Home Économie Semaine à venir – Les marchés pourraient se méfier de la fermeture des États-Unis et du manque de données américaines

Semaine à venir – Les marchés pourraient se méfier de la fermeture des États-Unis et du manque de données américaines

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La paralysie gouvernementale aux États-Unis atteint un point critique, propulsant le dollar à la hausse, tandis que le Japon et la France traversent des turbulences politiques, créant un climat d’aversion au risque sur les marchés mondiaux.

Alors que le dollar américain profite de l’incertitude politique persistante, la Réserve fédérale américaine (Fed) scrute attentivement les données économiques, potentiellement retardées par la fermeture du gouvernement, avant toute décision sur les taux d’intérêt. Parallèlement, le Japon et la France sont secoués par des développements politiques internes, ajoutant une couche de complexité aux perspectives économiques.

Les États-Unis sous tension, le dollar en position de force

La fermeture du gouvernement américain, entrée dans sa troisième semaine, suscite une inquiétude croissante quant à son impact sur l’économie. Bien que les marchés aient initialement réagi avec une certaine retenue, le blocage persistant entre démocrates et républicains souligne la gravité de la situation. Les tentatives de compromis au Sénat ont échoué, laissant planer le doute sur une résolution rapide.

La publication des données clés sur l’emploi, initialement prévues pour début octobre, est également compromise par cette paralysie. Le Bureau of Labor Statistics travaille à compiler ces informations, mais leur diffusion, potentiellement juste avant la réunion de la Fed du 29 octobre, pourrait compliquer l’analyse et la prise de décision. Une modification du calendrier de publication est probable, pouvant étirer les annonces jusqu’à la fin de l’année et potentiellement conduire à la publication de deux rapports sur les salaires non agricoles en un même mois civil.

Malgré les appels à une baisse des taux d’intérêt, le discours de la Fed reste nuancé depuis le 19 septembre, les membres de l’institution cherchant à brouiller les pistes pour rendre la décision d’octobre moins prévisible. Cependant, les marchés semblent déterminés à anticiper une nouvelle réduction des taux.

Dans ce contexte, le dollar américain a enregistré une semaine positive, se renforçant notamment face à l’euro et au yen. La persistance de la fermeture gouvernementale pourrait continuer à soutenir la monnaie américaine, à condition que le discours de la Fed reste équilibré et que la tendance haussière des marchés boursiers américains se maintienne. Une correction sur les places boursières pourrait d’ailleurs servir de catalyseur pour débloquer les négociations budgétaires.

Japon et France : l’instabilité politique s’invite

Au Japon, l’avenir politique semble s’assombrir malgré la récente victoire de Sanae Takaichi à la tête du Parti Libéral Démocrate (PLD). L’éclatement de la coalition avec le parti Komeito place Takaichi face à un dilemme : chercher de nouveaux soutiens ou démissionner. Les principaux partis d’opposition ont proposé Tamaki comme candidat contre Takaichi, une proposition cependant rejetée par le chef du parti Démocrate Constitutionnel (PDC). L’hypothèse d’une coalition PLD-PDC, ne disposant pas de la majorité, est également écartée.

Malgré une réaction initialement positive des marchés aux bouleversements politiques, les perspectives pour le Japon se sont assombries. Le ministère des Finances, en collaboration avec la Banque du Japon (BoJ), surveillera de près la dépréciation du yen. Une hausse des taux de la BoJ en octobre semble peu probable, mais le mois de décembre reste une échéance potentiellement « active ».

En France, les développements politiques récents viennent perturber le calme relatif de la zone euro. La nomination d’un nouveau Premier ministre s’annonce délicate, le Front Populaire et le Rassemblement National détenant les clés de l’Assemblée nationale. L’échéance budgétaire de 2026 est repoussée à la mi-décembre, et la hausse des rendements des obligations souveraines françaises souligne le besoin d’une solution politique crédible.

Face à cette impasse, de nouvelles élections législatives, où les deux blocs précités resteraient dominants, semblent peu probables. Le président Macron pourrait ainsi envisager des élections présidentielles anticipées, un scénario qui pourrait cependant se concrétiser à plus long terme, potentiellement en 2026.

Chine : en quête de relance, l’Europe sous pression

La Chine, sortie de la Golden Week, se prépare à un retour aux affaires avec des données clés attendues sur la balance commerciale et l’inflation de septembre. Le pays lutte toujours contre la déflation, malgré les mesures de soutien mises en place. Le quatrième plénum du 20e Comité central du Parti communiste, prévu du 20 au 23 octobre, pourrait annoncer de nouvelles actions de relance.

La Banque Mondiale a relevé ses prévisions de PIB pour 2025 et 2026, citant une consommation soutenue, des exportations résilientes et des politiques de soutien. Les Perspectives de l’économie mondiale (PEM) d’octobre 2025 devraient confirmer cette tendance. Par ailleurs, les échanges entre la Chine et les États-Unis reprendront, même si un accord global reste hors de portée, laissant présager des titres liés au commerce dans les jours à venir.

Au Royaume-Uni, l’attention se portera sur les données de l’emploi la semaine prochaine, alors que le marché anticipe une absence de changement de taux par la Banque d’Angleterre (BoE) début novembre. Après une solide performance au deuxième trimestre, la dynamique économique semble s’être essoufflée au troisième trimestre. Une détérioration des chiffres de l’emploi pourrait confirmer cette tendance, tandis que des hausses d’impôts à venir dans le cadre du budget de fin novembre pourraient contraindre la BoE à adopter une politique plus accommodante, pesant sur la livre sterling.

Devises liées aux matières premières : des fortunes contrastées

Si le dollar canadien a connu une légère reprise suite à la réunion sur les tarifs douaniers avec les États-Unis, le dollar australien, lui, reste stable. La Banque de réserve d’Australie (RBA) maintient sa position, attendant les données sur l’emploi pour affiner sa stratégie. Une lecture favorable de ces données pourrait soutenir l’aussie, surtout si le dollar américain s’affaiblit à la suite d’une éventuelle réouverture du gouvernement américain.

Le dollar néo-zélandais, quant à lui, a sous-performé face au dollar américain suite à une baisse surprise des taux de la RBNZ de 50 points de base.

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