Publié le 21 octobre 2025, 11h29. L’Autorité de Surveillance des Consommateurs et des Marchés (ACM) tire la sonnette d’alarme face à une recrudescence des pratiques frauduleuses de certains vendeurs d’énergie par téléphone. Ces démarcheurs incitent désormais à signer des mandats pour conclure des contrats à l’insu des clients, engendrant des situations contractuelles désavantageuses.
- Des télévendeurs d’énergie sollicitent de plus en plus fréquemment des procurations pour signer des contrats à la place des consommateurs et des entreprises.
- Ces pratiques aboutissent souvent à des conditions contractuelles peu favorables aux clients, les plaçant face à des contrats non désirés et des pénalités pour rupture anticipée.
- L’ACM dénonce ces méthodes, rappelant que le recours à une procuration doit rester exceptionnel et non une stratégie commerciale.
L’Autorité de Surveillance des Consommateurs et des Marchés (ACM) a constaté, via de nombreuses plaintes, une augmentation significative des cas où des vendeurs d’énergie par téléphone demandent aux consommateurs et aux entreprises de leur donner procuration pour signer de nouveaux contrats. Ces mandats sont souvent présentés dans des conditions qui favorisent le vendeur, sans que le client ne mesure pleinement les implications.
« Les ventes par téléphone via procuration augmentent encore le risque de tromperie », prévient Manon Leijten, membre du conseil d’administration de l’ACM. « Nous constatons que les consommateurs et les entrepreneurs se retrouvent souvent confrontés à des contrats qu’ils n’ont pas consciemment choisis. » L’ACM précise que le principe même de la procuration n’est pas problématique en soi, notamment lorsqu’il s’agit d’assister une personne incapable de gérer ses affaires pour des raisons de santé ou d’absence. Cependant, son utilisation par des télévendeurs dans le cadre de la vente de contrats d’énergie est jugée abusive.
Les consommateurs et les entreprises ne réalisent souvent qu’après coup avoir changé de fournisseur d’énergie et se voient imposer des pénalités élevées pour avoir résilié leur contrat précédent. De plus, certains vendeurs réclament des sommes exorbitantes pour révoquer une procuration ou annuler un transfert, ce qui est totalement illégal selon l’ACM. Une procuration peut être révoquée à tout moment et sans frais.
Ce n’est pas la première fois que l’ACM met en garde contre les pratiques des vendeurs d’énergie par téléphone. Le régulateur souligne que les contrats conclus par ce biais ne sont jamais les plus avantageux pour les consommateurs et les entreprises. « Les contrats énergétiques sont des produits complexes qu’il ne faut pas conclure via une conversation téléphonique (non sollicitée) », insiste Manon Leijten.
L’ACM mène actuellement une enquête pour vérifier si les entreprises concernées respectent les nouvelles réglementations strictes encadrant la vente de contrats d’énergie. Une étude récente de l’autorité révèle qu’un foyer sur quatre a été contacté par téléphone l’année passée pour une proposition de nouveau contrat d’énergie. Près de la moitié des consommateurs interrogés se sentent sous pression lors de ces appels. L’ACM penche donc pour une interdiction pure et simple de ces pratiques, bien que cette mesure n’ait pas encore été mise en œuvre.