Publié le 7 février 2026 à 11h15. Un astéroïde de la taille d’un immeuble pourrait entrer en collision avec la Lune en décembre 2032, un événement qui, au-delà du spectacle céleste, soulève des inquiétudes quant à la sécurité des infrastructures spatiales terrestres.
- La probabilité d’impact de l’astéroïde 2024 YR4 sur la Lune est estimée à 4,3 %.
- La collision pourrait générer une pluie de débris spatiaux menaçant les satellites en orbite terrestre.
- Les scientifiques considèrent cet événement comme une opportunité unique d’étudier les impacts et la géologie lunaire.
Des chercheurs de l’Université de Californie à Santa Cruz ont calculé que l’astéroïde 2024 YR4, d’environ 60 mètres de diamètre, a une probabilité de 4,3 % de percuter la Lune le 22 décembre 2032, près du cratère Tycho. L’énergie libérée lors de l’impact serait comparable à la détonation de 6,5 millions de tonnes de dynamite, selon les simulations menées en collaboration avec l’Université Western Ontario.
Un tel événement provoquerait la formation d’un nouveau cratère d’environ un kilomètre de diamètre et 150 mètres de profondeur, un phénomène géologique rare qui ne se produit qu’environ tous les 5 000 ans. L’impact générerait également un flash lumineux visible à l’œil nu depuis la Terre, comparable à une étoile brillante dans le ciel nocturne, et une lueur infrarouge persistante due à la roche en fusion atteignant des températures proches de 2 000 degrés Kelvin. Les ondes sismiques résultantes pourraient atteindre une magnitude de 5,0, secouant la Lune d’une manière sans précédent.
Mais les conséquences ne se limiteraient pas à la Lune. Jusqu’à 100 millions de kilogrammes de débris lunaires pourraient être éjectés dans l’espace. Une partie de ces débris pourrait atteindre la Terre entre deux et huit jours après l’impact, créant une « tempête de météores » potentiellement dangereuse pour les satellites. Selon Brent Barbee, ingénieur aérospatial à la NASA, cette tempête pourrait atteindre 100 000 fragments par heure. Il existe même une probabilité de 1 % que l’impact éjecte au moins 10 % de la matière sur une trajectoire directe vers la Terre.
Ce flux accru de particules, dont la taille varierait de 0,1 à 10 millimètres, pourrait être 10 à 1 000 fois supérieur au flux météoroïde de fond habituel, exposant les constellations de satellites – dont la surface combinée devrait atteindre environ 10 millions de mètres carrés d’ici 2032 – à des milliers, voire des dizaines de milliers, d’impacts. Bien que ces impacts ne soient pas nécessairement fatals pour toutes les missions, ils représentent un risque significatif.
En outre, jusqu’à 400 kilogrammes de météorites lunaires pourraient retomber sur Terre, touchant des régions d’Amérique du Sud, d’Afrique du Nord et de la péninsule arabique. Certaines de ces roches pourraient même se retrouver piégées en orbite terrestre, devenant des mini-astéroïdes potentiellement observables pendant des décennies.
Pour les astronomes et les géologues, l’astéroïde 2024 YR4 représente une « opportunité scientifique unique » d’étudier les mécanismes d’impact et la géologie lunaire sans avoir recours à des missions coûteuses. Les simulations de l’Université de Californie ont analysé 10 000 trajectoires possibles et leurs conséquences. Paul Wiegert, de l’Université Western Ontario, souligne que « les considérations de défense planétaire devraient être étendues à l’espace cislunaire », et pas seulement à l’espace proche de la Terre, incluant la protection des infrastructures spatiales et potentiellement des sites historiques sur la Lune.