L’or connaît un repli notable alors que les marchés privilégient désormais les actifs plus risqués, suite aux nouvelles encourageantes sur le front des négociations commerciales sino-américaines. Le seuil symbolique des 4 000 dollars reste un point d’observation crucial pour les investisseurs qui évaluent la tendance haussière à long terme du métal jaune. L’attention se tourne désormais vers les pourparlers commerciaux et les décisions des banques centrales attendues plus tard dans la semaine.
En milieu de matinée à Londres, le cours de l’or a chuté de plus de 1,7 %, frôlant les plus bas de la semaine précédente où une baisse de 3,5 % avait déjà été enregistrée. Cette correction hebdomadaire vient mettre fin à une série inédite de neuf semaines consécutives de gains. Un élément positif à souligner : le support des 4 000 dollars a tenu la semaine dernière, le métal terminant la séance de vendredi environ 100 dollars au-dessus de ce niveau clé. Ce fut le seul motif de satisfaction d’une semaine pourtant difficile pour le métal précieux.
Toutefois, le début de séance plus hésitant de ce jour suggère que la dynamique de vente pourrait s’essouffler, laissant entrevoir une possible remontée temporaire de l’or au-dessus des 4 000 dollars. Mais qu’en est-il de la perspective à plus long terme ? Peu de choses ont véritablement changé, les facteurs qui ont soutenu la remarquable ascension de l’or demeurent d’actualité.
Pourquoi l’or recule-t-il ?
Ce repli s’explique en partie par la poursuite des ventes initiées la semaine dernière, après que le métal a rompu sa série de neuf semaines de gains. Plus précisément, on observe une envolée des actifs à risque, atteignant des sommets inédits, ce qui a mécaniquement diminué l’attrait des valeurs refuges. Cette tendance fait suite aux avancées rapportées dans les négociations commerciales entre la Chine et les États-Unis, en prévision de la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping plus tard cette semaine. Cette réunion s’annonce cruciale, ponctuée par plusieurs annonces de banques centrales et les résultats des grands acteurs de la technologie.
Donald Trump s’est montré optimiste, déclarant aux journalistes : « Je me sens vraiment bien » à propos d’un accord avec la Chine. Ce dernier pourrait impliquer une reprise des achats de soja par la Chine et la levée des restrictions sur les terres rares, tandis que les États-Unis pourraient renoncer à leur menace de nouvelles taxes de 10 %. Cependant, les experts mettent en garde contre le fait que ces mesures pourraient s’avérer insuffisantes pour résoudre les enjeux majeurs liés à la sécurité nationale, aux subventions publiques et à la concurrence technologique. L’évolution de la situation reste à observer, mais pour l’heure, les marchés ont réagi positivement à ces signaux encourageants.
Ralentissement des achats d’or en Chine
Au-delà du sentiment général du marché, on note un ralentissement apparent des achats d’or par la Banque Populaire de Chine (PBoC) en fin de troisième trimestre. Les exportations nettes d’or de Hong Kong vers la Chine ont ainsi diminué de 17,6 % en septembre par rapport au mois précédent. Malgré ce net ralentissement, la Chine a tout de même importé 22 047 tonnes métriques de produits aurifères depuis Hong Kong.
Ces achats, bien que moins importants, confirment que la Chine continue d’accroître ses réserves. Les prix élevés du métal jaune pourraient être la raison de cette prudence dans les acquisitions. Si les traders peuvent y voir un signe de demande affaiblie, il convient de ne pas tirer de conclusions hâtives sur la base d’un seul mois de données. Les statistiques officielles de la PBoC concernant les achats nets sont attendues début novembre, offrant une vision plus claire.
Perspectives : Négociations commerciales et banques centrales
Outre les pourparlers sino-américains, la semaine sera marquée par plusieurs réunions de banques centrales. La semaine dernière, les anticipations d’un nouvel assouplissement monétaire ont augmenté, notamment de la part de la Banque d’Angleterre suite aux données décevantes sur l’inflation au Royaume-Uni. L’orientation de la Réserve Fédérale américaine (Fed) sera également déterminante, ayant déjà influencé la récente baisse de l’or. La décision de la Fed, attendue en milieu de semaine, est donc très attendue.
Le récent rebond du dollar a renchéri le coût de l’or pour les acheteurs internationaux. Si la devise américaine venait à s’affaiblir à nouveau, cet effet serait annulé. Concernant la demande de valeurs refuges, si l’apaisement des tensions commerciales a stimulé l’appétit pour le risque, les espoirs d’un cessez-le-feu dans le conflit russo-ukrainien ont été douchés.
Il est donc prématuré de conclure à la fin de la tendance haussière à long terme de l’or. De nombreux investisseurs, ayant manqué le rallye précédent, pourraient considérer cette baisse comme une opportunité d’achat. La semaine s’annonce dense, avec des réunions de banques centrales qui pourraient bien être éclipsées par l’impact des négociations commerciales sino-américaines sur les marchés. Néanmoins, une orientation plus accommodante de la part des banques centrales serait une bonne nouvelle pour l’or, à l’inverse d’une posture plus restrictive que prévue.
La tendance de l’or a-t-elle changé ?
Au plus bas, l’or a perdu environ 8 % la semaine dernière avant de réduire ses pertes pour clôturer au-dessus de 4 100 dollars. Cette baisse n’est pas particulièrement dramatique en pourcentage, compte tenu de l’ampleur de sa hausse au cours des dernières années. Dans une perspective plus large, cela ressemble davantage à un repli temporaire. Néanmoins, la forte correction nominale en début de semaine a indéniablement marqué les esprits.
Cette vague de ventes a été alimentée par la convergence de plusieurs facteurs : l’optimisme quant à la prolongation de la trêve commerciale sino-américaine (qui réduit la demande de valeurs refuges), un dollar américain plus fort et un regain général de l’appétit pour le risque. De plus, il est probable que les investisseurs, et peut-être même les banques centrales, aient réalisé des bénéfices sur leurs positions longues, tandis que les producteurs d’or auraient pu renforcer leurs couvertures pour sécuriser des prix exceptionnellement élevés pour leurs livraisons futures.
En tant que matière première, l’or est également influencé par la dynamique de l’offre, susceptible d’amplifier les mouvements lors de fluctuations de prix rapides sur de courtes périodes. Il en a résulté des ventes massives concentrées dans le temps, entraînant la liquidation de positions longues, qu’elle soit volontaire ou forcée.
La question cruciale est désormais de savoir si le pire de ces baisses est passé ou si d’autres reculs sont à prévoir. Tout dépendra de la capacité de l’or à se maintenir au-dessus du niveau essentiel de 4 000 dollars ; faute de quoi, une nouvelle vague de liquidations pourrait survenir.
Pour l’heure, ce niveau de support critique et la ligne de tendance haussière se maintiennent. Il reste à voir si les baissiers parviendront à imposer leur loi cette fois-ci, les prix testant à nouveau cette ligne de tendance au moment de la rédaction. S’ils parviennent à maintenir leur position, l’attention se portera alors sur une résistance proche de 4 200 dollars, une progression au-dessus de cette zone plus tard dans la semaine serait alors haussière.