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Sœur Scolastica a quitté le monastère de Wonnenstein – pour toujours – kath.ch

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Une religieuse de 81 ans a quitté, non sans lutte, le monastère où elle résidait seule depuis des années. Cette décision fait suite à une directive ecclésiastique et à une intervention chirurgicale prochaine qui la contraint à un exil forcé.

Après plus de trois années de résistance acharnée, Sœur Scolastica Schwizer, 81 ans, a dû se résoudre à quitter le monastère de Wonnenstein. La religieuse capucine, dernière occupante de ce lieu historique, avait refusé de rejoindre une autre communauté, engendrant ainsi un conflit prolongé avec les autorités ecclésiastiques. Vendredi dernier, elle a quitté les lieux qu’elle avait habités pendant 61 ans pour un centre de transition cantonal à Appenzell. Cette décision, apparemment finale, respecte une injonction de l’Église, bien que la méthode employée pour parvenir à ce résultat ait été âprement contestée.

Le départ de Sœur Scolastica est directement lié à une opération chirurgicale qu’elle doit subir début novembre. Une période de convalescence, potentiellement longue et nécessitant une seconde intervention, l’oblige à un environnement adapté, selon les informations communiquées par le groupe d’intérêt « Le monastère de Wonnenstein appartient aux femmes ». Ce collectif de soutien, actif dans la défense de la religieuse, a regretté que « jusqu’à la dernière minute », Sœur Scolastica se soit battue pour rester sur place, mais a concédé que « le pouvoir de l’évêque, du supérieur et aussi de l’association Bodaner » était trop imposant.

L’évêque de Saint-Gall, Beat Grögli, a pris position à plusieurs reprises dans ce dossier. Dans un courrier daté du 20 octobre et lors d’échanges antérieurs, il avait fermement demandé à Sœur Scolastica de quitter le monastère, n’excluant pas une exclusion de l’ordre religieux en cas de désobéissance. Il a justifié sa position en arguant que la vie religieuse implique une communauté, une notion qui ne correspond plus à la situation de Sœur Scolastica, résidant seule à Wonnenstein. « Il ne s’agit plus d’une communauté religieuse », a-t-il déclaré au « St. Galler Tagblatt » le 29 octobre 2025.

La situation s’est cristallisée après que Sœur Scolastica a ignoré une requête du Vatican de quitter le monastère avant fin septembre. L’évêque Grögli, de concert avec la supérieure de la Fédération des Capucins Suisses de Sainte-Claire, Sœur Maria Angelika Scheiber, ont alors décidé d’agir. Après une dernière conversation destinée à la notifier de son départ, la décision a été actée. L’évêque s’est dit « très heureux » du départ de la religieuse, tout en précisant que ce n’était pas le souhait des instances ecclésiastiques d’en arriver à une procédure d’exclusion.

L’avenir de Sœur Scolastica reste incertain après sa convalescence. Le centre de santé cantonal d’Appenzell n’est qu’une solution temporaire. Elle devra trouver un nouveau lieu de résidence, potentiellement au sein d’un autre monastère capucin ou d’une autre communauté religieuse, avec l’aide de sa supérieure. « La Fédération serait heureuse d’accompagner Sœur Scolastica dans ce processus, si elle se laisse accompagner », a conclu Mgr Grögli. Pour l’heure, la religieuse doit accepter qu’elle « ne peut plus retourner au monastère de Wonnenstein », comme l’a indiqué Sepp Moser, un représentant du groupe de soutien.

Samedi soir, Sœur Scolastica a fait ses adieux à ses amis lors du service dominical dans l’église du monastère, marquant la fin d’une époque.

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