Home Santé Une évaluation rétrospective sur cinq ans des résultats périnatals chez les femmes enceintes réfugiées syriennes et citoyennes turques et leurs nouveau-nés dans un hôpital tertiaire | BMC Grossesse et accouchement

Une évaluation rétrospective sur cinq ans des résultats périnatals chez les femmes enceintes réfugiées syriennes et citoyennes turques et leurs nouveau-nés dans un hôpital tertiaire | BMC Grossesse et accouchement

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Publié le 7 novembre 2025, 15:27:00. Une étude comparative révèle des différences notables dans le suivi de grossesse et les issues néonatales entre les femmes turques et syriennes, mettant en lumière des disparités qui nécessitent une attention particulière des autorités sanitaires.

  • Les femmes syriennes donnent naissance plus tardivement dans leur grossesse, avec un taux d’accouchement par voie basse plus élevé et un recours moindre à la césarienne comparativement aux femmes turques.
  • L’hospitalisation des nouveau-nés en soins intensifs de niveau 2 est plus fréquente chez les nourrissons nés de mères syriennes.
  • Les indications de césarienne restent similaires entre les deux groupes étudiés.

Les résultats d’une récente étude analysant le parcours de grossesse, les aspects obstétricaux et les issues néonatales chez les femmes ressortissantes turques et syriennes mettent en évidence des différences significatives. Les femmes syriennes ont tendance à accoucher à un stade gestationnel plus avancé, privilégiant l’accouchement par voie basse et recourant moins souvent à la césarienne que leurs homologues turques. En parallèle, les nouveau-nés issus de mères syriennes présentent un taux d’hospitalisation plus élevé en unité néonatale de niveau 2.

Ces observations s’inscrivent dans un contexte plus large où la littérature scientifique souligne un risque accru de complications obstétricales et néonatales chez les populations migrantes et réfugiées. Une méta-analyse récente a notamment mis en évidence une incidence plus élevée de mortinatalité, de faibles scores APGAR et de mortalité néonatale chez les femmes réfugiées par rapport aux populations non réfugiées. Les disparités observées dans l’accès aux soins prénatals, le statut socio-économique et les services de santé pourraient expliquer ces différences. Les barrières linguistiques, en particulier, sont pointées du doigt comme un facteur aggravant, rendant la communication plus difficile et potentiellement liée à une mortalité maternelle accrue.

Entre avril 2011 et septembre 2016, près de 177 568 naissances ont été enregistrées parmi les réfugiés syriens en Turquie, représentant environ 3 % de l’ensemble des naissances sur cette période. Dans la province de Giresun, l’étude a dénombré 1,5 % de naissances de réfugiées syriennes sur cinq ans. Ce taux, inférieur à la moyenne nationale, pourrait être attribué aux opportunités d’emploi restreintes et à la situation géographique de la région. La faible représentation des femmes syriennes dans l’échantillon étudié limite toutefois la généralisation des conclusions, appelant à des recherches plus approfondies dans des zones à plus forte concentration migratoire.

Les différences culturelles peuvent influencer l’âge moyen des mères au moment de l’accouchement. Bien qu’une étude ait précédemment indiqué un âge moyen plus bas pour les mères syriennes réfugiées, les données actuelles montrent un âge moyen de maternité similaire entre les deux groupes. Une constatation notable est la tendance des femmes syriennes à accoucher à terme plus avancé, favorisant l’accouchement vaginal, tandis que les citoyennes turques affichent des taux plus élevés d’accouchements prématurés et de césariennes. Cette divergence pourrait s’expliquer par des variations dans les pratiques obstétricales, les préférences maternelles ou des seuils cliniques d’intervention différents, les femmes turques ayant potentiellement un accès plus aisé aux césariennes électives.

Des études antérieures ont déjà alerté sur un risque accru de mort fœtale et d’accouchement prématuré chez les femmes immigrantes. Les conditions telles que l’accouchement prématuré, l’anémie et le faible poids à la naissance (inférieur à 2 500 grammes) représentent des risques tant pour la mère que pour le nouveau-né. Si certaines recherches ont observé des taux de mortinaissance plus élevés chez les femmes réfugiées, l’étude menée sur cinq ans n’a enregistré aucun cas de mort fœtale parmi les réfugiées. L’absence de différences significatives entre les groupes concernant les accouchements prématurés et à terme pourrait avoir contribué à réduire la morbidité et la mortalité fœtales.

Les femmes enceintes réfugiées syriennes ont accouché en moyenne autour de la 39ème semaine de gestation, tandis que les femmes turques ont accouché légèrement plus tôt, vers la 38ème semaine. Malgré ces naissances plus tardives, les femmes syriennes ont nécessité une admission plus fréquente dans les unités néonatales de niveau 2. Cette augmentation des admissions en soins intensifs néonatals (USIN) chez les nouveau-nés de mères syriennes est probablement multifactorielle. Elle pourrait être liée à des carences nutritionnelles, des barrières linguistiques, un suivi prénatal insuffisant, des désavantages socio-économiques, le stress psychosocial lié à la migration forcée ou un accès limité aux services périnatals complets. Il est à noter que l’absence d’augmentation parallèle des admissions en USIN de niveau tertiaire suggère que ces facteurs affectent davantage les morbidités néonatales intermédiaires que les affections graves potentiellement mortelles. L’état de santé général des réfugiées enceintes et de leurs nouveau-nés dépend des mêmes facteurs que ceux de la population locale, mais des éléments tels que les carences nutritionnelles, un faible niveau d’éducation et le stress post-traumatique lié aux conflits de guerre peuvent avoir un impact négatif sur le développement fœtal. Le soutien nutritionnel, l’intervention précoce et la promotion d’une alimentation saine sont donc essentiels. Des taux similaires d’hospitalisation en unité de troisième niveau indiquent une qualité de suivi et de prestation de soins comparable entre les groupes, sans entraîner de complications sévères.

Bien que des disparités dans les indicateurs de santé maternelle et néonatale aient été rapportées chez les réfugiés syriens en Turquie, les données concernant le poids à la naissance montrent une hétérogénéité notable entre les études. Tandis que certaines études ont observé des taux de faible poids à la naissance plus élevés chez les femmes réfugiées, d’autres n’ont révélé aucune différence significative par rapport aux populations d’accueil. L’étude a identifié une incidence de faible poids à la naissance plus élevée chez les adolescentes migrantes par rapport à leurs homologues turques, le taux de nourrissons nés de mères adolescentes syriennes étant statistiquement plus élevé. Une étude menée à Kocaeli a souligné des différences dans les taux de naissances prématurées et d’extrême faible poids à la naissance (inférieur à 1 000 grammes) entre femmes turques et réfugiées syriennes. Cependant, la différence globale de faible poids à la naissance (inférieur à 2 500 grammes) était moins marquée et semblait influencée par des facteurs contextuels tels que l’accès aux soins et les conditions sociodémographiques. Les variations observées dans les résultats de poids à la naissance entre les études peuvent être attribuées à des différences démographiques, à la qualité des soins obstétricaux et à l’accès aux services de santé. De plus, les femmes enceintes migrantes bénéficient souvent d’un suivi prénatal réduit et d’un état nutritionnel sous-optimal, contribuant ainsi à des différences subtiles mais significatives dans le poids des nouveau-nés.

Concernant le poids des nouveau-nés, l’étude a révélé des poids similaires entre les deux groupes, y compris lors de la division en sous-groupes. Une étude canadienne avait précédemment noté une probabilité plus élevée de bébés de faible poids à la naissance chez les femmes indiennes. Les femmes réfugiées adolescentes sont également exposées à un risque accru de faible poids à la naissance. Malgré ces constatations, il n’existe pas de conclusions définitives quant au risque lié au statut de non-réfugié sur le poids du nouveau-né.

L’analyse globale des accouchements a révélé que le nombre de césariennes était le double de celui des accouchements par voie basse. Le taux de césarienne s’est avéré plus élevé que celui de l’accouchement vaginal chez les femmes enceintes turques et syriennes. La prévalence accrue des césariennes et des naissances prématurées chez les citoyennes turques de la cohorte est notable. La littérature suggère que des facteurs systémiques et culturels, tels que les préférences des professionnels de santé, les préoccupations médico-légales et la demande des patientes, pourraient jouer un rôle plus important que les différences biologiques. Des études antérieures ont rapporté des résultats incohérents, soulignant l’influence de déterminants variés tels que l’âge maternel, la parité, l’état clinique et les pratiques des systèmes de santé sur les taux de césarienne.

Cependant, une étude portant sur 2 866 femmes enceintes syriennes réfugiées a montré que le taux d’accouchement vaginal normal était deux fois supérieur à celui de la césarienne. D’autres recherches ont indiqué des taux de césarienne plus élevés chez les femmes enceintes turques. Au niveau mondial, le taux de césariennes pour raison médicale est estimé entre 10 et 15 %, un chiffre toutefois sujet à débat. Une comparaison entre femmes syriennes réfugiées et femmes jordaniennes a révélé une augmentation globale du taux de césarienne. Aucune différence n’a été observée dans les indications de césarienne entre les deux groupes étudiés. Une étude a souligné le taux alarmant de césariennes chez les femmes migrantes, dont la majorité étaient des urgences. Les femmes enceintes réfugiées pourraient être exposées à un risque accru de césarienne d’urgence en raison d’un suivi insuffisant et d’un accès inadéquat aux établissements de santé. Les taux élevés de césariennes chez les populations non réfugiées pourraient s’expliquer par les préférences des prestataires, des considérations médico-légales et la demande des patientes. Ces facteurs systémiques et culturels, plutôt qu’une vulnérabilité biologique, pourraient expliquer les disparités. Les taux d’injection de vitamine K et de vaccination contre l’hépatite B se sont avérés similaires entre les deux groupes. La vaccination néonatale joue un rôle crucial dans la prévention primaire, mais un suivi prénatal inadéquat peut augmenter le risque de vaccination incomplète. Il est essentiel de respecter les calendriers de vaccination et de veiller à ce que les nouveau-nés soient vaccinés.

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