Washington – Un projet de loi visant à supprimer complètement le programme de visas H-1B, très utilisé par les entreprises américaines pour embaucher des travailleurs qualifiés étrangers, a été déposé au Congrès, ravivant le débat sur l’impact de ces visas sur l’emploi américain. Cette initiative intervient alors que l’administration américaine envisage de nouvelles taxes substantielles sur les demandes de ces visas, suscitant l’inquiétude des secteurs de la technologie, de la santé et de l’enseignement.
Le projet de loi, baptisé « EXIL Act » (Ending Exploitative Imported Labor Exemptions Act), est porté par le député républicain Greg Steube. Il vise à abroger le programme H-1B, qui permet aux entreprises américaines de recruter des employés étrangers titulaires d’un diplôme universitaire dans des domaines spécialisés tels que l’informatique, l’ingénierie et la médecine. Selon le député Steube, « Donner la priorité à la main-d’œuvre étrangère plutôt qu’au bien-être et à la prospérité des citoyens américains porte atteinte aux intérêts nationaux. » Il affirme que le système actuel a désavantagé les travailleurs américains et ne profite qu’aux entreprises et à la concurrence étrangère.
« Nous ne pouvons pas protéger le rêve américain en cédant la part de nos enfants à des non-citoyens », a-t-il déclaré, ajoutant que l’EXIL Act permettrait de « donner la priorité aux travailleurs américains ». Le visa H-1B, attribué chaque année par tirage au sort dans une limite de 85 000 places, est particulièrement prisé dans la Silicon Valley et l’industrie technologique en général. Les ressortissants indiens représentent plus de 70 % des bénéficiaires, suivis par les Coréens avec environ 1 %.
Par ailleurs, l’administration américaine avait annoncé en septembre 2025 l’intention d’imposer une taxe annuelle de 100 000 $ (environ 93 000 €) aux demandeurs de visa H-1B. Cette mesure, qui augmenterait considérablement les coûts pour les entreprises, a suscité de vives critiques de la part des groupes industriels, universitaires et hospitaliers, craignant une réduction du recrutement de talents et des pénuries de personnel dans la recherche et le secteur médical.
Face à cette perspective, 100 sénateurs et représentants fédéraux ont adressé le 11 mai une lettre bipartite au Département de la Sécurité intérieure (DHS), demandant une exemption de cette taxe pour le personnel médical. Ils ont mis en garde contre le risque d’une « crise financière pour les hôpitaux confrontés à un manque de personnel » et d’une aggravation de l’accès aux soins, en particulier dans les zones rurales et défavorisées. « Les frais de 100 000 $ provoqueront une crise financière pour les hôpitaux confrontés à un manque de personnel et aggraveront l’accès aux services médicaux, en particulier dans les zones rurales et à faible revenu », ont-ils écrit.
À ce stade, le projet de loi EXIL est en cours d’examen par les commissions compétentes de la Chambre des représentants. Il devra ensuite être soumis au vote en séance plénière, adopté par le Sénat et promulgué par le président pour entrer en vigueur. Les experts soulignent que l’abolition du système H-1B pourrait entraîner des changements structurels sur le marché du travail et affecter la compétitivité industrielle américaine, ce système étant un canal important pour l’acquisition de personnel qualifié et l’obtention de la résidence permanente.