Publié le 12 février 2024 19:24:00. L’ancien prisonnier politique cubain José Daniel Ferrer a révélé les noms de figures potentielles qui pourraient jouer un rôle clé dans une éventuelle transition politique à Cuba, évoquant un scénario similaire à celui observé au Venezuela. Ses déclarations mettent en lumière les dynamiques internes du pouvoir et les possibles stratégies de conservation du régime.
- José Daniel Ferrer a cité Óscar Pérez-Oliva Fraga, actuel vice-premier ministre, comme une figure montante au sein du gouvernement cubain.
- Ana María Mari Machado, vice-présidente de l’Assemblée nationale et du Conseil d’État, a également été mentionnée, bien que Ferrer la décrive comme un personnage de second ordre.
- Ferrer souligne l’absence de mécanismes démocratiques à Cuba pour l’élection des dirigeants, insistant sur l’importance d’observer qui occupe les positions stratégiques.
Lors d’une récente interview dans l’émission Télémonde 51, animée par la journaliste Gloria Ordaz, José Daniel Ferrer, fondateur de l’Union patriotique de Cuba (UNPACU), a levé le voile sur des noms susceptibles de prendre de l’importance en cas de transition politique sur l’île. Interrogé sur qui pourrait incarner une figure comparable à Delcy Rodríguez au Venezuela – une personnalité centrale lors des changements politiques – Ferrer a avancé plusieurs pistes.
Le premier nom qu’il a évoqué est celui d’Óscar Pérez-Oliva Fraga, l’actuel vice-premier ministre cubain et petit-neveu de Fidel et Raúl Castro. Ce lien familial, selon Ferrer, n’est pas anodin lorsqu’il s’agit d’évaluer la répartition réelle du pouvoir à Cuba. L’opposant estime que Pérez-Oliva Fraga
« pourrait gagner en importance au sein de la structure du pouvoir du régime cubain »
José Daniel Ferrer, fondateur de l’UNPACU
, une ascension confirmée par son rôle croissant au sein de la direction gouvernementale ces derniers mois.
Pérez-Oliva Fraga occupe actuellement des postes clés dans les domaines du commerce et de l’investissement, ce qui en fait un interlocuteur potentiel pour les secteurs intéressés par une transition contrôlée. Bien que relativement méconnu en dehors des cercles officiels, son nom de famille et sa position stratégique dans des secteurs économiques essentiels le présentent, aux yeux de certains analystes, comme un possible pont entre le pouvoir traditionnel et les intérêts de survie du régime face aux pressions internationales.
Ana María Mari Machado : une figure discrète
Ferrer n’a pas limité ses observations à un seul nom. Il a souligné que l’annonce d’une décision importante du pouvoir était imminente et, dans ce contexte,
« nous parlerions d’Ana María Mari Machado », actuelle vice-présidente de l’Assemblée nationale du pouvoir populaire et également du Conseil d’État.
José Daniel Ferrer, fondateur de l’UNPACU
Il a cependant qualifié cette dernière de
« personnage de second ordre. »
José Daniel Ferrer, fondateur de l’UNPACU

Née le 22 mai 1963 à Calabazar de Sagua, dans la province de Las Villas, Ana María Mari Machado est de formation avocate, spécialisée en droit pénal. Sa carrière institutionnelle a débuté dans le secteur judiciaire, où elle a exercé en tant que conseillère juridique, juge et présidente du Tribunal populaire municipal d’Encrucijada. Elle a ensuite dirigé le Tribunal Populaire Provincial de Villa Clara.
Son ascension au sein du système judiciaire s’est poursuivie jusqu’à ce qu’elle devienne vice-présidente de la Cour populaire suprême, avant de faire le saut vers la sphère politique. Elle a été déléguée à l’Assemblée provinciale du pouvoir populaire, présidente de la Commission électorale nationale (en 2010) et députée de la municipalité de Quemado de Güines, à Villa Clara.
Depuis 2012, elle occupe le poste de vice-présidente de l’Assemblée nationale du pouvoir populaire, et a été réélue en 2018, 2019 et 2023. Elle est également membre du Comité central du Parti communiste de Cuba. Son rôle au sein des structures étatiques formelles en fait une figure de continuité institutionnelle, bien qu’elle ne dispose pas d’un leadership populaire affirmé ni d’une visibilité internationale.
Les déclarations de Ferrer ouvrent un débat non seulement sur des personnalités spécifiques, mais aussi sur les dynamiques internes du pouvoir cubain et leur possible reconfiguration face à des pressions extérieures. Fort de son expérience, acquise en prison et en dehors, le leader de l’opposition ne propose pas une succession démocratique, mais plutôt une possible manœuvre pour conserver le pouvoir sous de nouvelles formes, un scénario déjà observé au Venezuela. La référence à Delcy Rodríguez est un avertissement : des personnalités impliquées dans l’appareil autoritaire pourraient être réhabilitées comme garantes d’une transition ou d’une stabilité, sans pour autant entraîner de changements structurels.
Ferrer a rappelé un élément clé du système cubain :
« À Cuba, il n’existe pas de mécanismes démocratiques pour l’élection des dirigeants comme dans d’autres pays. »
José Daniel Ferrer, fondateur de l’UNPACU
Il est donc crucial, selon lui et les analyses qui suivent, d’observer qui se trouve le plus proche du pouvoir, qui occupe les positions stratégiques et quels noms pourraient être présentés en cas de reconfiguration du leadership.