Une nouvelle approche thérapeutique, combinant hormone et inhibiteur, promet de ralentir le vieillissement et de prolonger la durée de vie chez les souris mâles, ouvrant des perspectives inédites pour la santé humaine.
- Une combinaison d’ocytocine et d’un inhibiteur d’Alk5 a considérablement augmenté la longévité et amélioré la santé générale des souris mâles âgées lors d’expériences précliniques.
- Ce traitement bi-composant, visant à contrer les changements biologiques liés à l’âge, a réduit le risque de décès de près des deux tiers chez les spécimens traités.
- Bien que des effets à court terme aient été observés chez les deux sexes, seuls les mâles ont bénéficié d’améliorations durables, suggérant des différences biologiques clés dans la réponse anti-âge.
Des chercheurs de l’Université de Californie à Berkeley ont exploré une stratégie thérapeutique novatrice en deux volets. La première composante est l’ocytocine, une hormone naturellement déclinante avec l’âge et impliquée dans la régénération des tissus. Elle est associée à un inhibiteur d’Alk5 (A5i), une substance qui bloque la voie du TGF-bêta. Ce mécanisme, souvent hyperactif chez les organismes vieillissants, contribue à l’inflammation chronique et à la dégradation des tissus.
Lors de l’étude, publiée dans la revue Aging, des souris mâles âgées de 25 mois (l’équivalent d’environ 75 ans chez l’humain) ont reçu régulièrement ce traitement combiné, baptisé OT+A5i. Les résultats se sont avérés spectaculaires : les souris traitées ont vécu plus de 70 % plus longtemps que leurs homologues non traités. Elles ont également montré des améliorations notables en termes de force physique, d’agilité et de capacités mémorielles. Les analyses statistiques ont révélé un risque de décès près de trois fois inférieur au cours de la période d’étude. De plus, les chercheurs ont constaté une normalisation des niveaux de protéines sanguines, réduisant le « bruit biologique » associé au vieillissement pour le ramener à des valeurs proches de celles des jeunes spécimens.
Les effets observés diffèrent cependant selon le sexe. Si des bénéfices à court terme ont été constatés chez les souris mâles et femelles, seuls les mâles ont conservé des avantages à long terme, sans augmentation significative de leur durée de vie ou de leur état de santé global pour les femelles. Ces dernières ont toutefois montré une amélioration de leur fertilité après le traitement.
Ces observations soulignent l’importance cruciale de comprendre les différences biologiques entre les sexes pour le développement de thérapies anti-âge efficaces. Bien que les mécanismes précis de ces variations restent à élucider, cette étude offre un modèle précieux pour les recherches futures dans ce domaine. L’ocytocine étant déjà approuvée pour diverses applications médicales et les inhibiteurs d’Alk5 en phase d’essais cliniques, cette combinaison thérapeutique OT+A5i pourrait potentiellement être adaptée pour les humains, marquant une étape prometteuse vers le maintien de la vitalité et de la longévité chez les personnes âgées.