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Les taux de l’euro dans une position confortable

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Les marchés financiers semblent naviguer à vue, peu convaincus qu’une résolution rapide intervienne dans la crise politique française, malgré la date limite fixée par le gouvernement. Dans ce contexte, et en l’absence de catalyseurs majeurs, les tensions sur l’offre pourraient dominer les échanges en ce début de semaine. Si la situation actuelle semble stable pour les taux de l’euro, les perspectives à plus long terme suggèrent une revalorisation.

La fin de semaine s’annonce chargée sur le front des banques centrales, tandis que la situation politique française reste un point d’interrogation majeur pour les marchés. La date limite de mercredi, fixée pour trouver une issue à la crise politique, ne devrait pas, selon toute vraisemblance, insuffler une nouvelle dynamique aux échanges. Les acteurs financiers semblent plutôt concentrés sur les perspectives de la Banque centrale européenne (BCE).

Actuellement, le positionnement sur les marchés de taux de l’euro apparaît globalement équilibré. L’anticipation d’une nouvelle action de la BCE à court terme est présente, mais avec une conviction limitée, estimée à seulement 40%, et surtout, l’absence de consensus quant à une action cette année. Cette prudence se justifie par la nécessité d’une accélération plus marquée de la croissance économique et par la persistance de risques baissiers significatifs. De surcroît, les éléments susceptibles de modifier sensiblement les valorisations actuelles peinent à émerger.

En ce qui concerne les swaps d’inflation, les prix actuels semblent également raisonnables et ne devraient pas être une source majeure de volatilité. La récente baisse du swap d’inflation à 10 ans reflète les projections de la BCE d’un léger sous-objectif d’inflation en 2026. Cependant, cette tendance ne suscite pas d’inquiétude particulière, puisque les attentes d’assouplissement monétaire de la BCE, telles qu’indiquées par l’ESTR à terme 2 ans/1 mois, ont légèrement augmenté. Cela suggère que les marchés acceptent cette sous-estimation et ne perçoivent pas l’urgence d’une baisse supplémentaire des taux directeurs. Par conséquent, même si l’inflation venait à passer sous la barre des 2%, il est peu probable que cela se traduise immédiatement par une réduction des taux à 10 ans.

À plus long terme, cependant, l’inflation pourrait jouer un rôle non négligeable dans la revalorisation des taux des swaps à 10 ans. Avant la crise financière mondiale, le swap d’inflation à 10 ans s’établissait en moyenne autour de 2,3%, un niveau bien supérieur à l’objectif de la BCE, intégrant une prime de risque d’inflation d’environ 30 points de base. Si la BCE parvient à réaliser un « atterrissage en douceur » de l’économie, ce niveau pourrait, à terme, constituer le nouvel équilibre du marché.

Le véritable enjeu résidera dans la capacité à éviter une sous-estimation excessive de l’inflation en 2026. À cet égard, les perspectives actuelles ne plaident pas en faveur d’un tel scénario. Les impulsions budgétaires devraient en effet commencer, progressivement, à alimenter les tensions inflationnistes. Les taux des swaps à 10 ans devraient donc, selon toute vraisemblance, se maintenir au-dessus des niveaux actuels.

Mercredi s’annonce également comme une journée importante pour les banques centrales. Outre la situation politique française, des interventions de responsables de la BCE sont attendues, notamment de la part d’Escriva, Muller et Elderson. Aux États-Unis, l’attention se portera également sur la Réserve fédérale (Fed), avec la publication des minutes de la réunion de septembre du Federal Open Market Committee (FOMC). Kashkari, Musalem et Barr de la Fed devraient par ailleurs s’exprimer.

En l’absence de publications de données économiques majeures, le marché primaire pourrait capter une partie de l’attention. En Europe, l’Allemagne procédera à l’émission de deux obligations à 15 ans pour un montant total de 2 milliards d’euros. Le Royaume-Uni mettra aux enchères un nouveau titre pour 5 milliards de livres sterling. Aux États-Unis, le Trésor américain proposera 39 milliards de dollars de bons du Trésor.

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