Home Santé Expert en maladies infectieuses sur le dernier cas de virus Nipah : « Soyez vigilant, mais pas alarmé »

Expert en maladies infectieuses sur le dernier cas de virus Nipah : « Soyez vigilant, mais pas alarmé »

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Publié le 10 février 2026 à 15h04. Un nouveau cas confirmé de virus Nipah, une maladie zoonotique transmise par les chauves-souris, a été signalé dans le nord-ouest du Bangladesh, suscitant une vigilance accrue des autorités sanitaires face à un risque de propagation régionale.

  • Un cas confirmé de virus Nipah a été identifié dans la division de Rajshahi, au Bangladesh.
  • La patiente, âgée de 40 à 50 ans, présentait des symptômes sévères et est décédée peu après son admission à l’hôpital.
  • Aucun vaccin ni traitement antiviral approuvé n’existe actuellement contre le virus Nipah.

Les autorités sanitaires bangladaises ont notifié à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) le 3 février 2026 la confirmation d’un cas de virus Nipah dans le district de Naogaon. La patiente, dont l’âge est estimé entre 40 et 50 ans, a commencé à présenter des symptômes le 21 janvier, notamment de la fièvre, des maux de tête et des vomissements. Son état s’est rapidement détérioré, évoluant vers une désorientation et des convulsions, nécessitant son transfert vers un hôpital spécialisé le 27 janvier. Malgré les soins prodigués, elle est décédée le 28 janvier, après le prélèvement d’échantillons pour analyse.

L’enquête épidémiologique préliminaire suggère que la patiente consommait régulièrement de la sève brute de palmier dattier entre le 5 et le 20 janvier, une pratique qui pourrait être liée à la contamination. Les autorités sanitaires ont identifié 35 contacts, répartis entre les membres de la famille, la communauté et le personnel hospitalier. Des prélèvements ont été effectués sur six personnes présentant des symptômes, mais les tests PCR et ELISA se sont révélés négatifs. Au 3 février, aucun cas supplémentaire n’avait été détecté et tous les contacts étaient placés sous surveillance.

Le Bangladesh est confronté à des cas sporadiques d’infection par le virus Nipah presque chaque année depuis son identification en 2001. En 2025, quatre décès liés à ce virus ont été confirmés en laboratoire. Le virus Nipah est transmis aux humains par le contact avec des animaux infectés, notamment les chauves-souris frugivores, ou par la consommation de produits contaminés, comme la sève de palmier. La transmission interhumaine est également possible, mais nécessite un contact étroit avec les fluides corporels du patient.

Face à l’absence de traitements spécifiques, la gestion de l’infection par le virus Nipah repose principalement sur des soins de soutien intensifs. Linfa Wang, directrice du Centre d’excellence du Global Virus Network (GVN) à la Duke-NUS Medical School de Singapour, souligne la nécessité d’une collaboration internationale et d’un financement public pour accélérer le développement de vaccins efficaces.

« Beaucoup de choses se passent ou ont été faites dans le domaine des vaccins, des anticorps thérapeutiques et des antiviraux à petites molécules. Tous ont montré une efficacité très prometteuse lors d’expérimentations animales. Le défi consiste à surmonter les obstacles réglementaires et financiers, car il est difficile de réaliser des essais de phase 2/3 lorsque le nombre de cas est si faible et qu’il n’y a aucune incitation financière de la part du secteur privé pour développer un produit commercial. »

Linfa Wang, directrice du Centre d’excellence du Global Virus Network (GVN)

Selon la Dr. Wang, le développement de tests de diagnostic rapides, utilisables sur le terrain, est également une priorité. Elle insiste sur l’importance d’une collaboration étroite entre les universités, les gouvernements et l’industrie pour y parvenir. Elle appelle également les professionnels de santé, y compris les pharmaciens, à rester vigilants et informés sur le virus Nipah, tout en rassurant sur le faible risque d’une épidémie à grande échelle.

RÉFÉRENCES
1. Infection par le virus Nipah – Bangladesh. Organisation Mondiale de la Santé. Consulté le 9 février 2026.
2. L’épidémie de Nipah en Inde présente un faible risque mondial malgré l’absence de traitements approuvés. Horaires de la pharmacie. 5 février 2026. Consulté le 9 février 2026.

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