Home Santé Voici comment fonctionne la vaccination avec des anticorps monoclonaux

Voici comment fonctionne la vaccination avec des anticorps monoclonaux

0 comments 37 views

Publié le 2024-11-16 14:35:00. Le virus respiratoire syncytial (VRS), bien que généralement bénin, représente une menace sérieuse pour les nourrissons, avec une nouvelle stratégie de prévention basée sur l’administration d’anticorps monoclonaux qui montre des résultats prometteurs en Europe et en Espagne.

  • L’infection par le VRS est une cause majeure d’hospitalisation chez les bébés de moins d’un an, avec un impact significatif sur la santé publique.
  • Le nirsevimab, un anticorps monoclonal, offre une protection immédiate contre le VRS, contrairement aux vaccins traditionnels.
  • Les premières données indiquent une efficacité élevée du nirsevimab dans la réduction des hospitalisations liées au VRS, notamment en Espagne où la couverture vaccinale dépasse 90 %.

Le virus respiratoire syncytial (VRS) est un agent pathogène courant qui provoque généralement des symptômes légers tels que la toux et le nez qui coule. Cependant, il constitue la principale cause d’infections graves des voies respiratoires inférieures chez les nourrissons de moins d’un an. Les bébés de moins de six mois, ainsi que ceux souffrant de pathologies pulmonaires ou cardiaques préexistantes, sont particulièrement vulnérables et peuvent nécessiter une hospitalisation en raison de complications telles que la bronchiolite.

Selon une étude systématique publiée dans The Lancet, le VRS est associé à un décès chez environ un enfant sur 28 de moins de six mois. Les chercheurs ont également estimé que le taux d’hospitalisation pour le VRS s’élève à 20,2 pour 1 000 enfants de moins de six ans, et à 24,7 pour 1 000 enfants de moins de trois mois.

Au niveau européen, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) estime que le VRS est responsable de l’hospitalisation d’environ 250 000 enfants de moins de cinq ans chaque année, dont certains nécessitent des soins intensifs. En Espagne, la saison 2022-2023 a vu plus de 13 000 hospitalisations liées au VRS chez les enfants de moins d’un an, selon le ministère espagnol de la Santé.

Les nourrissons et les jeunes enfants ont un système immunitaire immature, ce qui les rend plus susceptibles de développer des complications graves en cas d’infection par le VRS. Heureusement, il est désormais possible de prévenir l’infection grâce à l’immunisation passive, qui consiste à administrer des anticorps monoclonaux.

Contrairement aux vaccins, qui nécessitent environ 10 à 14 jours pour stimuler le système immunitaire et produire des anticorps, les anticorps monoclonaux offrent une protection immédiate. Ces anticorps se lient au VRS et empêchent le virus de fusionner avec les cellules des voies respiratoires, réduisant ainsi le risque de formes graves de l’infection nécessitant une hospitalisation, des soins intensifs ou pouvant entraîner le décès.

L’immunisation de la population pédiatrique par l’administration d’un anticorps monoclonal, principalement le nisévimab (Beyfortus), a été introduite dans certains pays dès la saison 2023-2024. En Espagne, la couverture vaccinale chez les nouveau-nés a atteint en moyenne plus de 90 %, selon les données du ministère de la Santé.

À qui s’adresse le nirsevimab ?

Le nirsevimab est recommandé pour la prévention de l’infection par le VRS chez les bébés jusqu’à six mois et chez les enfants de moins de deux ans présentant des facteurs de risque spécifiques. Plus précisément, il est conseillé aux groupes suivants :

  • Les bébés prématurés nés avant 35 semaines de gestation, jusqu’à l’âge de 12 mois.
  • Les enfants de moins de deux ans atteints de l’une des conditions suivantes :
    • Cardiopathie congénitale, dysplasie broncho-pulmonaire ou chirurgie cardiaque avec circulation extracorporelle.
    • Conditions médicales sous-jacentes augmentant le risque de bronchiolite sévère due au VRS, telles que l’immunosuppression, les erreurs innées du métabolisme, les maladies neuromusculaires, les affections pulmonaires graves, les syndromes génétiques, la mucoviscidose ou les malformations œsophagiennes.
  • Tous les enfants de moins de six mois (nés aux dates indiquées par les autorités sanitaires).

Autres mesures de prévention

En complément de l’immunisation par le nirsevimab, il est essentiel d’appliquer des mesures préventives non pharmacologiques, tant pour les nourrissons que pour leur entourage :

  • Se laver les mains soigneusement avant de tenir, de nourrir ou de toucher le bébé.
  • Nettoyer et désinfecter régulièrement les objets avec lesquels le bébé entre en contact.
  • Limiter le nombre de personnes en contact étroit avec le bébé (moins de deux mètres).
  • Les personnes présentant des symptômes respiratoires doivent éviter de s’approcher du bébé et, en cas de doute, porter un masque.
  • Les personnes souffrant d’une infection respiratoire aiguë ne doivent pas fréquenter les crèches ou les garderies.
  • Éviter d’exposer le bébé à la fumée, en particulier la fumée de tabac.

Impact de l’introduction du nirsevimab

Les premières évaluations indiquent une efficacité élevée du nirsevimab dans la prévention des hospitalisations dues au VRS après son introduction dans plusieurs pays européens et aux États-Unis.

Une étude menée en Espagne pendant la première saison d’administration du nirsevimab (2023-2024) a estimé son efficacité à près de 80 % dans la prévention des hospitalisations liées au VRS chez les nouveau-nés. Une étude européenne a révélé des estimations similaires chez les enfants de moins de six mois au cours de la saison 2024-2025.

En Espagne, l’introduction du nirsevimab a permis de réduire de 75 % le nombre d’hospitalisations dues au VRS pendant la saison 2023-2024 chez les enfants de moins d’un an, ce qui représente près de 10 000 hospitalisations évitées. Ces chiffres se sont maintenus durant la saison 2024-2025 par rapport aux taux d’hospitalisation observés pendant la période 2022-2023 dans la même tranche d’âge.

Il a été estimé qu’il faut vacciner 41 nourrissons avec le nirsevimab pour prévenir une hospitalisation due au VRS chez les enfants de moins de six mois, qui sont les plus susceptibles de développer des complications graves en cas d’infection par ce virus, selon les estimations actuelles.

En conclusion, les programmes d’immunisation passive avec le nirsevimab ont démontré une efficacité et un impact significatifs dans la réduction des hospitalisations dues à une infection par le VRS au cours de leurs premières saisons de mise en œuvre. Les années à venir permettront de comparer l’efficacité de cette stratégie à celle de la vaccination des femmes enceintes et d’évaluer l’intérêt d’utiliser des vaccins chez les personnes âgées et celles souffrant de pathologies à haut risque.


Article rédigé avec les conseils de la Société espagnole d’épidémiologie.


Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.