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Mynaric : Rheinmetall envisage de reprendre un spécialiste allemand du laser

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Publié le 23 février 2026 18:25:00. La société allemande de lasers spatiaux Mynaric, en difficulté financière, suscite désormais une bataille d’enchères entre le groupe de défense Rheinmetall et l’entreprise américaine Rocket Lab, alors que Berlin doit trancher sur son avenir stratégique.

  • Rheinmetall, premier contractant de défense allemand, envisage de racheter Mynaric pour assurer un contrôle national sur cette technologie clé.
  • Rocket Lab, qui avait initialement conclu un accord pour acquérir Mynaric pour 75 millions de dollars, attend toujours l’approbation du gouvernement allemand.
  • L’Allemagne souhaite investir massivement dans la sécurité spatiale (environ 35 milliards d’euros d’ici 2030) et considère Mynaric comme un acteur stratégique.

Un imbroglio se noue autour de l’avenir de Mynaric, spécialiste allemand de la communication par faisceau laser pour satellites. Alors que l’entreprise était sur le point d’être rachetée par Rocket Lab, une offre concurrente émerge de Rheinmetall, le géant allemand de la défense. Cette situation met en lumière les enjeux de souveraineté technologique en Europe, alors que les gouvernements européens renforcent leurs investissements dans le secteur spatial et de la défense.

En mars 2025, Rocket Lab avait annoncé son intention d’acquérir Mynaric pour environ 75 millions de dollars (68,7 millions d’euros), sous réserve de l’approbation des autorités allemandes en matière d’investissements étrangers. Cette approbation est cruciale en raison des applications à la fois civiles et militaires de la technologie développée par Mynaric. La décision finale revient au ministère fédéral de l’Économie, dirigé par Katherina Reiche (CDU). Cependant, l’approbation, attendue depuis longtemps, a été reportée à plusieurs reprises.

Fondée en 2009, Mynaric opère sur un marché en pleine expansion : celui de la communication par satellite via faisceaux laser, une technologie essentielle pour les grandes constellations comme Starlink de SpaceX. L’Allemagne, qui prévoit d’investir environ 35 milliards d’euros dans la sécurité spatiale d’ici 2030, considère cette technologie comme stratégique. Mynaric se positionne comme un concurrent de Tesat-Spacecom, filiale du groupe Airbus et leader du marché, en misant sur une production en série rentable.

L’entreprise a cependant connu des difficultés, notamment des retards de livraison, qui l’ont contrainte à quitter la bourse américaine. Un processus de restructuration financière (StaRUG) a permis de la sauver au printemps 2025, avec le départ de tous les actionnaires existants. Les prêts de la société d’investissement américaine Pimco, filiale du groupe Allianz, ont joué un rôle déterminant dans ce redressement. Cette restructuration a rendu possible l’offre de rachat de Rocket Lab, qui est également un client de Mynaric.

Rheinmetall, de son côté, développe activement ses activités spatiales et l’acquisition de Mynaric lui permettrait d’élargir sa base technologique. Selon des experts, Rheinmetall travaille en collaboration avec le groupe OHB de Brême sur un contrat d’un milliard de dollars pour une flotte de communications par satellite de la Bundeswehr (armée allemande), comprenant entre 100 et 200 satellites (projet SATCom Bw 4), qui seront équipés de technologies de communication laser. Airbus et sa filiale Tesat sont également en lice pour ce contrat.

Mynaric produit actuellement des terminaux laser à un rythme de plusieurs dizaines par semaine. Plus de 350 terminaux ont été livrés à ses clients en 2025, dont la majorité ont servi à mettre en place la première phase d’un réseau satellitaire militaire américain. L’entreprise ne peut fournir de chiffres précis en raison d’accords de confidentialité, mais confirme que ses terminaux sont déjà opérationnels dans l’espace.

Cet article a été créé pour le centre de compétences commerciales WELT et « Business Insider Germany ».

Gerhard Hegmann est rédacteur économique indépendant et réalise depuis des décennies des reportages en particulier sur les secteurs de la défense et de l’espace.

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