Home Santé Une théorie difficile : la grossesse humaine dure-t-elle 18 mois ? – Notes – L’Argentine possible

Une théorie difficile : la grossesse humaine dure-t-elle 18 mois ? – Notes – L’Argentine possible

0 comments 38 views

Et si la grossesse humaine ne durait pas neuf mois, mais dix-huit ? C’est l’hypothèse audacieuse avancée par le Dr. Enrique Orschanski, qui propose de repenser notre conception de la naissance et du développement infantile. Une idée qui repose sur des bases anthropologiques et anatomiques solides.

Selon le médecin argentin, l’évolution de notre espèce, marquée par le passage de la bipédie, a contraint le corps humain, et notamment la structure osseuse des femmes, à s’adapter. « Le passage de la position quadrupède à la position debout a forcé le corps à s’adapter à un cerveau beaucoup plus grand et plus exigeant », explique-t-il. Cette adaptation a entraîné un rétrécissement du canal génital, rendant les accouchements plus complexes. Face à ce « dilemme obstétrical », la nature aurait privilégié une gestation plus courte, aboutissant à une naissance prématurée d’un point de vue évolutif.

Cette particularité placent les humains dans la catégorie des êtres « altriciaux », c’est-à-dire naissant immatures. Contrairement à d’autres mammifères capables de se déplacer et de se nourrir rapidement après leur naissance, les nouveau-nés humains dépendent entièrement de leurs parents. « La grossesse humaine doit donc être comprise comme un processus de 18 mois : neuf dans l’utérus et neuf à l’extérieur », résume le Dr. Orschanski.

Cette vision holistique considère la naissance non comme une fin en soi, mais comme un point médian d’une continuité biologique. « C’est la même personne qui passe d’un environnement intra-utérin à un environnement externe, mais cela se poursuit dans un processus de développement indissociable du corps et de l’esprit de la mère », précise le médecin. Il met en lumière l’« angoisse du huitième mois », moment où le bébé commence à se différencier psychologiquement de sa mère, marquant ce qui pourrait être considéré comme la véritable « séparation » et le début de son exploration autonome.

Fort de cette perspective, le Dr. Orschanski formule trois recommandations clés pour accompagner ces 18 mois : considérer la mère et l’enfant comme une unité inséparable jusqu’à l’âge d’un an et demi, comprendre la dépendance du bébé sans la qualifier de caprice, et accompagner la séparation naturelle qui accompagne la croissance.

« La vie montre que grandir, c’est, par essence, se séparer de ses parents de manière naturelle et saine. Peut-être qu’en comprenant que la grossesse dure un peu plus longtemps que nous le pensions, nous pourrons mieux prendre soin de ce début commun », conclut-il.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.