Publié le 25 février 2026 à 21h08. Une étude révèle que les séries télévisées présentent souvent des techniques de réanimation cardio-pulmonaire (RCP) obsolètes, ce qui pourrait induire en erreur le public et retarder des interventions vitales.
Les représentations de la RCP dans les fictions télévisées sont fréquemment inexactes et peuvent nuire à la capacité du public à réagir efficacement en cas d’arrêt cardiaque, selon une recherche menée par l’université de Pittsburgh. L’étude, publiée le 12 janvier 2026 dans la revue Circulation : Population Health and Outcomes, souligne un décalage important entre les pratiques montrées à l’écran et les recommandations actuelles.
L’équipe de chercheurs a analysé 169 épisodes de séries américaines diffusées depuis 2008, se concentrant sur les scènes où des passants effectuaient une RCP. Ils ont constaté que moins de 30 % des épisodes illustraient correctement les étapes de la RCP par compression seule, une méthode privilégiée par l’American Heart Association (AHA) depuis 2008. Cette technique, plus simple et rapide, consiste à effectuer des compressions thoraciques continues sans insufflation respiratoire.
L’analyse a révélé que près de la moitié des épisodes (48 %) montraient encore la méthode dépassée de réanimation bouche-à-bouche, tandis que 43 % incluaient des vérifications du pouls, une pratique abandonnée dans les protocoles de RCP pour les non-professionnels de la santé.
Selon Ore Fawole, chercheur principal et récent diplômé de l’université de Pittsburgh, ces inexactitudes peuvent fausser la perception du public.
« Si les téléspectateurs pensent que les arrêts cardiaques ne surviennent qu’en public ou chez les jeunes, ils ne verront peut-être pas la formation en RCP comme pertinente dans leur propre vie. »
L’étude met également en évidence un décalage entre l’âge des victimes de RCP à la télévision et la réalité. Si 44 % des personnages recevant une RCP dans les séries télévisées ont entre 21 et 40 ans, l’âge moyen des personnes victimes d’un arrêt cardiaque est de 62 ans. De plus, 80 % des scènes de RCP se déroulent dans des lieux publics, alors que 80 % des arrêts cardiaques surviennent en réalité au domicile de la victime.
Beth L. Hoffman, assistante professeure de santé comportementale et communautaire à Pitt Public Health, explique que cette confusion est souvent observée lors de ses formations à la RCP auprès des jeunes de Pittsburgh.
« Nous demandons aux étudiants, ‘Quelle est la première chose à faire ?’ et ils répondent, ‘Vérifier le pouls’. Mais nous ne le faisons plus dans la RCP pour les passants. »
Les chercheurs soulignent l’importance d’une formation adéquate à la RCP, en rappelant que les deux étapes essentielles sont d’appeler le 911 et de commencer immédiatement les compressions thoraciques. Pour en savoir plus sur la RCP, vous pouvez consulter ce site.
L’université de Pittsburgh s’engage en faveur de la conduite responsable de la recherche, en mettant l’accent sur l’éthique et l’intégrité scientifique. Plus d’informations sur cet engagement sont disponibles ici.