Home Santé « Live to Tell » met en lumière l’histoire et la stigmatisation du VIH aux Pays-Bas

« Live to Tell » met en lumière l’histoire et la stigmatisation du VIH aux Pays-Bas

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Publié le 2025-10-31 10:47:00. Un nouvel ouvrage lève le voile sur l’histoire méconnue du VIH aux Pays-Bas, soulignant la stigmatisation persistante malgré les avancées médicales. Le livre met en lumière les témoignages de médecins et de personnes directement touchées par le virus, offrant une perspective nuancée sur le vécu de l’épidémie.

Pour Peter Blokland, auteur d’une nouvelle publication retraçant le parcours du VIH aux Pays-Bas, le manque d’attention portée à cette histoire est frappant, surtout en comparaison avec des villes comme New York. Lui-même jeune homme à l’époque, il se souvient des difficultés rencontrées : « J’étais jeune, j’étais dans le placard et je voulais en sortir. Puis j’ai appris que les relations sexuelles avec des hommes pouvaient être fatales. Eh bien, cela n’aide pas vraiment dans un tel moment. »

Il attribue une importance particulière à l’émission de Paul de Leeuw en 1992, où le chanteur René Klein a ouvertement abordé sa séropositivité. « Paul de Leeuw a été le premier à aborder ce sujet dans une émission normale », témoigne Blokland. La venue de René Klein, qui a révélé son infection par le VIH, a constitué une révélation pour une grande partie de la population néerlandaise. « Il a donné la parole à un groupe qui était en réalité inconnu du Néerlandais moyen. »

La persistance du stigmate

La stigmatisation entourant le VIH était et demeure une réalité prégnante, explique Blokland. Les hommes ayant des relations sexuelles avec plusieurs partenaires, les professionnel(le)s du sexe, mais aussi les personnes hétérosexuelles, ont été confrontés à des préjugés tenaces. « Si vous contractez le VIH aux Pays-Bas, vous recevez des médicaments et votre espérance de vie est la même que celle d’une personne non séropositive. Mais la stigmatisation selon laquelle vous êtes coupable d’être sale est toujours très grande », souligne-t-il. C’est cette réalité qui l’a particulièrement motivé à raconter cette histoire dans son livre.

Le regard des médecins

Dans son ouvrage, intitulé Vivre pour raconter, Peter Blokland met également en lumière les expériences des médecins confrontés dans les années 1980 à un virus dont ils ignoraient tout. De jeunes hommes étaient alors hospitalisés pour des infections graves, et beaucoup y laissaient la vie. « En fin de compte, environ 5 000 personnes sont mortes du sida aux Pays-Bas. Ce sont aussi des histoires oppressantes, notamment celles de jeunes gens qui se sont suicidés parce qu’ils ne voulaient pas connaître le déclin », relate Blokland.

Une nouvelle génération

Le livre se conclut sur le parcours de Tim, une personne née avec le VIH et considérée comme un « survivant à vie ». Après avoir bénéficié d’un traitement, Tim a mené une vie quasi normale, affranchi du lourd passé et de la honte qui ont marqué de nombreuses personnes dans les années 80. « Il n’avait pas honte du tout. Cela montre que la stigmatisation s’apprend ; si on ne l’apprend jamais, il n’y a pas de quoi avoir honte », affirme Blokland. « Je pensais que c’était une histoire très belle et pleine d’espoir. »

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