Home Sciences et technologies Comment l’intelligence artificielle est et n’est pas utilisée dans les salles de rédaction locales | Nouvelles locales

Comment l’intelligence artificielle est et n’est pas utilisée dans les salles de rédaction locales | Nouvelles locales

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Publié le 2025-10-03 12:42:00. Alors que l’intelligence artificielle (IA) s’immisce dans le paysage médiatique, les rédactions du New Hampshire, à l’instar d’autres aux États-Unis, explorent son potentiel pour enrichir leurs reportages. Cependant, cette intégration se fait avec une grande prudence, les professionnels définissant des garde-fous stricts pour préserver l’intégrité journalistique.

  • L’IA est déjà un outil précieux pour la transcription d’interviews et le suivi de réunions publiques, permettant aux journalistes de gagner du temps et d’identifier de nouvelles pistes.
  • Des incidents passés, où l’IA a été utilisée sans vérification humaine rigoureuse, soulignent la nécessité d’une supervision attentive.
  • Les rédactions comme le Laconia Daily Sun et le Concord Monitor privilégient l’IA comme un assistant, renforçant l’efficacité des journalistes sans jamais remplacer leur jugement et leur expertise.

L’adoption de l’intelligence artificielle dans les salles de rédaction suscite autant d’enthousiasme que de préoccupation. De nombreux journalistes bénéficient déjà de ses atouts pour automatiser des tâches chronophages. L’outil Otter, par exemple, est couramment utilisé pour transcrire des entretiens, une économie de temps considérable. D’autres rédactions l’emploient pour surveiller à distance des réunions publiques, facilitant ainsi la détection d’informations pertinentes ou la découverte de sources potentielles.

Néanmoins, le chemin vers l’intégration de l’IA dans le journalisme n’est pas sans embûches, comme en témoignent des exemples récents. Au début de l’année, des publications comme le *Chicago Sun-Times* et le *Philadelphia Inquirer* ont été confrontées à des articles créés par une IA générative, incluant des références à des livres inexistants. Le journaliste impliqué a reconnu avoir utilisé l’IA sans procéder à une vérification humaine adéquate des informations générées.

« Si vous utilisez l’IA, vous devez avoir un humain dans la boucle. »

Jonathan Van Fleet, rédacteur en chef du Concord Monitor

Ce principe de la « boucle humaine » est au cœur des discussions. L’IA peut optimiser les processus, mais elle ne peut et ne doit pas se substituer au travail fondamental de reportage, d’écriture, de relecture et de vérification des faits, qui demeurent l’apanage des professionnels. C’est une distinction cruciale pour maintenir la confiance du public.

Au *Laconia Daily Sun*, la rédactrice en chef Julie Hirshan Hart confirme que si aucune politique formelle n’est encore édictée, la question de l’IA est un sujet de discussion permanent. Une règle d’or est déjà établie : l’utilisation de l’IA générative pour la rédaction d’articles est proscrite. « Il n’y a pas de copier-coller », insiste-t-elle. « Vous ne pouvez pas soumettre un texte à un générateur d’IA, sans le relire, l’intégrer dans votre article et passer à autre chose. » Pour l’instant, les journalistes y recourent pour des tâches comme la suggestion de titres ou de légendes de photos. Hirshan Hart envisage également son potentiel pour automatiser le traitement de données brutes, comme la mise en forme de rapports de police.

Cependant, elle le martèle : l’IA ne remplacera jamais le journaliste humain. « Je le vois comme un outil que vous pouvez utiliser dans votre processus de réflexion ou d’écriture, mais il ne devrait pas remplacer, en tant que journaliste, votre jugement journalistique, votre expérience ou votre voix particulière », explique-t-elle.

Au *Concord Monitor*, la stratégie est similaire : l’IA est mise au service du renforcement des capacités des journalistes. Jonathan Van Fleet, le rédacteur en chef, détaille comment l’outil aide à optimiser les URL pour un meilleur référencement et à convertir rapidement de volumineux documents PDF, tels que des compte-rendus de réunions publiques, en fichiers texte exploitables. « Nous utilisons l’outil pour nous aider à faire ce que nous faisons plus rapidement et plus efficacement », affirme-t-il. « Mais ce que nous ne faisons pas, c’est dire : ‘Couvre cette réunion pour nous’. »

Face à la prolifération de contenus générés par l’IA, Van Fleet souligne l’importance capitale de la transparence envers les lecteurs. Pour cette raison, le *Concord Monitor* a publié sa politique en matière d’IA sur son site web. Celle-ci stipule que le personnel doit signaler toute utilisation de l’IA dans le processus de reportage, de rédaction ou de correction. Toute information produite par une IA doit impérativement être vérifiée par un journaliste ou un rédacteur avant publication.

« Les outils d’IA nous permettent de travailler plus efficacement en suggérant des titres, en aidant à résumer des articles et à organiser des informations publiques – mais ils ne remplacent pas le jugement humain, le reportage ou la correction. »

Politique d’utilisation de l’IA du Concord Monitor

Ce dernier point est essentiel pour Van Fleet : « Nous ne générons pas d’articles de toutes pièces. Nous ne couvrons pas votre communauté par des robots. Vous interagirez avec un être humain. Vous parlerez à un journaliste, vos propos seront cités avec exactitude, et si vous avez des questions à ce sujet, vous pourrez en discuter avec un être humain. »

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Cette enquête s’inscrit dans le cadre de « Know Your News », une initiative collaborative entre le *Granite State News* et la *New England Newspaper and Press Association*, visant à sensibiliser le public à l’importance du Premier Amendement, de la liberté de la presse et de l’information locale. Nous vous encourageons à partager cet article avec votre entourage, en particulier ceux qui ne suivent pas assidûment l’actualité locale. Pour en savoir plus, visitez laconiadailysun.com/knowyournews.

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