Publié le 24 février 2026 07:29:00. Une vidéo diffusée sur Instagram affirme que les décès de trois présidents – Haïtien, Tanzanien et Burundais – entre 2020 et 2021 seraient liés à leur opposition à la vaccination contre la Covid-19. Notre vérification révèle que cette affirmation est trompeuse et ne repose sur aucun fait avéré.
- Le président haïtien Jovenel Moïse a été assassiné en juillet 2021, mais son décès n’est pas lié à un refus de vaccin.
- Le président tanzanien John Pombe Magufuli est décédé en mars 2021 des suites de complications cardiaques, et non à cause de la Covid-19 ou d’un refus de se faire vacciner.
- Le président burundais Pierre Nkurunziza est décédé en juin 2020 d’une crise cardiaque, bien avant la disponibilité généralisée des vaccins contre la Covid-19.
Une vidéo animée circulant sur Instagram affirme que les présidents Jovenel Moïse (Haïti), John Pombe Magufuli (Tanzanie) et Pierre Nkurunziza (Burundi) seraient morts de manière suspecte après avoir empêché l’introduction du vaccin contre la Covid-19 dans leurs pays respectifs. Cette théorie du complot, largement partagée sur les réseaux sociaux, a été examinée de près par notre équipe de vérification des faits.
Concernant Jovenel Moïse, président d’Haïti de 2017 à 2021, les faits sont les suivants : il a été assassiné par des hommes armés le 7 juillet 2021, recevant 12 balles à sa résidence. Le New York Times a rapporté que cet assassinat s’est produit dans un contexte de chaos national, marqué par des manifestations et la domination de gangs criminels. Des enquêtes judiciaires récentes, en octobre 2025, ont identifié des mercenaires comme auteurs, affirmant avoir été induits en erreur par les commanditaires. L’épouse de la victime, Martine Moise, a régulièrement dénoncé sur son compte X l’implication de réseaux oligarchiques et de politiciens corrompus dans cet acte odieux. Contrairement à ce qui est affirmé dans la vidéo, le gouvernement haïtien avait en réalité sollicité des vaccins compatibles avec son infrastructure de réfrigération. Le retard dans la livraison des vaccins était dû à la priorité accordée par les pays producteurs à leurs propres besoins et au manque d’installations de stockage à basse température en Haïti. L’Organisation panaméricaine de la santé a précisé que les premières vaccinations n’ont eu lieu qu’une semaine après la mort de Moïse, le 16 juillet 2021, grâce à 500 000 doses fournies par les États-Unis.
En Tanzanie, le président John Pombe Magufuli est décédé le 17 mars 2021 des suites de complications cardiaques, dont il souffrait depuis une décennie, selon Al Jazeera. Sa vice-présidente, Samia Suluhu Hassan, a confirmé que la maladie cardiaque était la cause principale de son décès. Des rumeurs concernant une infection au Covid-19, liées à une absence de deux semaines de la vie publique, n’ont jamais été étayées. Les autorités tanzaniennes n’ont jamais suggéré que la mort de Magufuli était mystérieuse ou liée à son scepticisme envers les vaccins. BBC Afrique a souligné que Magufuli préférait les vapeurs à base de plantes et la prière comme mesures de protection. Bien qu’il se soit opposé aux politiques de port du masque et aux confinements, et qu’il ait refusé d’importer des vaccins, aucune preuve médicale ne relie sa mort à un complot lié à la vaccination.
Enfin, le président burundais Pierre Nkurunziza est décédé en juin 2020 d’une crise cardiaque, comme l’a rapporté The Guardian. Des rumeurs d’assassinat ont également circulé, mais aucune n’était liée à un refus de se faire vacciner. Cette allégation est infondée, car le premier vaccin contre la Covid-19, Pfizer-BioNTech, n’a obtenu une autorisation d’utilisation d’urgence qu’en décembre 2020, six mois après le décès de Nkurunziza. Selon le Centre d’études africaines de Leiden, les rumeurs d’assassinat étaient liées à un conflit politique, notamment à son troisième mandat présidentiel obtenu après une modification controversée de la constitution, qui avait provoqué des protestations et une tentative de coup d’État. Comme Magufuli, Nkurunziza était l’un des dirigeants qui ont refusé de reconnaître la pandémie de Covid-19.
CONCLUSION
La vérification de Tempo conclut que l’affirmation selon laquelle les présidents d’Haïti, de Tanzanie et du Burundi auraient été assassinés pour avoir refusé d’administrer les vaccinations dans leurs pays est trompeuse.
ÉQUIPE DE VÉRIFICATION DES FAITS TEMPO
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