Publié le 2025-10-03 15:52:00. Des chercheurs français ont identifié des facteurs clés, tels que le sexe masculin, la fièvre et des troubles du goût persistants, qui pourraient aider à prédire l’évolution d’une « grande Covid », ou Covid long. Cette découverte vise à mieux cibler les patients nécessitant une prise en charge renforcée.
- Le sexe masculin, la fièvre et les troubles du goût sont apparus comme des prédicteurs significatifs du risque de développer une Covid longue.
- L’étude, menée à l’Université Aix-Marseille, a analysé les données de plus de 300 patients sur une période de deux ans.
- Identifier ces facteurs de risque dès les premiers stades pourrait permettre une intervention thérapeutique plus précoce et ciblée.
Il demeure encore complexe de prédire l’apparition d’une Covid longue, les facteurs de risque associés à la persistance des symptômes n’étant pas clairement établis. Afin de combler cette lacune, une équipe de recherche française a entrepris une analyse rétrospective des cas suivis au sein du système hospitalier de l’Université Aix-Marseille, en France, entre juin 2020 et juillet 2022. L’objectif était d’évaluer la prévalence des symptômes post-Covid et d’identifier les éléments cliniques et sociodémographiques prédisant leur persistance jusqu’à 12 mois après l’infection initiale.
L’étude a porté sur 319 patients âgés de 15 ans et plus, dont l’âge moyen s’élevait à 47,7 ans (± 11,61). Les femmes représentaient environ 70,5% de la cohorte, 46,7% souffraient d’au moins une condition chronique préexistante, et seulement 10,3% avaient été vaccinées contre le SARS-CoV-2 avant leur infection. La majorité des diagnostics (87,8%) ont été confirmés par PCR, avec une prédominance des variants Alpha, Delta et du variant « Marseille 4 » durant les périodes étudiées (26,4%, 23,6% et 18,1% respectivement).
Durant la phase aiguë de la maladie, les symptômes les plus fréquemment rapportés étaient la fièvre (60,8%), les troubles de l’odorat (60,8%), une asthénie marquée (60,4%), des maux de tête (59,2%), la toux (54,8%) et les troubles du goût (54,4%). Les traitements administrés pour gérer ces symptômes aigus incluaient principalement du zinc (27,4%), du paracétamol (20,5%), une combinaison d’azithromycine et d’hydroxychloroquine (20,5%), de l’azithromycine seule (18,9%), des corticostéroïdes (13,0%) et de l’hydroxychloroquine isolée (1%).
« Ces résultats pourraient servir à identifier les patients présentant un risque plus élevé de persistance des symptômes de la Covid longue et à les cibler pour des mesures thérapeutiques renforcées. »
Les chercheurs
Le suivi des patients a révélé qu’en moyenne 9,59 mois (± 5,58) séparaient l’infection aiguë de la première consultation pour Covid longue. Les symptômes persistants affectaient principalement les systèmes neurologique (84,6%), cardiorespiratoire (67,4%) et ORL (38,9%). À six mois de suivi, 20,3% des 227 patients disposant de données complètes ne rapportaient aucune amélioration.
L’analyse des données a mis en évidence des liens significatifs : à six mois, des troubles du goût étaient associés à un risque accru de persistance des symptômes (OR de 2,64 ; IC 95% [1,16-6,01]) et la prise d’azithromycine seule montrait également une association (OR de 2,44 ; IC 95% [1,17-5,01]). Une tendance à une association avec la fièvre a également été observée (OR de 2,15 ; IC 95% [0,94-4,91]). Après ajustement multivarié, seul le trouble du goût restait un prédicteur fort d’absence d’amélioration à six mois (OR de 4,04 ; IC 95% [1,47-11,05]).
À neuf mois, près de 20% des patients continuaient de souffrir de symptômes persistants. La fièvre et les troubles du goût étaient associés à un risque multiplié par trois de persistance à long terme, tandis que les hommes et les garçons présentaient une tendance à être deux fois plus susceptibles de signaler des symptômes persistants.
Ce schéma s’est accentué à 12 mois, où 18,5% des patients n’avaient toujours pas constaté d’amélioration. Les hommes et les garçons, ainsi que ceux ayant eu de la fièvre, présentaient un risque quatre fois plus élevé de symptômes persistants. Les troubles du goût continuaient d’augmenter ce risque, environ d’un facteur trois.
Les auteurs de l’étude reconnaissent certaines limites, notamment la dépendance aux auto-déclarations des patients, un biais de sélection potentiel, des pertes de suivi et un déséquilibre dans la répartition hommes-femmes de la cohorte étudiée.