Ottawa s’apprête à lancer une stratégie nationale inédite pour améliorer la santé des hommes et des garçons, une initiative saluée par les acteurs de la santé publique. Un vaste sondage sera mené auprès des Canadiens afin de recueillir leurs besoins et leurs préoccupations.
La ministre fédérale de la Santé, Marjorie Michel, a confirmé que ce sondage en ligne sera accessible au début mars et restera ouvert jusqu’au début juin. Cette annonce officielle marque une étape importante dans la reconnaissance des enjeux spécifiques liés à la santé masculine, longtemps négligés.
Selon un rapport publié l’été dernier par l’organisme Movember et des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique, près de 75 000 Canadiens sont décédés prématurément en 2023, et une part significative de ces décès aurait pu être évitée. Le rapport souligne également que de nombreux hommes tardent à consulter un médecin en cas de symptômes et que moins de la moitié d’entre eux se sentent réellement écoutés lors de leur première consultation.
Santé Canada collabore étroitement avec Movember Canada pour élaborer cette stratégie. Une étude de Movember estime que l’amélioration de la santé masculine pourrait générer des économies de 12,4 millions de dollars par an pour les contribuables canadiens, « et des milliards de dollars supplémentaires en gains de productivité ».
« Pour bâtir un Canada fort, nous avons besoin de la pleine participation de tous les membres de notre société. Aidez-nous à élaborer une stratégie qui améliore la santé, prévient les risques et renforce nos communautés – pour les hommes, les garçons et tous les Canadiens », a déclaré Mme Michel dans un communiqué.
Le Canada pourrait ainsi rejoindre un nombre limité de pays ayant mis en place une telle stratégie, notamment l’Afrique du Sud, la Malaisie, le Brésil et le Royaume-Uni. Un rapport britannique récent met en évidence le fait que les hommes y vivent en moyenne moins longtemps que les femmes et sont plus susceptibles de développer un cancer, des maladies cardiovasculaires ou un diabète de type 2. En 2024, trois hommes sur quatre qui se sont suicidés au Royaume-Uni étaient des hommes.
Ce rapport britannique souligne également que « la santé n’est pas un jeu à somme nulle et que l’amélioration de la santé et du bien-être des hommes et des femmes sont des objectifs complémentaires ».