Publié le 17 octobre 2025. Malgré des prévisions d’inflation plus clémentes pour 2026 qui suggèrent un assouplissement monétaire, les banques centrales pourraient se heurter à la persistance de l’inflation sous-jacente, freinant un retour à la normale des taux directeurs.
- La Réserve fédérale américaine (Fed) devrait opérer deux baisses de taux de 25 points de base d’ici fin 2025, avant de potentiellement marquer une pause début 2026.
- L’inflation sous-jacente, particulièrement tenace aux États-Unis et au Royaume-Uni, dépasse les 3 % et avoisine les 4 % respectivement, complexifiant la politique monétaire.
- L’impact des baisses de taux sur la croissance économique pourrait être limité par des incertitudes commerciales persistantes, le poids de la dette publique et une moindre sensibilité des secteurs clés aux variations des taux d’intérêt.
Les marchés financiers anticipent déjà avec une quasi-certitude que la Fed procédera à deux resserrements monétaires de 0,25 point de pourcentage lors de ses réunions d’octobre et décembre prochains. Ces baisses de taux, selon nos prévisions, se poursuivront jusqu’à ce que les fonds fédéraux atteignent une fourchette cible jugée neutre, située entre 3,00 % et 3,25 % d’ici juin 2026. Cependant, des préoccupations relatives aux pressions inflationnistes générées par les tarifs douaniers aux États-Unis pourraient conduire à une interruption de cet assouplissement monétaire plus tôt que prévu par les marchés, potentiellement au début de 2026, suivie d’un retour progressif vers des taux neutres.
Si la baisse des prix du pétrole devrait contribuer à modérer l’inflation générale des prix à la consommation, l’inflation sous-jacente demeure une source d’inquiétude dans la plupart des économies avancées. À l’exception notable de la zone euro, les taux d’inflation sous-jacente dépassent 3 % aux États-Unis et au Japon, et se rapprochent de 4 % au Royaume-Uni ces derniers mois. Cette persistance de l’inflation sous-jacente rend la lecture des données économiques plus complexe et pourrait limiter la marge de manœuvre des banques centrales.
Dans ce contexte, même si une amélioration des perspectives d’inflation permettait aux banques centrales de baisser leurs taux directeurs de manière significative, il convient de rester prudent quant à un optimisme excessif concernant l’impact sur la croissance économique. Plusieurs facteurs viennent tempérer les attentes. Premièrement, l’incertitude persistante autour des échanges commerciaux et d’autres enjeux géopolitiques devrait perdurer. Deuxièmement, la pentification attendue des courbes de rendement, due aux déficits budgétaires et à l’endettement public élevé, pourrait atténuer l’effet des baisses de taux sur le coût global du financement. Troisièmement, les secteurs traditionnellement les plus réactifs aux variations des taux d’intérêt, tels que l’industrie manufacturière et la construction, représentent désormais une part moins importante de l’activité économique globale dans les pays développés par rapport au passé.