Publié le 2024-02-29 14:35:00. Des chercheurs de Stanford Medicine ont mis au point un vaccin expérimental administré par voie nasale qui pourrait offrir une protection à large spectre contre les infections respiratoires, des virus courants comme la grippe et le rhume aux menaces plus graves comme le Covid-19 et la pneumonie bactérienne.
- Le vaccin, appelé GLA-3M-052-LS+OVA, a démontré une protection de plusieurs mois chez les souris contre divers virus respiratoires, des bactéries responsables de septicémies et même les acariens.
- Selon son principal concepteur, le Dr Bali Pulendran, ce spray nasal pourrait potentiellement remplacer les vaccinations annuelles contre les maladies respiratoires.
- D’autres scientifiques restent prudents, soulignant la complexité de développer un vaccin universel et les risques potentiels liés à une stimulation immunitaire excessive.
Une équipe de l’Institut pour l’immunité, la transplantation et l’infection de Stanford Medicine en Californie a annoncé le développement et les premiers tests d’un nouveau vaccin prometteur. Administré par une simple goutte dans le nez, le vaccin GLA-3M-052-LS+OVA a démontré une efficacité remarquable chez les souris, les protégeant pendant plusieurs mois contre un large éventail d’agents pathogènes respiratoires.
Les résultats, publiés dans la revue scientifique Science, suggèrent que cette formule pourrait offrir une protection contre divers virus respiratoires, notamment le Covid-19, la grippe et le virus respiratoire syncytial (VRS), ainsi que contre les bactéries responsables de pneumonies et même les allergies.
« Imaginez recevoir un spray nasal pendant les mois d’automne qui vous protège contre tous les virus respiratoires, y compris le Covid-19, la grippe, le VRS et le rhume, ainsi que contre la pneumonie bactérienne et les allergies au début du printemps. Cela changerait radicalement la pratique médicale. »
Dr Bali Pulendran, auteur principal de l’étude
Le Dr Pulendran estime que deux doses de ce spray nasal pourraient suffire à offrir une protection adéquate. Il prévoit que le vaccin pourrait être disponible dans cinq à sept ans, sous réserve de financements suffisants.
Cependant, l’enthousiasme est tempéré par la prudence de certains experts. Le professeur Ian Jones, virologue à l’Université de Reading, a déclaré à The Independent qu’un véritable vaccin universel reste un objectif lointain. Il met en garde contre les risques de sécurité liés à la diversité de la population humaine et souligne que les vaccinations saisonnières actuelles pourraient rester la norme pendant un certain temps.
Le professeur Jonathan Ball, virologue à la Liverpool School of Tropical Medicine, partage ce point de vue, soulignant la nécessité d’éviter une stimulation immunitaire excessive qui pourrait entraîner des effets secondaires indésirables. Il estime que des « pas majeurs » restent à franchir avant de parvenir à un vaccin véritablement universel.
« Nous devons veiller à ce que le fait de maintenir le corps en état d’alerte maximale ne conduise pas à des tirs amis, dans lesquels un système immunitaire hyperactif provoque par inadvertance des effets secondaires indésirables. »
Professeur Jonathan Ball, virologue à la Liverpool School of Tropical Medicine