Publié le 16 février 2026, 21h21. Une nouvelle étude révèle que la grippe peut s’avérer particulièrement dangereuse pour les personnes souffrant de problèmes cardiaques, en déclenchant une réaction immunitaire paradoxale qui affaiblit le cœur.
- Plus de 85 % des personnes décédées de la grippe dans une étude récente souffraient déjà de maladies cardiovasculaires, notamment d’hypertension artérielle.
- Les chercheurs ont identifié un type de cellule immunitaire, la cellule dendritique de type 3, qui agit comme un « cheval de Troie » en transportant l’inflammation directement au cœur.
- Des expériences en laboratoire suggèrent qu’un nouveau traitement à base d’ARN modifié pourrait réduire les lésions cardiaques causées par la grippe.
La grippe est souvent perçue comme une simple affection hivernale, mais elle peut avoir des conséquences graves, voire mortelles, en particulier chez les personnes vulnérables. Une équipe de scientifiques de l’Icahn School of Medicine de New York a récemment mis en lumière un mécanisme inattendu par lequel le virus de la grippe peut endommager le cœur. Leur travail, publié dans la revue Immunity, ouvre de nouvelles perspectives sur la prévention et le traitement des complications cardiaques liées à la grippe.
L’étude s’est basée sur l’analyse des rapports d’autopsie de 35 personnes décédées de la grippe. Les résultats ont révélé une forte prévalence de maladies cardiovasculaires préexistantes chez les victimes. Plus de 85 % des patients décédés souffraient d’hypertension artérielle, et beaucoup présentaient également des signes d’athérosclérose (durcissement des artères) ou de fibrose cardiaque (cicatrices dans le muscle cardiaque). Ces données suggèrent que l’état de santé cardiaque joue un rôle déterminant dans la gravité de l’infection grippale.
Mais le mécanisme précis par lequel la grippe affecte le cœur restait un mystère jusqu’à présent. Les chercheurs ont découvert que lors d’une infection grippale, les cellules dendritiques de type 3 – un type spécifique de cellules immunitaires – sont infectées par le virus. Au lieu de combattre l’infection, ces cellules migrent vers le cœur et libèrent de grandes quantités d’interféron de type 1 (IFN-1), une protéine inflammatoire. Paradoxalement, cette protéine, censée aider à éliminer le virus, provoque la mort des cellules du muscle cardiaque, affaiblissant ainsi le cœur.
« Nous avons découvert que la cellule dendritique de type 3 agit comme un ‘cheval de Troie’ du système immunitaire lors d’une infection grippale »,
Jeffrey Downey, auteur de l’étude
Ces découvertes ouvrent la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques. L’équipe de recherche a montré, dans des expériences menées sur des souris, qu’un nouvel agent thérapeutique à base d’ARN modifié pouvait réduire l’étendue des lésions cardiaques et améliorer la fonction cardiaque. Bien qu’il n’existe actuellement aucune option clinique pour prévenir ces dommages chez l’homme, ces résultats sont encourageants et justifient des recherches supplémentaires.
Les scientifiques continuent d’étudier le rôle de la cellule dendritique de type 3 et de développer de nouveaux traitements pour protéger le cœur contre les effets néfastes de la grippe. Lien vers l’étude originale.