Publié le 2025-11-06 16:35:00. Une nouvelle lueur d’espoir pour les personnes atteintes de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) dans sa forme sèche : un implant rétinien révolutionnaire permet de restaurer partiellement la vision, une avancée saluée comme un changement de paradigme dans la prise en charge de cette maladie jusqu’alors incurable.
- Des résultats encourageants observés chez plus de 80 % des participants d’une étude clinique internationale.
- L’implant, minuscule et sans fil, remplace la fonction des cellules rétiniennes détruites par la DMLA.
- Cette technologie, initialement développée aux États-Unis, pourrait bientôt être disponible en Europe.
La perte de vision due à la DMLA, une maladie oculaire fréquente chez les seniors, peut mener à une cécité partielle, transformant le quotidien en un paysage flou et gris. Affectant particulièrement ceux souffrant d’atrophie géographique, une forme avancée et sévère, elle touche des millions de personnes dans le monde. Cependant, une étude clinique publiée dans le prestigieux « New England Journal of Medicine » révèle des avancées thérapeutiques inédites grâce à un implant rétinien miniature.
L’étude, menée dans 17 cliniques réparties dans cinq pays, a inclus 38 patients souffrant d’une perte de vision avancée due à la DMLA. L’implant, d’une taille similaire à un grain de riz, a été inséré chirurgicalement sous la rétine. Ce dispositif, développé à partir de recherches menées à l’Université de Stanford, remplace la fonction des photorécepteurs endommagés. Connecté sans fil à une caméra intégrée dans des lunettes de réalité augmentée, il reçoit des signaux infrarouges qui activent les cellules nerveuses rétiniennes saines, transmettant ainsi des images au cerveau via le nerf optique.
Les résultats de l’étude sont spectaculaires : plus de 80 % des participants ont montré une amélioration significative de leur acuité visuelle. Plus de 84 % ont pu à nouveau reconnaître des lettres et des chiffres. Le chirurgien oculaire Mahi Muquit, de la Moorfields Eye Hospital de Londres, a souligné l’ampleur de cette avancée : « Ces patients étaient aveugles aux visages, aux lettres, à leur environnement. Ils peuvent désormais utiliser à nouveau leur vision. » Il a ajouté que, contrairement aux thérapies précédentes qui ne faisaient que ralentir la progression de la maladie, cette approche permet une restauration partielle de la vision, marquant un « véritable changement de paradigme ».
Le professeur Frank Holz, premier auteur de l’étude et directeur de la clinique ophtalmologique de l’hôpital universitaire de Bonn, a qualifié ces résultats d’« étape importante dans le traitement de l’atrophie géographique », ouvrant une « nouvelle perspective » pour de nombreux patients. Un comité indépendant de surveillance des données a d’ailleurs recommandé l’approbation de cette technologie sur le marché européen. Les chercheurs travaillent d’ores et déjà à de nouvelles améliorations pour optimiser le traitement des images et le confort d’utilisation.