Home Santé Nouvelle imagerie pour le diagnostic et la prévention de la démence chez la femme

Nouvelle imagerie pour le diagnostic et la prévention de la démence chez la femme

0 comments 55 views

Publié le 7 novembre 2025 à 10:05. Une équipe de recherche de l’Hôpital universitaire de Cologne a obtenu un financement significatif de Wellcome Leap pour développer de nouvelles techniques d’imagerie afin de mieux comprendre et prévenir les démences chez les femmes, notamment la maladie d’Alzheimer.

  • Le projet vise à étudier les facteurs hormonaux, en particulier les œstrogènes, qui pourraient expliquer le risque accru de démence chez les femmes.
  • De nouveaux agents radiopharmaceutiques sont en cours de développement pour visualiser les récepteurs d’œstrogènes dans le cerveau vivant.
  • Ces recherches pourraient ouvrir la voie à des stratégies personnalisées pour réduire le risque de démence et mieux comprendre les différences entre les sexes dans les maladies neurodégénératives.

Une équipe de chercheurs de l’Hôpital universitaire de Cologne (Unikl) a décroché un financement scientifique majeur dans le cadre du programme « CARE » de l’organisme international Wellcome Leap. Ce programme ambitieux se consacre à l’élucidation des causes des démences, en mettant un accent particulier sur les facteurs hormonaux potentiellement liés à un risque accru de développer la maladie d’Alzheimer chez les femmes.

Dans le cadre du projet baptisé IMAGESTRO (pour « Imaging of Estrogen Receptors », soit Imagerie des récepteurs d’œstrogènes), les chercheurs de Cologne développent des produits radiopharmaceutiques novateurs destinés à l’imagerie moléculaire des récepteurs d’œstrogènes dans le cerveau humain. L’objectif à long terme est de concevoir des approches personnalisées capables de diminuer ce risque.

« Nous savons que les hormones, et particulièrement les œstrogènes, jouent un rôle crucial dans le fonctionnement et la protection du cerveau », explique le Professeur Alexander Drzezga, directeur de la clinique de médecine nucléaire de l’Unikl et co-responsable du projet. « Grâce à ces nouveaux traceurs, nous espérons pouvoir visualiser précisément la répartition et la densité des récepteurs d’œstrogènes dans le cerveau humain vivant. Cela nous donnera la possibilité de détecter des changements, par exemple lors de la ménopause, et de mieux comprendre s’ils sont liés à l’augmentation de certaines maladies neurodégénératives chez la femme. »

En collaboration avec le Professeur Bernd Neumaier, directeur de l’Institut de radiochimie et d’imagerie moléculaire (IREMB) de l’Unikl, également co-responsable du projet, l’équipe travaille à la création de radiotraceurs marqués au fluor-18 (18F) de haute affinité. Ces travaux impliquent la sélection de molécules actives au sein d’une bibliothèque existante, leur optimisation rigoureuse et des tests approfondis avant leur utilisation potentielle dans les premières études cliniques.

« Notre but est de développer des marqueurs moléculaires capables de cartographier en détail la régulation hormonale du cerveau », précise le Professeur Neumaier. « La conception de tels traceurs représente un défi : les molécules doivent pouvoir traverser la barrière hémato-encéphalique, se fixer spécifiquement aux récepteurs visés et y demeurer suffisamment longtemps pour une imagerie précise. Si nous réussissons, ces traceurs pourraient à l’avenir contribuer à une meilleure compréhension des processus neurodégénératifs spécifiques au sexe et ouvrir de nouvelles voies vers des thérapies personnalisées. »

Les deux responsables de projet et leurs équipes collaborent depuis plusieurs années au développement et à l’application de nouveaux traceurs en médecine nucléaire à l’Hôpital universitaire de Cologne, en étroite synergie avec le Centre de recherche de Jülich. Après des études précliniques poussées, les premières études chez l’humain sont prévues pour évaluer la sécurité et la fiabilité des nouveaux traceurs. Des projets pilotes ultérieurs examineront les variations régionales dans l’expression des récepteurs d’œstrogènes entre les femmes préménopausées et postménopausées, ainsi que leur lien avec la pathologie d’Alzheimer et l’intégrité synaptique. « À terme, nous souhaitons exploiter ces méthodes d’imagerie pour mieux comprendre et réduire le risque de démence, particulièrement chez les femmes », conclut le Professeur Drzezga.

Avec le projet IMAGESTRO, l’Hôpital universitaire de Cologne et le Centre de recherche de Jülich unissent la radiochimie de pointe et l’imagerie clinique pour approfondir la compréhension des influences hormonales sur le cerveau, marquant une avancée vers une médecine plus individualisée pour les maladies neurodégénératives.

Grâce à ce financement, l’Hôpital universitaire de Cologne et l’Université de Cologne rejoignent un réseau international d’institutions de recherche scientifique en santé de premier plan, le Wellcome Leap Health Breakthrough Network. Ce réseau vise à accélérer les processus de développement par la collaboration entre centres d’excellence et offrira également à d’autres groupes de recherche de Cologne un accès potentiel à des financements.

Contacts scientifiques :

Professeur Dr Alexander Drzezga, directeur de la clinique de médecine nucléaire de l’Hôpital universitaire de Cologne.

Professeur Dr Bernd Neumaier, directeur de l’Institut de radiochimie et d’imagerie moléculaire (IREMB) de l’Hôpital universitaire de Cologne.

Thèmes abordés :

  • Journalistes, étudiants, scientifiques
  • Médecine
  • Recherche régionale
  • Recherche/transfert de connaissances, projets de recherche

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.