L’hôpital général d’Oicha, dans le territoire de Beni (Nord-Kivu), est confronté à une crise majeure : l’absence de morgue fonctionnelle et l’immobilisation de son unique ambulance compromettent gravement la prise en charge des victimes des violences récurrentes dans la région.
Le Dr Kasereka Nzala, médecin directeur de l’établissement, a lancé un appel urgent aux autorités et aux organisations humanitaires pour pallier ces lacunes criantes. La situation actuelle complique non seulement la gestion des corps, mais aussi l’évacuation des blessés, notamment ceux touchés par balles ou armes blanches, dans une zone régulièrement attaquée par les rebelles des Forces Démocratiques Alliées (ADF).
« L’ambulance devrait nous aider à évacuer les malades qui se trouvent dans la cité, dans la commune et même au-delà. Elle est désormais vétuste. Nous l’avons acquise il y a un peu plus de dix ans. L’ambulance pose un réel problème », a expliqué le Dr. Kasereka Nzala. Concernant la morgue, sa capacité est extrêmement limitée : seulement quatre chambres frigorifiques sont disponibles, alors que les massacres enregistrés peuvent entraîner l’arrivée de jusqu’à vingt corps.
Cette capacité insuffisante a des conséquences directes sur l’identification des victimes. Selon le Dr. Kasereka Nzala, certains corps sont retrouvés en état de décomposition avancé, alors qu’une conservation adéquate aurait permis de les identifier. « Certains corps ne sont pas identifiés et devraient être conservés dans de bonnes conditions afin d’éviter leur décomposition », a-t-il précisé.
Le médecin directeur a également plaidé pour la construction d’une morgue de grande capacité, adaptée aux besoins spécifiques de la zone, afin de garantir une gestion digne et efficace des victimes des violences.