Home Santé Un médicament amaigrissant réduit la consommation d’alcool chez les rats et les souris

Un médicament amaigrissant réduit la consommation d’alcool chez les rats et les souris

0 comments 77 views

Publié le 2024-11-15 14:35:00. Un médicament antidiabétique, le tirzépatide (présent dans le Mounjaro), pourrait ouvrir de nouvelles perspectives dans la lutte contre la dépendance à l’alcool en réduisant à la fois la consommation et le risque de rechute, selon une étude menée par des chercheurs suédois.

  • Le tirzépatide diminue significativement la consommation volontaire d’alcool chez les rats et les souris, ainsi que les comportements liés à la rechute.
  • Ce médicament agit sur le système de récompense du cerveau, notamment en atténuant l’impact de l’alcool sur la dopamine.
  • Cette découverte pourrait conduire à de nouveaux traitements pour l’alcoolodépendance, une maladie chronique pour laquelle les options thérapeutiques actuelles restent limitées.

Des chercheurs de l’Université de Göteborg ont déjà mis en évidence les effets bénéfiques du sémaglutide, un autre médicament utilisé pour traiter le diabète et l’obésité (Ozempic et Wegovy), sur la réduction de la consommation d’alcool chez les rongeurs. Ils ont ensuite exploré le potentiel du tirzépatide et du médicament Mounjaro qui en contient.

Le tirzépatide se distingue par son double mécanisme d’action sur les récepteurs des hormones de satiété GIP et GLP-1. Disponible en Suède depuis l’automne 2024 pour le traitement du diabète de type 2, il est rapidement devenu le médicament le plus vendu du pays, en grande partie grâce à ses effets sur la perte de poids. Son utilisation clinique déjà bien établie et son profil de sécurité connu facilitent la réalisation d’études complémentaires sur la dépendance à l’alcool.

Les expériences menées sur des rats et des souris ont révélé une réduction de plus de 50 % de la consommation volontaire d’alcool chez les animaux traités au tirzépatide. De plus, le risque de rechute a été considérablement diminué : après une période d’abstinence, les animaux n’ont pas augmenté leur consommation d’alcool, mais au contraire, celle-ci a continué de baisser par rapport à leur consommation initiale.

« Nous avons constaté des réductions nettes et importantes de la consommation d’alcool à long terme, de la consommation excessive et de la consommation de rechute, chez les deux sexes. Ce qui rend cette étude particulièrement intéressante, c’est que nous avons également acquis de nouvelles connaissances sur la façon dont ce type de médicament peut affecter le système de récompense du cerveau. »

Christian Edvardsson, doctorant en pharmacologie à la Sahlgrenska akademin de l’Université de Göteborg

Atténuation des effets de l’alcool

L’étude a démontré que le tirzépatide atténue l’impact de l’alcool sur la dopamine, un neurotransmetteur essentiel au système de récompense du cerveau, qui contribue à rendre l’alcool agréable et addictif.

Cet effet semble être médiatisé, au moins en partie, par une zone du cerveau impliquée dans la motivation, la récompense et la rechute, tant chez les animaux que chez les humains : le septum latéral. Ces résultats offrent une explication possible aux observations précédentes concernant la capacité de médicaments similaires à réduire l’apport et l’envie d’alcool.

Dans le septum latéral, les chercheurs ont notamment observé des modifications de protéines liées aux histones, qui influencent l’expression des gènes. Des changements dans ces protéines ont déjà été associés à la consommation de drogues et aux troubles liés à la dépendance.

Il est important de souligner que l’étude ne démontre pas que ces modifications soient directement responsables de la réduction de la consommation d’alcool. Les résultats suggèrent plutôt qu’elles pourraient faire partie des mécanismes biologiques influencés par le tirzépatide.

De futures options thérapeutiques

Cette recherche, menée par des scientifiques de l’Université de Göteborg en collaboration avec des collègues de la Medical University of South Carolina aux États-Unis, s’appuie sur une combinaison de tests d’ingestion et de comportement, de mesures de neurotransmetteurs dans le cerveau et d’analyses moléculaires.

« Ce n’est pas encore un nouveau traitement pour l’alcoolodépendance. Mais les résultats renforcent l’idée que les médicaments qui agissent sur ces systèmes cérébraux pourraient être pertinents à étudier plus en détail afin de trouver de nouvelles options thérapeutiques. »

Elisabet Jerlhag, professeure de pharmacologie à la Sahlgrenska akademin de l’Université de Göteborg

Des besoins accrus en matière de traitement de l’alcoolodépendance

L’alcoolodépendance est une maladie chronique du cerveau qui modifie le système de récompense. Cela entraîne une envie persistante d’alcool, même lorsque la personne souhaite arrêter, et un risque élevé de rechute.

Cette maladie affecte la santé physique et mentale et est associée à un risque accru de maladies du foie, de maladies cardiovasculaires, de dépression et d’anxiété. Elle entraîne également des coûts sociaux et économiques importants.

Les médicaments actuellement disponibles fonctionnent plus ou moins bien selon les individus et leur efficacité est souvent modérée. C’est pourquoi il est nécessaire de développer davantage d’options thérapeutiques avec différents mécanismes d’action, afin de mieux adapter le traitement à chaque patient.

Article scientifique :

Tirzepatide reduces alcohol drinking and relapse-like behaviours in rodents, eBioMedicine.

Tags:

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.