Publié le 25 février 2026. Une étude italienne inédite révèle que les maladies cardiovasculaires se manifestent différemment chez les femmes, soulignant la nécessité d’une approche diagnostique et préventive plus personnalisée.
Les maladies cardiaques ischémiques, l’une des principales causes de décès dans le monde, se manifestent souvent par un syndrome coronarien aigu (SCA), incluant l’angine de poitrine et l’infarctus du myocarde. Si les symptômes et les facteurs de risque peuvent varier selon le sexe, la recherche médicale s’est traditionnellement appuyée sur des études menées principalement chez les hommes, laissant de côté les spécificités féminines.
Le premier registre multicentrique prospectif italien dédié exclusivement aux femmes atteintes de SCA, présenté lors du sommet EAPCI 2026, apporte de nouvelles données sur la manière dont les crises cardiaques surviennent chez les patientes et sur les risques souvent négligés lors des consultations médicales.
Selon les premiers résultats de l’étude GEDI-ACS, au-delà des facteurs cardiovasculaires classiques tels que l’hypertension, la dyslipidémie et le tabagisme, des antécédents de fausse couche, une ménopause précoce, des maladies auto-immunes et des troubles anxieux ou dépressifs sont fréquemment observés chez les femmes incluses dans l’étude.
L’analyse initiale portant sur 68 femmes a révélé que 86 % d’entre elles ont vécu leur premier événement cardiovasculaire à un âge médian de 68 ans, et que la majorité affichait un faible niveau de connaissances en matière de santé.
Un aspect particulièrement notable est la proportion élevée d’infarctus du myocarde avec artères coronaires non obstructives (MINOCA) – touchant 38,2 % des participantes – un sous-type pour lequel il n’existe pas encore de recommandations thérapeutiques spécifiques et qui affecte majoritairement les femmes.
Ces résultats, présentés par l’équipe de l’Institut scientifique IRCCS San Raffaele, soulignent la nécessité de revoir les stratégies de prévention et de diagnostic en cardiologie, en intégrant des variables qui sont rarement prises en compte lors des examens médicaux de routine.
L’objectif principal du registre GEDI-ACS est d’analyser les syndromes coronariens aigus chez les femmes dans une perspective globale, en intégrant des données cliniques, socio-économiques, psychosociales, génétiques et moléculaires, et en tenant compte de la diversité ethnique et culturelle des participantes. L’étude inclut des femmes recrutées dans plusieurs centres italiens, notamment à Milan et à Naples, et prévoit une analyse détaillée des différents sous-types de SCA.
Au cours des 30 premiers jours suivant l’événement, aucun décès, aucune récidive ou aucun accident vasculaire cérébral n’a été enregistré, bien que 11,3 % des participantes aient signalé des douleurs thoraciques récurrentes. Les auteurs de l’étude insistent sur la nécessité d’un suivi prolongé et d’une approche personnalisée pour confirmer une évolution favorable.
Le GEDI-ACS met en évidence l’importance d’améliorer les connaissances en matière de santé et de prévention cardiovasculaire en tenant compte des spécificités de genre. La Société européenne de cardiologie et l’IRCCS San Raffaele soulignent la nécessité de développer des directives et des stratégies adaptées aux caractéristiques cliniques et sociales des patientes. Le registre poursuivra son recrutement et combinera les données cliniques avec des analyses génétiques et moléculaires, afin d’approfondir la compréhension des mécanismes de la maladie et de concevoir des interventions plus inclusives.
Pour en savoir plus sur les essais cliniques : clinicaltrials.gov.