permanente avec un impact social, économique et sur la qualité de vie. »

Dr Gabriel Orzuz

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