Home Sciences et technologies Via Pinto, l’ingénieur a signalé un pilier qui s’était effondré la veille

Via Pinto, l’ingénieur a signalé un pilier qui s’était effondré la veille

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Un an avant la tragique chute d’un immeuble dans le quartier Carrassi de Bari, qui a entraîné l’effondrement d’un mur mitoyen, un ingénieur avait tiré la sonnette d’alarme concernant la fragilité du bâtiment. Cette mise en garde, rapportée dans une conversation privée, est aujourd’hui au cœur de l’enquête ouverte contre six personnes accusées de catastrophe par négligence.

L’affaire concerne l’effondrement de l’immeuble situé via Pinto, survenu le 21 mai 2024. La veille du drame, dans un groupe WhatsApp intitulé « Lavori via Pinto », l’ingénieur Stefano Simone, un des professionnels impliqués dans les travaux de restauration, alertait l’administrateur de la copropriété sur la rupture soudaine d’une console d’un pilier, déjà en « état déplorable ». Cette information figure parmi les éléments cruciaux du rapport établi par l’expert du parquet de Bari, Antonello Salvatori, professeur agrégé en Techniques de construction à l’Université de L’Aquila.

Ce rapport soutient l’accusation portée contre six personnes : Vito Modesto Dell’Aera, représentant légal de l’entreprise de construction « Dell’Aera Costruzioni Srl » qui menait les travaux, les quatre concepteurs et directeurs de chantier Stefano Simone, Giuseppe Carlo Marano, Giuseppe Antonio Massa et Davide Giuseppe Tassa, ainsi que Vincenzo Fanelli, responsable du contrôle des ouvrages. Ils sont soupçonnés, selon le procureur adjoint Ciro Angelillis et la procureure Silvia Curione, d’avoir « sous-estimé le risque d’effondrement de l’ensemble de l’immeuble, tant dans la phase de direction que d’exécution des travaux », et d’avoir proposé un projet de restauration « inadapté à la sécurité statique ».

Ironiquement, l’ingénieur Simone, dont l’alerte était restée sans suite jusqu’à l’effondrement, avait pourtant certifié, un an avant le drame, avoir réalisé des « mesures de sécurité du bâtiment touchant le sous-sol et les différents étages ». Selon ses écrits, cette intervention, réalisée avec un « étaiement soigné », garantissait une « mesure de sécurité purement fonctionnelle ».

Les travaux de restauration statique, visant à permettre le retour des familles expulsées, avaient débuté le 19 février 2025, soit deux mois avant l’effondrement. Peu avant le drame, le 28 février, l’autorisation avait été accordée à l’entreprise Dell’Aera de retirer un étai « pour laisser passer les enfants ». L’expertise mentionne également qu’une photo prise juste avant l’effondrement montre l’entreprise Dell’Aera constater l’affaissement d’une partie du mur d’enceinte, à l’intersection de la via Pinto et de la via De Robertis, au moment où elle quittait les lieux.

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