Un homme de 45 ans est accusé d’avoir soumis son ex-compagne et ses filles à des années de terreur psychologique et de contrôle abusif, incluant un isolement prolongé et l’administration de médicaments inutiles. L’affaire, examinée jeudi devant le tribunal régional de Brême, révèle des accusations troublantes de manipulation et de cruauté.
Selon l’avocat de la défense, l’accusé a partiellement admis les faits reprochés. Les deux filles de son ancienne partenaire auraient été privées de liberté pendant de longues périodes, contraintes d’utiliser un seau pour leurs besoins naturels, bien que l’avocat ait précisé qu’elles n’étaient pas véritablement enfermées. Il a également affirmé que l’accusé et son ex-compagne étaient dépassés par les difficultés de l’éducation.
Le parquet, lui, met en avant des accusations bien plus graves, notamment de mauvais traitements envers des personnes vulnérables. De 2013 à 2019, l’accusé aurait terrorisé son ex-compagne et ses filles avec des récits inventés concernant la mafia, des maladies mortelles et même des puces électroniques implantées dans leur corps.
L’affaire prend une tournure particulièrement sombre avec le témoignage selon lequel l’accusé aurait persuadé l’une de ses filles qu’elle était atteinte d’une maladie incurable et qu’elle allait mourir. Cette jeune fille aurait même été amenée à choisir son propre cercueil et un emplacement dans un cimetière de Brême. L’avocat de la défense n’a pas commenté cette accusation lors de l’audience.
Le parquet affirme également que l’accusé aurait administré des médicaments à la jeune fille et lui aurait injecté une solution saline pour traiter cette maladie imaginaire, y compris des injections administrées à la tête. L’avocat de la défense a reconnu que son client avait effectué des injections sur son ex-compagne, mais a justifié ces actes par des douleurs dorsales et a souligné que, en tant qu’ambulancier qualifié, il avait agi de manière professionnelle.
À ce stade de la procédure, l’accusé a exprimé ses regrets et a proposé une compensation financière de 1 500 euros à chacune de ses filles. Le procès devrait se poursuivre au cours de quatre audiences supplémentaires, et un verdict est attendu début mars.
Cette affaire soulève des questions sur l’efficacité des dispositifs de protection des femmes victimes de violences, notamment lorsqu’elles cherchent de l’aide auprès des institutions judiciaires.
Le projet « No Room for Domestic Violence » met l’accent sur l’importance de la sensibilisation et de la reconnaissance des signes avant-coureurs de violence conjugale au sein de la société.