Publié le 2024-02-29 14:35:00. Des scientifiques ont identifié, pour la première fois, un filament de matière noire reliant des galaxies dans la région de la Grande Ourse, confirmant l’existence de ces « autoroutes cosmiques » qui façonnent l’univers. Cette découverte, rendue possible grâce au radiotélescope chinois FAST, apporte une preuve directe de la structure sous-jacente de l’univers.
- Une équipe internationale a détecté un filament de matière noire s’étendant sur près de quatre années-lumière.
- Cette structure confirme l’existence du « Web cosmique », une architecture à grande échelle de l’univers.
- Le télescope FAST (Five-hundred-meter Aperture Spherical radio Telescope) a joué un rôle crucial dans cette découverte.
Des astronomes ont mis en évidence l’existence d’un filament de matière noire, une substance insaisissable qui constitue l’essentiel de la masse de l’univers, dans la région de la Grande Ourse. Cette découverte, publiée sous forme de prépublication sur le serveur arXiv, offre une confirmation directe de l’existence du « Web cosmique », une structure théorique qui organise la distribution des galaxies à l’échelle de l’univers.
L’équipe de chercheurs a observé un groupe de galaxies alignées sur une distance d’environ quatre années-lumière. Cette configuration linéaire suggère fortement la présence d’un filament de matière noire, une structure filamenteuse qui, bien qu’invisible, exerce une influence gravitationnelle majeure sur la matière environnante. Ces filaments agissent comme des canaux, guidant le flux de gaz et de poussière nécessaires à la formation de nouvelles étoiles et de galaxies.
Le Web cosmique et le rôle de la matière noire
Depuis longtemps, les astronomes postulent l’existence du Web cosmique, une structure à grande échelle de l’univers composée de nœuds denses de galaxies, reliés par des filaments de matière noire et séparés par de vastes vides. La matière noire, qui représente environ 85 % de la masse de l’univers, est considérée comme l’échafaudage gravitationnel qui maintient cette structure en place.
Bien qu’elle n’émette ni n’absorbe de lumière, la matière noire se manifeste par ses effets gravitationnels. Elle attire la matière ordinaire, créant ainsi des filaments où la densité de galaxies est plus élevée. Ces filaments servent de « routes cosmiques », facilitant le transport de matière et stimulant la formation d’étoiles et de galaxies.
L’apport décisif du télescope FAST
La détection de ces filaments de matière noire a été rendue possible grâce à la sensibilité exceptionnelle du télescope FAST (Five-hundred-meter Aperture Spherical radio Telescope), un radiotélescope chinois de 500 mètres de diamètre. Cet instrument permet d’observer des régions de l’univers trop faibles ou trop sombres pour être détectées par d’autres télescopes.
Selon les informations rapportées par AcehGround, les observations menées par FAST en utilisant la technique HI (hydrogène neutre) ont permis d’identifier une distribution linéaire de galaxies s’étendant du nord-est au sud-ouest, confirmant ainsi l’existence du filament de matière noire. La capacité de FAST à détecter de faibles signaux a été essentielle pour cette découverte.
Des « pépinières cosmiques » pour les galaxies
L’alignement des galaxies observé n’est pas le fruit du hasard. L’attraction gravitationnelle de la matière noire au sein du filament agit comme un point de convergence, attirant le gaz et la poussière nécessaires à la formation d’étoiles. Ce filament nouvellement découvert représente une véritable « pépinière cosmique », où les galaxies fusionnent et entament leur processus d’évolution.
Ces observations soulignent l’importance de l’architecture cosmique, même à petite échelle, dans la formation, les interactions et le destin des galaxies sur des milliards d’années. Cette découverte contribue à approfondir notre compréhension de la structure de l’univers et des forces invisibles qui le façonnent.