Publié le 2025-10-30 08:31:00. Une étude danoise révèle de nouveaux facteurs de risque pour le léiomyosarcome cutané, une tumeur rare des muscles lisses, visant à affiner les stratégies de suivi et de prise en charge des patients.
- Le léiomyosarcome cutané (dLMS) présente un risque de récidive locale significatif, tandis que son potentiel métastatique reste bas mais non négligeable.
- L’étude a identifié la nécrose tumorale, le grade mitotique 3, l’invasion périneurale/intravasculaire et les marges chirurgicales positives comme des facteurs de risque pour les métastases et/ou les récidives locales.
- Une nouvelle classification en groupes à risque élevé et faible est proposée pour adapter le suivi des patients.
Le léiomyosarcome cutané, une affection rare issue des muscles lisses, se manifeste soit au niveau de la peau, soit plus profondément dans les tissus sous-cutanés. Bien qu’habituellement classé comme une tumeur de risque intermédiaire, présentant une propension à la récidive locale mais un faible potentiel de dissémination métastatique, cette dernière n’est pas à exclure totalement. Les estimations des taux de métastases varient dans la littérature, allant de 0 à 14 %. Par ailleurs, les facteurs déterminants le risque de dLMS demeurent peu clairs, les recherches antérieures ayant été freinées par des contraintes méthodologiques, des échantillons de petite taille et des périodes de suivi limitées. Afin de mieux cerner ces enjeux, une étude a cherché à identifier les facteurs de risque associés aux métastases et aux récidives locales, dans le but de proposer une stratification des patients en catégories à haut et faible risque.
Pour mener à bien cette investigation, les chercheurs se sont appuyés sur les données issues des registres de santé nationaux danois, qui permettent un suivi individuel et une agrégation des informations. L’ensemble des patients diagnostiqués avec un dLMS au Danemark entre 1980 et 2022 ont été inclus dans l’analyse. Le diagnostic de ces tumeurs a été établi en conformité avec les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour les sarcomes, et leur traitement a été dispensé dans des centres spécialisés, conformément aux directives nationales danoises. Les risques absolus sur une période de cinq ans ont été calculés selon la méthode d’Aalen-Johansen, en considérant la mortalité toutes causes confondues comme un événement concurrent. Les résultats sont présentés sous forme de risques absolus et de différences de risque (DR) sur cinq ans, avec leurs intervalles de confiance à 95 %.
L’étude a porté sur 381 patients, dont l’âge médian était de 66 ans et qui étaient majoritairement masculins (71 %). Les résultats indiquent un risque de métastases à cinq ans de 2,4 % et un risque de récidive locale de 10,0 %. La présence de nécrose tumorale s’est avérée être un facteur associé à un risque accru de métastases (9,3 % à cinq ans), comparé aux cas sans nécrose (1,5 %). De même, un grade mitotique 3 augmentait ce risque de métastases (6,5 % contre 1,4 % pour les grades 1 et 2). L’invasion périneurale ou intravasculaire était significativement liée à un risque de métastases de 25,0 %, contre 2,1 % en son absence.
Concernant les récidives locales, des marges chirurgicales positives étaient associées à un risque de 26,0 % à cinq ans, contre 8,4 % pour des marges négatives. L’invasion périneurale ou intravasculaire était également un facteur prédictif important de récidive locale, avec un risque atteignant 50,0 %, contre 9,6 % pour les patients sans cette caractéristique.
En conclusion, les auteurs suggèrent qu’un dLMS peut être considéré à haut risque en présence de nécrose tumorale, d’un grade mitotique 3, d’une invasion périneurale/intravasculaire, ou de marges chirurgicales positives. Ils préconisent un suivi clinique semestriel durant la première année pour tous les patients atteints de dLMS, suivi de visites annuelles pendant les trois années suivantes, étant donné qu’aucune rechute n’a été observée après cette période. Pour les patients identifiés à haut risque, un suivi plus poussé pourrait inclure des examens d’imagerie tels que la TEP/TDM ou la TDM thoracique durant les deux premières années, afin de surveiller d’éventuelles métastases à distance, notamment pulmonaires. En revanche, un suivi annuel chez un médecin généraliste ou un dermatologue pourrait suffire pour les patients à faible risque.