Publié le 2024-07-25 10:00:00. Une nouvelle étude de l’Université de Louisville Health met en lumière un signe d’alerte alarmant pour le cancer colorectal chez les jeunes adultes : le saignement rectal, associé à un risque 8,5 fois plus élevé de développer cette maladie. Ces conclusions soulèvent des questions cruciales sur les stratégies de dépistage actuelles, particulièrement chez les personnes n’ayant aucun antécédent familial.
Un symptôme clé sous-estimé
Les résultats de cette recherche, menée auprès de 443 patients de moins de 50 ans ayant subi une coloscopie entre 2021 et 2023, sont sans appel : près de la moitié d’entre eux ont été diagnostiqués avec un cancer colorectal à début précoce. Parmi les différents symptômes observés, le saignement rectal s’est imposé comme le prédicteur le plus significatif.
« Beaucoup de cancers colorectaux précoces que je rencontre n’ont pas d’antécédents familiaux », a déclaré Sandra Kavalukas, MD, FACS, chirurgienne colorectale à l’école de médecine de l’Université de Louisville et auteure principale de l’étude. « Cette recherche alimente le débat sur qui justifie une coloscopie : si vous avez une personne de moins de l’âge de dépistage qui présente des saignements rectaux, il faut sérieusement envisager une coloscopie. »
Sandra Kavalukas, chirurgienne colorectale
Constatations de l’étude : au-delà des prédispositions génétiques
L’étude a révélé plusieurs points importants :
- Approche axée sur les symptômes : 88 % des patients diagnostiqués plus tardivement avec un cancer colorectal précoce avaient consulté en raison de symptômes tels que des saignements, contre seulement 55 % de ceux sans cancer.
- Rôle limité de la génétique : Seuls 13 % des cas de cancer présentaient des altérations génétiques liées à des syndromes héréditaires, et les antécédents familiaux n’augmentaient que légèrement le risque.
- Facteurs liés au mode de vie : Les anciens fumeurs présentaient un risque presque doublé de développer un cancer colorectal précoce.
Dépistage : combler les lacunes
Les recommandations actuelles, notamment aux États-Unis, préconisent un dépistage colorectal systématique à partir de 45 ans pour les adultes considérés à risque moyen. Cependant, face à l’augmentation notable des cas chez les patients plus jeunes, les experts insistent sur le fait que des symptômes comme le saignement rectal ne doivent plus être ignorés.
« S’ils ont 35 ans et viennent pour des douleurs rectales, ils n’ont probablement pas besoin d’une coloscopie », a précisé le Dr Kavalukas. « Mais s’ils se présentent avec une plainte de saignement, ils sont 8,5 fois plus susceptibles d’avoir un cancer colorectal. »
Dr Sandra Kavalukas
L’objectif principal de cette étude, selon l’Université de Louisville Health, est d’aider les cliniciens à mieux identifier les jeunes adultes qui méritent une coloscopie diagnostique, même s’ils ne font pas partie des groupes d’âge traditionnellement ciblés par les programmes de dépistage.