Le marché de la toxicologie in vivo connaît une croissance soutenue, propulsé par les investissements croissants en recherche et développement pharmaceutique et l’essor des modèles animaux humanisés. Ces avancées devraient faire passer la valeur du marché de 5,0 milliards de dollars en 2020 à 6,6 milliards de dollars d’ici 2025, avec un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 5,5 %.
L’innovation au cœur de la toxicologie in vivo.
Plusieurs facteurs clés stimulent cette dynamique. L’intensification des activités de recherche et développement dans le secteur pharmaceutique est un moteur essentiel. Parallèlement, les avancées dans la conception de modèles animaux, notamment les modèles humanisés, ouvrent de nouvelles perspectives. Ces derniers, développés par greffe de cellules ou tissus humains, permettent d’observer l’expression de protéines humaines chez l’animal, offrant ainsi une meilleure compréhension des interactions médicamenteuses et des réponses physiologiques propres à l’homme. Les souris humanisées, par exemple, sont de plus en plus employées pour des recherches dans des domaines variés tels que le cancer, les maladies infectieuses (y compris le VIH/SIDA), la médecine régénérative ou encore l’hépatite. En mars 2019, le National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID) américain a d’ailleurs annoncé le financement de projets visant à caractériser et développer des modèles de souris du système immunitaire humanisé (HIS), soulignant l’importance croissante de ces outils.
La demande pour des modèles capables de refléter fidèlement les effets des médicaments chez l’humain, ainsi que l’intérêt pour l’étude des infections et des réponses immunitaires spécifiques à l’espèce humaine, continuent de façonner le développement et l’utilisation de ces modèles animaux sophistiqués.
Une segmentation par critères et par tests
Le marché de la toxicologie in vivo se divise selon plusieurs catégories. Concernant la nature de la toxicité étudiée, le marché est segmenté en immunotoxicité, toxicité systémique, cancérogénicité, génotoxicité, toxicité pour le développement et la reproduction (DART), ainsi que d’autres paramètres tels que la toxicité organique, celle des perturbateurs endocriniens, la toxicité juvénile, la phototoxicité, ou encore l’irritation cutanée et oculaire. En 2019, l’immunotoxicité représentait la plus grande part du marché, suivie de près par la toxicité systémique. La croissance soutenue du segment de l’immunotoxicité est alimentée par le développement croissant des produits biologiques et biosimilaires.
Du côté des types de tests, le marché comprend les essais aigus, subaigus, subchroniques et chroniques. Le segment des tests chroniques est appelé à dominer le marché, grâce à l’augmentation de la recherche sur les médicaments destinés aux thérapies de longue durée, comme les anticancéreux, les anticonvulsivants, les traitements contre l’arthrite et les antihypertenseurs. En 2019, les tests chroniques détenaient déjà la plus grande part du marché, devant les tests subchroniques.
L’externalisation, un choix stratégique
L’analyse des installations de test révèle une prédominance des services externalisés. Ce segment devrait continuer à croître, soutenu par les investissements croissants en R&D et les stratégies de réduction des coûts des entreprises pharmaceutiques, biopharmaceutiques et de dispositifs médicaux. Ces dernières tendent de plus en plus à externaliser leurs besoins en matière de toxicologie in vivo auprès d’organisations de recherche sous contrat (CRO).
Principaux acteurs et répartition géographique
Plusieurs acteurs majeurs se disputent ce marché en pleine expansion. Parmi eux, Charles River Laboratories, The Jackson Laboratory, Envigo, Taconic Biosciences, Inc., JANVIER LABS, Thermo Fisher Scientific, Danaher Corporation, Waters Corporation, Agilent Technologies, Shimadzu Corporation, Bruker Corporation, PerkinElmer, Merck KGaA, GE Healthcare, Bio-Rad Laboratories, genOway, Cyagen Biosciences, GVK BIO, PolyGene, Crown Biosciences, TransCure bioServices, Ozgene Pty Ltd. et Harbour BioMed.
Sur le plan géographique, l’Amérique du Nord domine le marché mondial de la toxicologie in vivo. Cette position s’explique par la présence de nombreux acteurs clés basés aux États-Unis, la vigueur de la recherche biomédicale dans le pays, ainsi que l’intensification des activités précliniques menées par les CRO et les entreprises pharmaceutiques de la région.