Publié le 16 février 2026. Une étude internationale confirme que la préservation et la restauration des forêts dans leur environnement naturel sont les stratégies les plus efficaces pour réguler le climat et protéger les populations face aux changements climatiques.
- Les forêts naturelles sont plus efficaces pour réguler le climat que les plantations, en particulier pour l’adaptation des populations et de la biodiversité.
- L’étude souligne l’importance de tenir compte du contexte local lors des efforts de reforestation, car les impacts peuvent varier considérablement.
- Au-delà du stockage du carbone, les forêts jouent un rôle crucial dans le cycle de l’eau et la réduction des risques d’inondation.
La valeur des forêts naturelles dans la lutte contre le changement climatique et l’adaptation à ses effets est de plus en plus reconnue par la communauté scientifique. Une nouvelle analyse, menée par des chercheurs de l’Université des sciences et technologies King Abdullah (KAUST) en Arabie saoudite, et s’appuyant sur les travaux de plus de 20 organisations, apporte un éclairage unificateur sur les bénéfices que les forêts apportent aux populations et aux écosystèmes.
L’étude révèle que les forêts, en équilibrant les effets de refroidissement liés au stockage du carbone et le réchauffement dû à la modification de l’albédo, ont généralement un impact globalement positif sur la température dans les zones où elles se développeraient naturellement. Cependant, les effets sur le climat local sont particulièrement importants pour le bien-être et les moyens de subsistance des communautés rurales, notamment face aux événements climatiques extrêmes. Les forêts atténuent les températures extrêmes, apportant un réchauffement dans les régions froides et un refroidissement dans les régions chaudes, des phénomènes cruciaux pour les populations et la biodiversité.
« La protection et la restauration des écosystèmes naturels ne se limitent pas à la question du carbone. Il s’agit de préserver les systèmes vivants et de fournir une adaptation climatique pour protéger des milliards de personnes à travers le monde. »
Thomas W. Crowther, auteur principal de l’étude
La recherche permet également de contextualiser les débats autour du rôle des forêts dans le climat. Certaines études ont mis en évidence un potentiel d’augmentation des températures locales dans des conditions spécifiques, suscitant des inquiétudes quant aux effets indésirables des efforts de conservation et de restauration. L’analyse actuelle montre que ces résultats sont fortement dépendants du contexte. L’introduction de forêts dans des environnements où elles ne seraient pas naturellement présentes peut entraîner des impacts sur la température et les systèmes hydriques plus difficiles à prévoir.
Les forêts jouent également un rôle essentiel dans le cycle mondial de l’eau. Elles interceptent les précipitations, améliorent l’infiltration et réduisent les débits de pointe, contribuant ainsi à limiter les risques d’inondation. Toutefois, dans certains climats secs, où l’humidité est un facteur limitant, elles peuvent réduire la disponibilité de l’eau en aval.
Les conclusions de cette étude soulignent la nécessité de s’appuyer sur des données scientifiques régionales pour guider les décisions en matière d’utilisation des terres et de restauration, afin de garantir l’efficacité, la pertinence et la durabilité des solutions fondées sur la nature.