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Nous nous rapprochons peut-être d’un sommet du marché

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Le marché boursier face à une « fenêtre de vulnérabilité » : 2024 s’annonce plus proche de 2022 que de 2023

Les marchés financiers entrent dans une période délicate. Après un rallye spectaculaire en fin d’année 2023, les indicateurs suggèrent une vulnérabilité accrue, avec des flux d’investissement moins porteurs et un sentiment d’optimisme extrême qui pourrait freiner la progression des actions. L’année 2024 pourrait ainsi ressembler davantage aux turbulences de 2022 qu’à la hausse constante de 2023.

Un rebond rapide, mais une fragilité accrue

Après avoir atteint leur point bas fin octobre, les indices boursiers ont connu une ascension remarquable. Le S&P 500 a gagné environ 15% en novembre et décembre, tandis que le Nasdaq a affiché des gains de 20% et même 25%. Si cette reprise était anticipée par certains, l’ampleur du « boom » des actifs à risque a surpris. Cependant, un rebond aussi rapide peut précéder une période de consolidation, voire une correction.

L’analyse des flux de marché révèle une approche de la « fenêtre de vulnérabilité ». Ces périodes, où les soutiens structurels s’estompent, rendent les actifs à risque, et particulièrement le S&P 500, plus sensibles aux mauvaises nouvelles économiques. Cette fenêtre devrait particulièrement se manifester autour des expirations d’options de janvier, entre le 16 et le 19 janvier. Historiquement, la mi-janvier n’est pas une période particulièrement favorable pour les actions, comme le montre la saisonnalité du S&P 500. D’autres facteurs saisonniers, comme l’absence de rachats d’actions par les entreprises en janvier et février, pourraient également peser.

Des signaux internes inquiétants

Au-delà des aspects saisonniers, plusieurs indicateurs internes du marché boursier soulèvent des préoccupations. Si les spreads de crédit demeurent stables, d’autres indicateurs clés comme la courbe des taux du VIX, le ratio cyclique/défensif, et le ratio forte/faible volatilité confirment la récente faiblesse du marché.

Plus inquiétante encore est la divergence croissante entre l’indice procyclique, qui mesure la performance des secteurs les plus sensibles aux cycles économiques (commerce de détail, industriel, matériaux), et le S&P 500. Le fait que le rallye de fin d’année du S&P 500 ait coïncidé avec un plus haut plus bas de cet indice suggère un essoufflement. De même, les indicateurs de largeur du marché à court terme ont divergé négativement lors des récents sommets, indiquant que la reprise s’est appuyée sur un nombre limité de valeurs plutôt que sur une base large.

Un optimisme extrême, un frein potentiel

L’état actuel du sentiment et du positionnement des investisseurs est un facteur majeur de préoccupation. L’extrême pessimisme observé début 2023, qui avait soutenu le marché tout au long de l’année, a presque entièrement disparu. Les investisseurs sont désormais résolument optimistes, tant sur le plan discrétionnaire que systématique. Cet optimisme généralisé n’est généralement pas un bon présage pour les rendements futurs du marché.

Cette tendance haussière est particulièrement visible sur le Nasdaq, où les spéculateurs affichent leur plus grand optimisme depuis début 2022, une année qui s’était avérée difficile pour cet indice. Les CTA (Commodity Trading Advisors), un type de fonds spéculatifs, sont également passés de positions vendeuses historiques à des positions fortement acheteuses sur le marché. Bien que les CTA puissent encore augmenter leur exposition, leur tendance est désormais orientée à la baisse.

Plusieurs signaux de vente à court terme sont également apparus au cours des deux dernières semaines. L’indicateur de force relative des petites capitalisations par rapport aux obligations « junk » a activé plusieurs signaux de vente. De même, la corrélation entre le S&P 500 et le VIX montre des ruptures inhabituelles. Une corrélation positive entre les mouvements du marché et la volatilité peut signaler des sommets de marché à court terme.

La liquidité et les facteurs techniques

La divergence entre le S&P 500 et la liquidité nette (mesurée par le bilan de la Réserve fédérale moins le compte général du Trésor et la facilité de prise en pension) mérite également une attention particulière. Bien que la Fed ait initié un resserrement quantitatif (QT), le retrait du compte général du Trésor et la réduction de la durée des bons du Trésor ont maintenu la liquidité. Cependant, la capacité du Trésor à financer ses déficits par le biais de la facilité de prise en pension pourrait être limitée à l’avenir, ce qui entraînerait une diminution de la liquidité nette.

Sur le plan technique, le récent rallye montre des signes d’essoufflement. Les sommets récents ont été marqués par des divergences dans le RSI et la dynamique, ainsi que par la complétion d’un signal de vente DeMark quotidien. Un retour vers le niveau de support de 4 550 à 4 600 sur le S&P 500 semble donc envisageable dans les prochains mois.

La question demeure de savoir si le marché connaîtra une baisse significative ou une période prolongée de stagnation. Cependant, compte tenu de l’extrême positionnement des investisseurs et de la neutralité de nombreux indicateurs à moyen et long terme, il est probable que 2024 sera une année plus volatile, se rapprochant des dynamiques de 2022. La première moitié de l’année s’annonce particulièrement animée.

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