Home Santé Voici ce que dit l’expert en ménopause de Michelle Obama à propos de la ménopause

Voici ce que dit l’expert en ménopause de Michelle Obama à propos de la ménopause

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Publié le 2025-11-08 18:00:00. Malgré des progrès notables, la prise en charge de la ménopause et de la périménopause reste insuffisante à l’échelle mondiale. Une experte souligne le manque de formation médicale et l’importance d’une conversation ouverte pour améliorer la vie de millions de femmes.

  • Le manque d’éducation médicale sur la ménopause et la périménopause est un problème majeur.
  • L’historique de minimisation des plaintes féminines explique cette négligence médicale.
  • Les changements hormonaux durant la ménopause ont des répercussions profondes sur la santé physique et mentale des femmes.

« Il y a certainement des progrès, mais nous en sommes encore loin », constate une experte en ménopause, qui préfère rester anonyme mais dont les propos sont rapportés. Elle déplore le manque d’attention sérieuse portée aux femmes ménopausées dans la plupart des pays. De nombreux médecins n’ont que peu, voire pas du tout, été formés à ces questions durant leurs études, ignorant souvent la périménopause, une phase durant laquelle les symptômes peuvent être particulièrement pénibles. Il est urgent d’accroître la recherche, l’éducation et l’information sur ce sujet. « Je vois que la conversation commence, les femmes osent parler, partager leurs expériences. C’est encourageant. Tant qu’on considérera la ménopause comme un détail insignifiant, rien ne changera », affirme-t-elle.

L’historique de la perception des femmes dans le monde médical explique en grande partie pourquoi la ménopause a longtemps été reléguée au rang de simple étape à traverser. « Les plaintes des femmes ont été structurellement minimisées. N’oublions pas qu’« hystérique » était autrefois un diagnostic médical officiel », rappelle l’experte. Lorsque la transition hormonale est arrivée, le discours s’est résumé à « cela fait partie de la vie ». Pourtant, il s’agit d’une transition hormonale majeure qui affecte tous les systèmes du corps, du cerveau au cœur. « Si cela arrivait à un homme, nous traiterions cela comme une urgence médicale », souligne-t-elle.

La diminution des œstrogènes et de la progestérone pendant la ménopause marque un tournant pour la santé des femmes. Sans ces hormones, le risque de maladies cardiaques, d’ostéoporose, de diabète de type 2 et de démence augmente. « Les œstrogènes protègent sur tous les fronts. Dès que cette hormone disparaît, la femme devient plus vulnérable », explique l’experte. Il est donc crucial de considérer la ménopause non pas comme une simple phase, mais comme une période nécessitant une stratégie proactive, tant au niveau individuel que sociétal.

Si les bouffées de chaleur sont le symptôme le plus médiatisé, elles ne constituent souvent pas le principal désagrément. De nombreuses femmes rapportent des troubles de la mémoire, une perte de concentration et le fameux « brouillard cérébral », un phénomène qui les amène à ne plus se reconnaître. S’y ajoutent la dégradation musculaire, la prise de poids abdominale, les problèmes de sommeil, l’anxiété et la dépression. Chaque femme vit cette transition différemment, rendant les solutions uniques. « L’idée qu’il s’agisse principalement de bouffées de chaleur est vraiment dépassée », conclut l’experte.

Les ajustements du mode de vie – alimentation, exercice, sommeil, gestion du stress – sont d’une importance capitale. Ils peuvent considérablement améliorer le bien-être durant cette période et influencer la manière dont on vieillit. Avec la perte de masse musculaire, le ralentissement du métabolisme et les changements dans la répartition des graisses, il est nécessaire d’adapter ses habitudes. Une alimentation anti-inflammatoire, riche en fibres, en graisses saines et en protéines, ainsi qu’un entraînement en force, sont essentiels pour soutenir le corps. Le sommeil restaure le cerveau et la gestion du stress prévient les déséquilibres hormonaux. Ces mesures ne sont pas de simples palliatifs, mais un soutien concret à l’organisme dans une phase où il en a grandement besoin.

Cependant, les ajustements du mode de vie ne suffisent pas toujours. « Le style de vie ne fait pas tout. Il est parfois présenté comme la solution unique, ce qui est erroné », insiste l’experte. Même avec une alimentation saine et une activité physique régulière, un effondrement hormonal peut rendre ces efforts insuffisants. L’accès à toutes les formes de soins, y compris l’hormonothérapie si nécessaire, devrait être garanti aux femmes. Le mode de vie constitue une base solide, mais ne remplace pas un accompagnement médical adapté.

L’hormonothérapie, bien que suscitant des interrogations, peut être envisagée dès l’apparition des premiers symptômes de la périménopause, souvent autour de 42-43 ans. « Pour de nombreuses femmes, cela vaut la peine d’y réfléchir sérieusement », recommande l’experte. Les recherches montrent que commencer tôt un traitement hormonal peut offrir une meilleure protection contre les maladies cardiaques et cérébrales. Le moment de l’instauration du traitement est donc crucial. Commence-t-on bien après la ménopause, les bénéfices seront moindres. L’approche doit être individualisée, en tenant compte des antécédents médicaux de chaque femme. « Mon conseil : discutez-en avec un médecin qui vous prend au sérieux et qui comprend vraiment les soins hormonaux », ajoute-t-elle.

Les idées reçues sur l’hormonothérapie sont nombreuses, le plus fréquent étant le risque accru de cancer du sein. « Ce n’est pas vrai », assure l’experte. Si le traitement est prescrit correctement – au bon moment, sous la bonne forme et au bon dosage – il est sans danger pour la majorité des femmes. Contrairement à une croyance répandue, son utilité ne se limite pas au soulagement des bouffées de chaleur. L’hormonothérapie soutient la santé des os, du cerveau, du cœur et du métabolisme. Elle peut également apporter un soulagement psychologique, permettant à des femmes souffrant depuis des années de peur, de tristesse ou d’épuisement de retrouver un équilibre.

Aux Pays-Bas, une certaine réticence des médecins à prescrire l’hormonothérapie est observée, optant souvent pour de faibles doses via gel, spray ou patch. L’objectif est d’utiliser la dose la plus faible possible qui soit efficace, mais cette dose n’est pas universelle. « Ce qui est suffisant pour l’une peut être inefficace pour une autre », explique l’experte. Elle plaide pour une plus grande flexibilité dans les directives médicales, afin de permettre aux médecins de s’adapter à chaque femme, en considérant son ressenti, son parcours médical et ses besoins. Un protocole standard rigide ne convient pas à cette approche personnalisée.

Concernant les différentes formes d’hormonothérapie, les études récentes indiquent que les œstrogènes administrés par voie transdermique (gel, spray, patch) présentent moins de risques de caillots sanguins ou d’accidents vasculaires cérébraux que les formes orales. Cette voie contourne le foie, la rendant souvent plus sûre, particulièrement pour les femmes ayant des risques cardiovasculaires. Cependant, l’absorption cutanée n’est pas uniforme chez toutes les femmes. Il est donc essentiel de discuter avec son médecin pour trouver la forme la mieux adaptée aux besoins spécifiques de chacune.

Face à celles qui soutiennent l’hormonothérapie, un groupe affirme qu’affronter la ménopause naturellement rendrait plus forte. L’experte respecte chaque choix individuel mais critique l’idée qu’il suffirait de « traverser » cette période. « C’est une idée persistante et, soyons honnêtes, assez sexiste », commente-t-elle. Elle compare cette vision à refuser un traitement pour une thyroïde sous-active ou un diabète. La ménopause est un événement médical aux conséquences réelles, pour lequel il existe des traitements efficaces. « Pourquoi s’en priver par principe ? » interroge-t-elle.

La directive néerlandaise préconise d’arrêter les hormones après cinq ans, ou au plus tard à 60 ans. Les conséquences de cet arrêt varient considérablement d’une femme à l’autre. Certaines ne remarquent qu’une légère différence, tandis que d’autres subissent une récidive sévère de leurs symptômes : fatigue, bouffées de chaleur, dépression, insomnie. L’experte estime qu’une date de fin fixe n’est pas pertinente. Une évaluation régulière de l’état de santé, des bénéfices du traitement et de l’apparition de nouveaux risques serait plus judicieuse. Aux États-Unis, une approche plus individualisée se développe, où les femmes peuvent poursuivre leur hormonothérapie tant qu’elle est bénéfique et qu’il n’y a pas de contre-indication médicale. Cette flexibilité apporte une tranquillité d’esprit et une meilleure qualité de vie, un modèle qu’elle espère voir adopté aux Pays-Bas.

L’hormonothérapie pourrait devenir une option à vie pour celles qui le souhaitent. Les données actuelles montrent que l’utilisation à long terme de l’hormonothérapie transdermique est sans danger pour de nombreuses femmes. Une surveillance régulière de la santé est nécessaire, mais pour celles dont les symptômes réapparaissent à l’arrêt ou qui présentent un risque de maladies où les œstrogènes jouent un rôle protecteur, une thérapie continue pourrait être une excellente solution. Il n’y a pas de raison d’arrêter a priori si le traitement est bien toléré et bénéfique.

Pour les femmes en périménopause qui se sentent incomprises, souffrent de symptômes variés et ont le sentiment de perdre le contrôle, l’experte a un message d’espoir. « Vous n’imaginez pas. Vous ne devenez pas folle. Vous n’êtes pas faible non plus », affirme-t-elle. Il s’agit d’un processus physique profond qui peut bouleverser la vie. L’aide existe, ainsi que de nombreuses informations. Chaque femme a droit à un médecin à l’écoute et collaboratif. Il n’est pas nécessaire de traverser cette période seule ou de rester bloquée dans cette souffrance. « Il arrive un moment où vous vous sentez à nouveau clair, puissant et vous-même. C’est vraiment possible », conclut-elle.

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