L’activité physique, qu’il s’agisse de course à pied, de natation ou de danse, pourrait être une solution aussi efficace, voire supérieure, aux traitements traditionnels contre la dépression et l’anxiété. Une vaste étude, regroupant les données de près de 60 000 personnes, confirme l’impact positif de l’exercice sur la santé mentale, et ce, à tout âge.
Les résultats, publiés dans le British Journal of Sports Medicine, indiquent que l’exercice supervisé ou pratiqué en groupe semble particulièrement bénéfique pour les personnes souffrant de dépression. Pour l’anxiété, des programmes plus courts, d’une durée maximale de huit semaines et d’intensité modérée, peuvent également apporter un soulagement significatif.
L’analyse a porté sur 57 synthèses de données regroupées, issues de plus de 800 études individuelles, impliquant 57 930 participants âgés de 10 à 90 ans. Les chercheurs ont constaté que tous les types d’exercices examinés – aérobique, musculation, pratiques corps-esprit comme le yoga ou le tai-chi, et programmes combinés – se sont avérés aussi efficaces que les médicaments ou la psychothérapie.
Selon les chercheurs, jusqu’à une personne sur quatre est touchée par la dépression ou l’anxiété dans le monde, avec des taux plus élevés chez les jeunes et les femmes. Des études antérieures avaient déjà suggéré le potentiel de l’activité physique à réduire les symptômes de ces troubles.
L’étude a également mis en lumière des nuances importantes. Les améliorations les plus notables ont été observées chez les jeunes adultes (18 à 30 ans) et les femmes ayant récemment accouché. Bien que l’exercice soit bénéfique quel que soit l’âge ou le sexe, l’intensité, la fréquence et le contexte de la pratique semblent jouer un rôle crucial.
« Cette méta-méta-analyse fournit des preuves solides que l’exercice réduit efficacement les symptômes de dépression et d’anxiété dans tous les groupes d’âge, comparables ou supérieurs aux interventions pharmacologiques ou psychologiques traditionnelles », concluent les auteurs de l’étude. Ils soulignent également l’importance des facteurs sociaux, les programmes en groupe et supervisés offrant les avantages les plus importants.
Les chercheurs reconnaissent certaines limites, notamment la variabilité des définitions de l’intensité de l’exercice et de la durée des programmes. Ils appellent à des recherches plus approfondies pour mieux comprendre les effets de l’exercice à chaque étape de la vie. Néanmoins, ils insistent sur le potentiel de l’activité physique comme intervention de première intention, compte tenu de son coût abordable, de son accessibilité et de ses bénéfices supplémentaires pour la santé physique.
« Compte tenu de la rentabilité, de l’accessibilité et des avantages supplémentaires de l’exercice pour la santé physique, ces résultats soulignent le potentiel de l’exercice comme intervention de première intention, en particulier dans les contextes où les traitements traditionnels de santé mentale peuvent être moins accessibles ou acceptables », ajoutent-ils.