Publié le 2024-02-29 10:00:00. La myopie, qui atteint des niveaux préoccupants à travers le monde, pourrait être davantage liée à un manque de lumière atteignant la rétine qu’à l’utilisation intensive des écrans, selon une nouvelle étude de l’Université d’État de New York (SUNY).
- Une étude récente suggère que la myopie est liée à la quantité de lumière atteignant la rétine lors d’un travail de près, en particulier en intérieur.
- Les écrans pourraient ne pas être la cause principale de la myopie, mais plutôt un facteur associé à un environnement visuel peu lumineux.
- Cette nouvelle hypothèse pourrait ouvrir la voie à de nouvelles stratégies de prévention et de traitement de la myopie.
La myopie, une affection visuelle de plus en plus répandue, touche près de 50 % des jeunes adultes en Europe et aux États-Unis. Si l’on savait déjà que la génétique joue un rôle, l’augmentation rapide de son incidence ces dernières générations suggère l’importance de facteurs environnementaux. José Manuel Alonso, chercheur à l’Université d’État de New York (SUNY) et principal auteur d’une étude publiée dans Cell Reports, souligne que « nous ne comprenons toujours pas vraiment pourquoi » la myopie progresse à ce rythme.
Pendant des années, l’augmentation du temps passé devant les écrans, notamment chez les enfants et les jeunes, a été pointée du doigt. Cependant, la nouvelle recherche propose une piste différente. Selon Alonso, « un facteur sous-jacent commun pourrait être la quantité de lumière atteignant la rétine lors d’un travail prolongé à proximité, en particulier à l’intérieur ». Il ne s’agit pas d’une conclusion définitive, mais d’une « hypothèse testable qui repense la façon dont les habitudes visuelles, l’éclairage et la focalisation des yeux interagissent ».
Cette hypothèse s’appuie sur une base physiologique solide et permet de mieux comprendre pourquoi divers facteurs, tels que le travail de près, un éclairage intérieur faible, mais aussi des traitements comme les gouttes d’atropine, les lentilles multifocales et le temps passé à l’extérieur, semblent influencer la progression de la myopie. Si cette théorie est confirmée, elle pourrait représenter un véritable « changement de paradigme dans notre compréhension de la progression et du contrôle de la myopie », selon le centre universitaire.
Le mécanisme proposé repose sur le comportement de la pupille. Sous une lumière vive, la pupille se contracte pour protéger l’œil tout en laissant passer suffisamment de lumière vers la rétine. En revanche, lorsque l’on se concentre sur des objets proches à l’intérieur, comme un téléphone, une tablette ou un livre, la pupille peut également se contracter, non pas en raison de la luminosité, mais pour faciliter la mise au point. Urusha Maharjan, co-auteure de l’étude, explique que « dans des conditions de faible luminosité, cette combinaison peut réduire considérablement l’éclairage de la rétine ». La myopie se développerait alors lorsque ce manque d’éclairage de la rétine ne génère pas une activité rétinienne suffisante.
En d’autres termes, la myopie ne se développerait pas lorsque l’œil est exposé à une lumière vive et que la contraction de la pupille est régulée par la luminosité de l’image plutôt que par la distance de visualisation.