La Premier League anglaise est de plus en plus dominée par des entraîneurs étrangers, une tendance qui contraste fortement avec le passé et soulève des questions sur l’avenir des techniciens britanniques et irlandais. Alors que le succès d’Eddie Howe à Newcastle et de Keith Andrews à Brentford offre des raisons d’espérer, le manque général d’opportunités pour les managers locaux est préoccupant.
Actuellement, seulement six entraîneurs britanniques dirigent de manière permanente un club de Premier League, un nombre bien inférieur à celui que l’on observe dans les autres grands championnats européens. Michael Carrick, à Manchester United, assure l’intérim jusqu’à la fin de la saison. Le cas d’Eddie Howe à Newcastle est particulièrement encourageant : il démontre qu’avec le temps et les moyens nécessaires, les entraîneurs britanniques peuvent exceller au plus haut niveau. Certains voient déjà en lui un potentiel successeur pour le poste de sélectionneur de l’équipe d’Angleterre.
Non loin de Stamford Bridge, Keith Andrews, à Brentford, confirme également sa valeur. Sa nomination n’avait pas été unanimement saluée l’été dernier, mais ses résultats cette saison sont indéniables. Ces succès sont cruciaux pour inspirer la nouvelle génération d’entraîneurs britanniques et irlandais, qui ont besoin de modèles à suivre.
Le contexte actuel rend la tâche plus difficile. La Premier League, devenue un championnat mondial, est plus compétitive que jamais. « Il est absolument nécessaire que nos jeunes entraîneurs, qu’ils soient britanniques ou irlandais, puissent s’identifier à des managers locaux qui réussissent au plus haut niveau, afin d’avoir des mentors vers lesquels ils peuvent aspirer et, espérons-le, dépasser », souligne un observateur du football anglais.
Dans les années 1980 et 1990, le paysage était très différent. Des légendes comme Bob Paisley, Brian Clough, Alex Ferguson, Bobby Robson, Howard Kendall, Howard Wilkinson et George Graham dirigeaient les clubs anglais. Des entraîneurs de talent comme Don Howe et Dave Sexton étaient également présents. Des managers comme Bobby Gould (Wimbledon), John Sillett (Coventry) et Lawrie McMenemy (Southampton) ont réalisé des exploits en remportant la FA Cup avec des clubs considérés comme outsiders.
Parallèlement, Martin O’Neill, Alan Curbishley et Peter Reid se faisaient un nom, tandis que John Toshack, Bobby Robson et Terry Venables connaissaient des succès à l’étranger. Le point commun de tous ces entraîneurs, malgré leurs personnalités et approches différentes, était qu’ils avaient reçu une chance de prouver leur valeur. Une opportunité qui se fait de plus en plus rare pour les techniciens britanniques et irlandais aujourd’hui.