Home Santé Une nouvelle technique de séquençage génomique mesure le virus d’Epstein-Barr dans le sang – diagnostic-moléculaire

Une nouvelle technique de séquençage génomique mesure le virus d’Epstein-Barr dans le sang – diagnostic-moléculaire

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Publié le 25 février 2026 01:43:00. Des chercheurs allemands ont mis au point une méthode innovante pour évaluer la présence du virus d’Epstein-Barr (EBV) dans l’organisme en exploitant des données de séquençage génomique existantes, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour la compréhension des maladies associées à ce virus.

  • Une nouvelle technique permet d’estimer la charge virale de l’EBV à partir de données génomiques déjà disponibles.
  • Les fumeurs et les personnes immunodéprimées présentent des niveaux plus élevés d’EBV.
  • Des variations saisonnières de la charge virale ont été observées, avec des pics en hiver.

Le virus d’Epstein-Barr (EBV) infecte jusqu’à 95 % de la population mondiale et persiste à vie dans l’organisme. Bien que généralement maîtrisé par le système immunitaire, il est associé à divers cancers, notamment le lymphome de Hodgkin, ainsi qu’à des maladies auto-immunes comme la sclérose en plaques. Jusqu’à présent, les mécanismes précis par lesquels le système immunitaire régule cette infection chronique restaient mal compris.

Des scientifiques de l’hôpital universitaire de Bonn et de l’Université de Bonn (Allemagne) ont développé une approche originale pour mesurer indirectement la charge virale de l’EBV. Plutôt que de réaliser des tests spécifiques, ils ont réutilisé d’importants ensembles de données issus du séquençage du génome humain. L’équipe a recherché dans ces données de courts fragments d’ADN provenant du génome de l’EBV, appelés « lectures EBV ». La présence et la quantité de ces lectures sont corrélées à la quantité de virus présent dans l’organisme.

L’analyse des séquences génomiques de 486 315 participants de la UK Biobank et de 336 123 participants du projet All of Us a révélé des lectures EBV chez 16,2 % et 21,8 % des individus respectivement. Des validations en laboratoire ont confirmé que les personnes présentant des lectures EBV avaient effectivement une charge virale plus élevée. Cette mesure à grande échelle a permis d’identifier plusieurs facteurs influençant le contrôle viral.

Les résultats ont notamment montré que les personnes immunodéprimées présentent une charge virale EBV significativement plus élevée. De plus, les fumeurs actifs affichent des niveaux d’EBV plus importants, suggérant que le tabagisme pourrait affecter la capacité de l’organisme à contrôler le virus, potentiellement en perturbant l’immunité innée. Une variation saisonnière a également été observée, avec des niveaux d’EBV plus élevés en hiver et plus faibles en été.

Au niveau génétique, l’association la plus forte avec la charge virale EBV a été identifiée dans la région du complexe majeur d’histocompatibilité (CMH), une zone du génome codant pour des protéines essentielles à la reconnaissance des agents pathogènes par le système immunitaire. En outre, 27 autres régions génomiques ont été liées à la charge virale EBV dans les deux biobanques. Certains de ces gènes sont connus pour jouer un rôle dans la fonction immunitaire, tandis que d’autres représentent de nouvelles pistes de recherche.

L’étude, publiée dans la revue Nature, a également mis en évidence un chevauchement génétique entre la charge virale EBV et les maladies associées à ce virus. Outre le renforcement des liens avec la sclérose en plaques, les résultats suggèrent une possible implication dans d’autres pathologies, telles que le diabète de type 1.

Cette nouvelle méthode offre la possibilité d’étudier l’immunité contre l’EBV à grande échelle en utilisant des données génomiques déjà disponibles. En transformant les données issues du séquençage du génome humain en une mesure de l’infection virale persistante, les chercheurs ouvrent de nouvelles voies pour étudier les mécanismes de contrôle de l’EBV, la relation entre la charge virale et le risque de maladie, ainsi que pour identifier de potentielles cibles thérapeutiques pour les cancers et les maladies auto-immunes associés à ce virus.

« Nos résultats fournissent une base pour comprendre l’immunité contre l’EBV et ouvrent également de nouvelles voies pour des études mécanistiques et des approches thérapeutiques pour les maladies associées à l’EBV. »

Kerstin Ludwig, professeure à l’hôpital universitaire de Bonn

« Dans un sens plus large, notre étude illustre comment les données issues du séquençage du génome humain peuvent être réutilisées pour étudier les infections virales persistantes », a ajouté la professeure Ludwig.

Liens connexes :
Université de Bonn

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